Nouvelle décembre 2013.
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La Paix

Un des premiers à parler de la paix a été un certain Jésus de Nazareth. Un homme étrange que l’on considérait comme un illuminé. En cette période trouble de la Galilée, certains dirigeants avaient peur de son influence sur le peuple. Plus tard, Saint-Augustin considérait les véritables guerriers comme les gardiens de la paix.

L’idée du pacifisme a pris naissance au 16e siècle; cette nouvelle philosophie voulait dire : apprendre à vivre dans la non-violence. Malgré la bonne volonté de certains peuples, les hommes continuèrent à s’entre-tuer, afin de pouvoir continuer à défendre leurs fausses croyances.

Et puis, Sigmund Freud a développé la théorie que la guerre commence à l’intérieur de nous, au moment où l’homme se laisse dominer par ses instincts de mort. Quand l’homme est ramené dans ses conflits intérieurs, il peut revenir à certains comportements primaires. De nouveau, il se laisse aller à vouloir contrôler les plus faibles, les démunis et tous ceux qui leur semblent différents et il peut aller parfois jusqu’à les anéantir. Sa croyance étant; que s’il a l’impression de dominer l’autre, il sera le plus fort et donc plus en danger.

La Deuxième Guerre mondiale s’est terminée par la destruction d’Hiroshima lors de la première explosion nucléaire, alors la planète entière a réalisé toute l’étendue de la catastrophe. L’instinct de survie a de nouveau émergé des entrailles de l’homme et un mouvement vers la paix universelle a soufflé sur le monde.

Depuis ce jour, il demeure une certaine conscience collective sur la nécessité de la paix dans le monde, mais elle est constamment fragilisée et menacée par le terrorisme ainsi que les différents conflits entre les religions et les croyances.

Que nous regardions d'un point de vue psychologique ou spirituel, rapidement nous réaliserons que le pacifisme commence à l’intérieur de chacun d’entre nous. L’Idée même du pacifisme débute dans nos pensées, nos paroles, nos gestes quotidiens. Le pouvoir de la Pensée est insoupçonnable et peut aider chacun d’entre nous à choisir celle de l’espoir, de la vie au lieu de celle de la destruction et de la mort. La force de cette Pensée nous amènera progressivement vers des solutions à notre propre conflit intérieur.

Ce simple choix, que nous pourrons faire chaque jour de notre vie, alimentera la paix universelle et nous sentirons graduellement que nous faisons partir de la solution et non plus du problème.

Je vous souhaite que la prochaine année, ainsi que les autres qui suivront peut-être, soit plus pacifiste, un peu plus chaque jour.


France Valiquette



Nouvelle du vendredi 28 juin 2013.



Vernal Fall, Californie, 2013



Le parc Yosemite National Park dans toute sa splendeur.

Le parc Yosemite est la partie californienne du grand parc de Yellowstone que l’on retrouve sur quatre états américains, soit le Wyoming, le Nevada, le Montana et la Californie. Yosemite est devenu officiellement un parc national en 1890, ainsi que le premier parc au monde.

Pour débuter ce voyage, j’ai commencé par la Forest National Inyo dans la sierra afin d’aller voir où se cache un arbre surnommé le pin de Mathusalem, l’arbre le plus vieux de la planète. La Rocky Mountain Bristlecone où se trouvent les pinus longaeva < pin Bristlecone > dont certains ont plusieurs milliers d’années. L’âge de ces végétaux a été démontré par des tests au radiocarbone. Je me suis promenée dans les sentiers de cette forêt durant quelques heures avec recueillement et j’ai été impressionnée par l’énergie de ces êtres dont je ne connaissais l’existence que depuis janvier 2013. Ce fut une journée mémorable qui m’a profondément marquée.

Le lendemain, je me suis rendue dans une autre partie de la Forest National Inyo dans le bassin de Mono qui veut dire mouche dans la langue des Yokuts, les Indiens qui habitaient le sud de cette région. Le lac Mono est une large étendue d’eau alcaline et saline, aucun poisson ne peut y vivre, mais des crevettes d’eau salée et des mouches alcalines se sont adaptées à cette eau. Des milliers d’oiseaux migrateurs se nourrissent dans ce lac chaque année lors de leur halte dans cette région. À certains endroits près des rives, nous y retrouvons les tufas, qui sont de mystérieuses sculptures blanches, souvent de formes incroyables qui ont émergé du lac avec les années. Les deux îles entourant ce lac sont volcaniques et des sources d’eau chaude démontrent qu’une activité volcanique est toujours présente. Ce fut une autre journée de plus intéressante et enrichissante.

