Nouvelle Décembre 2016.
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Le dernier Noël que j'ai passé au Québec était en 2001 dans ce que j’appelle mon autre vie.

Avec les années, j'ai vu comment les gens dans différents pays célébraient Noël et le Nouvel An. J’ai aimé et appris beaucoup sur les coutumes simples et remplies de profondeur de certains peuples et j’ai aussi vu les plus grandes excentricités des autres.

Dans toutes ces aventures, ce qui m’a le plus touchée durant toutes ces années n'a rien à voir avec le matériel. Ce détachement absolu de fausses obligations m’a permis de découvrir et sentir d’autres valeurs qui m’ont fait réaliser plusieurs choses importantes dans une vie.

La liberté de l'esprit, la joie jaillissant du cœur que je n'aurais pas pu voir ou même imaginer avant ces voyages. Ce dépaysement total m’a permis d’ouvrir des tiroirs cachés de ma mémoire et de laisser sortir ce qui faussait ce que je voulais vraiment vivre durant cette période de l’année. Il n'y a rien de mieux que d'être loin de ses vieilles habitudes pour arriver à pouvoir accueillir la vie à bras ouverts avec un regard nouveau.

Laissons le passé flotter derrière nous et vivons au présent, car on ne peut pas changer le passé, mais en vivant pleinement chaque jour, on peut se créer un meilleur avenir ainsi que pour notre planète. Ce chemin peut nous amener progressivement à ressentir un sentiment de vie accomplie, jusqu’à la fin de celle-ci.

En partageant notre empathie, notre amour avec les autres au lieu de nos rancœurs, notre corps physique finira inévitablement un jour par devenir simplement trop usé et fatigué pour continuer. Nous pourrons ainsi le quitter dans la sérénité et sans regret.

Quand notre dernier regard et notre dernier souffle se poseront sur cette vie, nous serons alors fiers d'avoir aidé, si peu soit-il, notre planète et ses habitants. Ce voyage ultime pourra ainsi être le plus fascinant de votre histoire temporelle.

À chacun d’entre nous, j’aimerais nous souhaiter de créer notre vie en recherchant nos valeurs cachées au plus profond de nous-mêmes, loin de l’ego.

Je pense que tous les peuples du monde seraient en accord avec ces vœux toutes religions confondues.



France Valiquette



Nouvelle Mai 2016.


Nouvelle-Zélande, Partie 4


Nous avons été happés et entraînés au fin fond des nuages. Ils sont devenus rapidement opaques et presque noirs, et alors, le commandant de bord a été obligé de détourner notre avion de sa destination première. La visibilité au sol était nulle et le pilote de l’appareil a dû demander la permission d’atterrir dans un autre aéroport de l’île du Nord. Ensuite, nous avons pris un autobus pour nous rendre à Rotorua et d’un vol qui devait prendre environ 1heure et 20 minutes, le voyage a fini par durer presque 4 heures. La morale de cette histoire c’est qu’il ne faut jamais oublier dans notre horaire que c’est dame Nature qui a toujours le dernier mot…




Geyser Pohutu, centre de l’île du nord, 9-01-2016
Photo, France Valiquette


Le geyser Pohutu « grand éclaboussement » se trouve dans le site thermal de Whakarewarera. Il jaillit de 10 à 20 fois par jour et peut atteindre jusqu’à 9.14 mètres de haut selon la vitesse et la direction du vent. Cela est tout simplement fascinant à observer.

Au sud de Rotorua, nous avons le Whaka, une zone marquée par des émanations thermales. Elle est divisée entre le New-Zeland Maori Art and Craft et l’Institut et le Whakarewara Thermal Village.




The art of wakairo carving, 9-01-2016
Photo, France Valiquette




J’ai eu la chance de pouvoir observer des artistes Maoris qui sculptaient le jade ou le bois lors de mes voyages et dans cet institut c’est la technique ancestrale qui est enseignée aux étudiants. À chaque fois que j’ai vu travailler ces sculpteurs, j’ai été impressionnée par la finesse de leurs gestes et par l’intensité qui se dégageait leurs œuvres.

Le Tane Mahuta « kauri » a été baptisé le Seigneur de la forêt par les Maories. Cet arbre serait selon la cosmologie de leurs ancêtres, l’enfant de Papatuanuka « la Terre mère » et de Ranginui « le Père ciel ». Le kauri est un arbre endémique de la Nouvelle-Zélande, il peut mesurer jusqu’à 50 mètres de haut et peut avoir une circonférence de 3 mètres.

Les plus anciens spécimens ont environ 2000 ans et le Tane Mahuta est l’un des plus majestueux encore présent sur la terre. Ces arbres remontent à des temps très anciens et selon les dernières recherches scientifiques, le kauri serait un des vestiges du légendaire continent Gondwana qui s’étendait dans tout l’hémisphère sud. C’était à l’époque où la terre n’avait que deux continents.