Après une nuit bien méritée, j’ai pénétré durant la matinée dans le parc de Yosemite par l’entrée de Tioga Pass. J’ai le cœur qui serre dans ma poitrine, car je suis émue de me retrouver devant des paysages si grandioses. Durant tout le voyage, je vais osciller entre 600 à plus de 4000 mètres d’altitude.

Je dois vous avouer que j’ai été profondément inspirée à certains moments par la force et l’énergie que j’ai ressentie à travers tout mon périple dans ce parc. C’était bien au-delà de ce que j’avais pu imaginer avant mon départ.

C’était à la fin du mois de mai et au début de juin et les fleurs aborigènes jaillissaient de partout et j’y ai même rencontré des fleurs de manuka ou fleur du pacifique. Le parfum de toutes ces magnifiques plantes me pénétrait et je ressentais de grands frissons de plaisir tout en écoutant les oiseaux gazouiller. On y retrouve également un bosquet de séquoias géants et au Glacier Point un paysage panoramique saisissant sur la vallée et les chutes de Yosemite et encore bien plus.

Dans une de mes randonnées, j’ai monté presque jusqu’au somment de Vernal Fall, 5044 pieds d’altitude et j’ai réussi à faire une photo d’un arc-en-ciel qui miroitait au-dessus de l’eau des chutes. J’étais toute trempée, mais je flottais de joie. J’ai aussi rencontré quelques animaux sur ma route qui ont bien voulu rester près moi quelques instants, sentant bien que je n’étais pas un prédateur.

Chaque matin, le soleil se levait et il m’accompagnait durant toute la journée et le soir venu, j’allais le voir se coucher derrière la montagne, près de la rivière Yellowstone. Cette rivière porte bien son nom, car le soleil y fait miroiter des reflets jaune doré et vert émeraude; de plus si je croyais qu’une rivière avait le pouvoir d’ensorceler les âmes, je ne pourrais imagine un cours d’eau plus envoûtant…

Le soir avant mon départ, j’étais seule près de la rivière et je méditais, quand est arrivé un homme à l’énergie bienveillante qui s’est approché de l’eau. Il m’a saluée discrètement et puis nous nous sommes mis à bavarder pendant un bon moment. C’était un Californien, dont les parents étaient originaires de Praque en Rébublique Tchèque. Il m’a exprimé son intérêt pour la langue française et sa beauté lyrique. Lors de plusieurs de mes voyages dans cet état de la côte ouest plusieurs personnes m’ont parlé de leur amour de ma langue maternelle. En nous quittant, nous nous sommes serré la main et il m’a dit : ― Quand j’entends la voix d’une femme qui parle le français, c’est comme si j’entendais la voix d’un ange à mes oreilles



J’ai malheureusement, perdu une grande partie de mes photos, dont les pins Bristlecone, les tufas du lac Mono et autres… J’ai heureusement réussi à en sauver une partie dont des éléphants de mer et des zèbres qui broutaient dans un champ avec les vaches. Ce voyage m’a encore une fois démontré à quel point l’humain est loin d’être aussi supérieur qu’il ne le pense quand nous apprenons à connaître les autres formes de vie sur la planète.

France Valiquette
Yellostone River, Californie 2013



Nouvelle du vendredi 3 mai 2013.


Un souvenir d’été.

Cette histoire m’a été racontée il y a de cela quelque temps, mais je ne l’ai jamais oubliée. Nous sommes à la fin des années soixante-dix et Caroline avait réussi à se faire accepter dans une nouvelle bande d’amis en falsifiant son âge. L’élu de son cœur avait de nombreux frères et sœurs et quelques-uns d’entre eux faisaient partie du groupe. Plusieurs des membres consommaient de l’alcool, de la marijuana et certains se laissaient aller parfois à des consommations excessives qui rendaient Caroline inconfortable. Jean Nil, un des plus jeunes frères de son copain, consommait peu de boisson alcoolisée et jamais de drogue. Il était différent des autres, par son physique, sa façon de s’exprimer, de vivre ses émotions et elle ne l’avait vu qu’une seule fois flottant dans une légère ivresse. Ils passaient de longues heures à philosopher ensemble pendant que son amoureux était endormi où bien cuvait sa bière en fin de soirée.

Par une belle journée d’été, plusieurs membres de la bande s’étaient retrouvés au bord d’un lac pour faire du canot et de la baignade. Caroline avait accepté un petit contrat de publicité pour la prochaine course de motocross qui devait avoir lieu quelques jours plus tard. Elle les avait quittés au début de l’après-midi, mais elle avait promis à Jean Nil qu’elle serait de retour vers 16 heures pour la course de natation. Elle savait qu’elle n’avait aucune chance de gagner, car Jean Nil était de loin le meilleur nageur de toute la région.

À sa grande surprise, son copain l’attendait déjà à la sortie de son travail et quand elle était montée dans la voiture, elle avait immédiatement senti qu’un évènement grave avait eu lieu durant son absence. Jean Nil s’était noyé. Il était parti en canot avec Simon. L’embarcation avait chaviré et Jean Nil avait coulé dans les eaux profondes et froides de la baie. L’accident avait secoué tout le monde; le groupe s’était dispersé à la fin de l’été et elle était partie étudier dans une autre ville.

Une bonne dizaine années avaient passé et puis un soir, elle avait raconté cette tragique noyade à quelques amis. L’un d’eux avait eu comme commentaire à la fin de son récit : « Es-tu bien certaine que c’était un accident »?

Elle avait passé la nuit suivante à réfléchir. Naturellement, l’autopsie avait déclaré une mort par noyade probablement due à un arrêt cardiaque. Elle s’était progressivement souvenue que Simon n’aimait pas particulièrement Jean Nil et qu’il pratiquait de la plongée depuis quelques mois. Simon était fort et costaud et cela se pouvait-il qu’il ait entraîné un camarade de la bande dans les abimes du lac, ne pouvant accepter sa différence. Caroline avait fermé les yeux et revoyait le visage de son ami la veille de l’accident qui était dévasté par la tristesse. Peut-être s’était-il laissé tout simplement engourdir par les eaux froides avant de glisser dans les abimes de lac.



France Valiquette



Nouvelle de janvier 2013.


Cover Coast Park, Californie, 2 janvier 2013

Une aventure

J’avais décidé pour terminer l’année 2012 de partir seule à l’aventure en Californie. Le but premier de mon voyage était de sentir et connaître encore mieux cet état de la côte ouest-américaine. Je crois que c’était la septième fois que je mettais les pieds sur cette terre. J’avais bien préparé mon voyage, mais l’univers a décidé de me mettre à l’épreuve afin de voir jusqu’à quel point j’étais prête à me dépasser pour trouver des réponses à tant de questions que je me posais depuis si longtemps.

Une amie qui a un MSc. en mathématique m’avait dit un jour que tous les symboles de cette science avaient été trouvés dans la nature et je n’avais jamais eu de doute à ce sujet. J’avais gardé des souvenirs flous de mon enfance où je me promenais avec ma chatte qui me suivait comme un chien dans les champs et la forêt. Je pouvais, en fermant les yeux, avoir encore les mêmes sensations, mais je n’arrivais toujours pas à faire certains liens entre eux. Je ressentais que ce voyage me permettrait de comprendre mieux la nature, mais je n’en savais pas plus.

Ma première épreuve a été quand je suis arrivée à l’entrée d’un parc et d’apprendre qu’il y avait de la neige sur la montagne où je voulais me rendre. La consigne était claire, je devais louer et mettre des chaines sur les roues de la voiture. J’avais lu certaines de ces informations sur leur site, mais je ne croyais pas que cela pouvait être nécessaire à cette période de l’année. J’ai donc fait demi-tour et me suis rendue à l’un des endroits qu’on m’avait indiqués pour faire la location.

J’ai exprimé à l’Indien qui m’a accueillie que je voulais louer des chaines pour quelques jours et que j’aimerais qu’il me montre comment les installer. Il m’a regardée des pieds à la tête, et puis il a hoché lentement la tête. Il est revenu plus tard avec un sac contenant le matériel. Il l’a ouvert et a commencé à m’expliquer comme les installer. Je n’avais toujours pas bronché, mais quand il m’a fait placer les roues d’une certaine manière, qu’il s’est allongé sur le sol et qu’il ne réussissait pas à attacher les extrémités des chaines ensemble, ma détermination a commencé à faiblir et j’ai énoncé, d’une voix brisée, que je n’y arriverais sans doute pas.

Pendant ce temps, un autre Amérindien, un peu plus jeune, était venu nous retrouver. Il a tourné la tête vers moi et il m’a demandé d’où je venais. Suite à ma réponse, il a semblé réfléchir quelques secondes et il a ensuite dit à l’autre homme de lui céder sa place, et puis il m’a énoncé d’un ton solennel : « je suis un professionnel », je vais vous montrer comment faire et vous allez y arriver ». Sa patience et sa gentillesse m’ont redonné de la force et je suis repartie avec le sac contenant les chaines, bien déterminée à retrouver la Giant Sequoia Forest.

La première fois, cela m’a pris un peu plus d’une demi-heure, mais cela valait beaucoup plus que tous les efforts que j’avais dû faire… et ce n’était que le début d’une série d’épreuves sur ma route et de grands moments de symbiose avec nos origines. Je sais aujourd’hui que je porterai à jamais, tout au fond de moi, une parcelle de l’énergie et de la connaissance que m’a donnée ce voyage.

France Valiquette