De nombreux fossiles découverts dateraient de plus de 220 millions d’années. La dernière demeure naturelle des kauris est la forêt de Waipoua dans l’île du nord et elle est protégée par le Department of Conservation. Ce joyau végétal est toujours vénéré par les Maoris et sa résine donne un ambre jaune clair et transparent que l’on peut retrouver sous forme de bijoux.

Les Maoris sont en plus grands nombres dans l’île du nord et il m’a semblé que la cohabitation avec les Kiwis était plus facile et cordiale à chacun de mes voyages. Naturellement, cela me fait un grand plaisir et me donne de l’espoir pour des résolutions possibles entre les nombreux conflits qui existent toujours entre plusieurs peuples sur la planète.

Je me souviens qu’à mon premier voyage, j’avais assisté à une cérémonie dans un de leur village. Nous étions un petit groupe qu’un Maori était venu chercher et il nous avait emmenés à l’une de leur fête traditionnelle.

Une fois arrivée dans leur sanctuaire, le chef avait demandé s’il y avait des personnes qui voulaient participer à la cérémonie. Malgré ma crainte de faire une gaffe, j’avais accepté l’invitation et j’étais allée retrouver les Maoris qui commençaient les rituels quand est venu le moment de se faire les salutations, le hongi, où on se touche le bras tout en se pressant le nez sur celui de l’autre en se regardant dans les yeux ou en les fermant. Naturellement, j’étais un peu gênée et après avoir salué les quatre guerriers, j’ai voulu retourner à ma place dans le groupe. Malencontreusement, j’avais oublié de saluer les femmes et j’ai eu peur de les avoir offensées.

Je me sentais un peu honteuse et je me serais bien cachée sous une roche, mais heureusement elles ont toutes souri de mon erreur. Il est sans doute important de souligner que durant les cérémonies ces messieurs ne portent qu’un cache-sexe, je crois que cela m’a sans doute aidée pour avoir l’indulgence de ses dames…


LE PLATEAU CENTRAL


J’avais choisi de m’installer près du lac Taupo, car c’est un endroit que j’aime et qui est une base intéressante pour visiter la région. Il est le plus grand lac de la Nouvelle-Zélande avec 48 kilomètres de long et il a été formé par une forte éruption volcanique. La plus violente que la terre ait connue il y a environ 5000 d’années. Il semblerait que des nuages de poussière volcanique ont été perçus jusqu’au-dessus de Rome et de la Chine.

Sur la rive sud du lac Taupo se dressent les volcans Tongarino, Ngauruhoe et Ruapehu; ce dernier est le plus actif des trois. Il y a eu des activés au moins 60 fois durant les 60 dernières années. La dernière éruption majeure fut en 1996 et ce volcan se trouve dans le parc national de Tongarino.

Le lac Taupo est aussi un paradis pour les pêcheurs, car il y a de la truite mouchetée et de la truite brune. Nous retrouvons également de la pêche au saumon en Nouvelle-Zélande.

Le saumon est le poisson qui est considéré comme étant le roi des rivières. Au Québec, il y a plusieurs années, j’ai eu la chance d’attraper un saumon de plus de 6 kilos et 10 mètres de long dans la rivière Saint-Jean en Gaspésie. Si je me souviens bien, cela m’avait pris presque 45 minutes pour le sortir de l’eau. Une fois que je l’ai entre dans mes mains, je l’ai caressé et lui ai adressé une prière de remerciement selon les rituels des peuples indigènes. Je n’oublierai sans doute jamais ce moment de relation intime avec cet animal qui m’a fait don de sa vie pour me nourrir. Je remercie encore aujourd’hui l’ami qui m’a permis de vivre une telle expérience. Je crois que lui aussi a été très surpris que je puisse attraper un tel poisson à mon premier jour de pêche.

Le parc de Tongarino a été le premier endroit au monde à être baptisé comme parc. Il a été créé en 1894 et il fait partie du patrimoine de l’UNESCO; il est le 4e à voir au monde sur leur liste. Il est des plus fascinants, mais malheureusement les conditions météorologiques très variables de cette région ne m’ont pas permis d’y retourner durant ce voyage. Je n’ai pu réellement réussir à visiter ce merveilleux endroit qu’en 2011 et c’est dans ce lieu qu’on retrouve la montagne sacrée, Maunga Tongarino.




Tongarino maunga tapu, parc national Tongarino, 01-2011
Photo, France Valiquette


Tous les ans, les Maoris font des rituels afin de rendre hommage à la maunga tapu, un lieu extrêmement sacré pour ce peuple. J’ai vu cette montagne se colorer progressivement de rouge durant un coucher de soleil. Une dame maorie m’a expliqué que ce caprice de dame Nature se produisait seulement de 3 à 4 fois par année. Ce soir-là, il y avait une luminosité indescriptible et c’est un moment magique que j’ai partagé avec un Français, grand voyageur qui était tout aussi émerveillé que moi de cette faille d’un court instant entre deux mondes.




La rivière Waikato, 11-01-2016
Photo, France Valiquette


La Waikato est le cours d’eau le plus long de la Nouvelle-Zélande et prend sa source dans le lac Taupo. Il se jette du haut des chutes de Huka Fall. Les couleurs de cette rivière peuvent passer du bleu saphir à l’indigo puis se retrouver plus en amont de la couleur du jade ou de l’émeraude. Il y a un sentier qui longe la Waikato et on peut en environ une heure retrouver le Spa Road, si on le désire.

La veille de mon départ en fin d’après-midi, j’ai trouvé cet endroit, c’était un dimanche et il y avait beaucoup de monde. Le lendemain matin avant de reprendre la route vers Auckland, je suis retournée à la Huka Fall.

En arrivant, j’ai pu voir les premiers rayons de soleil qui pénétraient les entrailles de la rivière et j’ai entendu le vent me souffler : « L’esprit de la awa Waikato aimerait que tu reviennes un jour et que tu prennes plus de temps auprès d’elle, et peut-être alors, que la awa accepterait te partager certains de ses secrets »...

La Nouvelle-Zélande est une contrée remplie de contrastes et de beautés sauvages inestimables où sommets, forêts, volcans, déserts, glaciers et plages se dévoilent devant nous. Ces îles sont habitées par une énergie parfois divine, si différente de tout ce que l’on peut avoir déjà senti qu’elles ne laissent presque personne indifférent à ses paysages somptueux et indéchiffrables. Ils nous font presque croire que si le paradis terrestre a déjà existé, cela ne pouvait être que dans ces lieux…



France Valiquette



Nouvelle Avril 2016.


Nouvelle-Zélande, Partie 3


L’aventure se poursuit sous un soleil radieux vers les régions et de Marlborough et Nelson. La route est pittoresque et mon parcours oscille entre les montagnes et la mer. J’avais déjà sillonné ces routes et cela me rendait le voyage plus facile même si je devais conduire durant plusieurs heures. Le vent chassait les nuages sur mon passage, le firmament était bleu et je me sentais libre et heureuse.




Arbrisseau sauvage de Manuka
Photo France Valiquette, 31-12- 2016


Chemin faisant, j'ai aperçu une petite enseigne qui annonçait « Miel de manuka à vendre ». C’était vraiment mon jour de chance, car j’espérais pouvoir trouver ce merveilleux nectar directement chez l’apiculteur.

Le miel de manuka a été reconnu scientifiquement en 2015 comme ayant des agents actifs antibactériens. L’activité antibactérienne que l’on retrouve dans ce miel varie selon les UMF. Plus le niveau de methyglyoxal est élevé et plus l’activité antimicrobienne est active. Le prix va varier selon la concentration des UMF. Vous trouvez sur l’étiquette par exemple UMF+20 ou active +20.

On retrouve ces arbrisseaux sauvages en Nouvelle-Zélande, Australie et Tasmanie. Le peuple des Maoris considère depuis fort longtemps cette fleur comme une plante noble et guérissante. Lors de mon premier voyage en 2004, je m’intéressais déjà à cette fleur et c’est de cette façon que j’ai connu ce miel divin.

Les comtés de Marlborough et de Nelson se trouvent dans le nord de l’ile du sud où le taux d'ensoleillement selon ses habitants est le plus élevé. On y retrouve également une grande quantité d’arbres fruitiers. Nous pouvons déguster en saison des fruits cueillis sur l’arbre comme des kiwis, abricots, cerises, framboises, bleuets, mures, « boyberry », pêches, pommes ainsi que des légumes fraîchement récoltés, un véritable délice. Leurs vignobles sont des productions durables à 90% et plusieurs de leurs vins sont excellents, particulièrement le vin blanc.

Leurs fromages de brebis, de chèvres et de vaches sont délicieux et facilement digestibles. Pour les gens qui apprécient la viande d’agneau, elle est succulente et à prix abordable. Les troupeaux d’animaux vivent librement souvent à flanc de montagne ou près de la mer.

Durant tout le voyage, je me suis régalée d’aliments sains, pleins d’énergie que je cuisinais ou bien que je dégustais au restaurant.

Les Néozélandais sont fiers de leur culture. Leur terre est riche en minéraux et le développement écologique est important pour eux. C’est un pays qui a souvent été avant-gardiste dans beaucoup de domaines, entre autres parce que les femmes ont obtenu le droit de vote en 1894.

J’ai passé plusieurs jours dans l’Abel Tasman National Park. Dans ce parc se trouve la Golden Bay qui est un endroit protégé par l’UNESCO depuis plusieurs années. Quand j’ai vu le soleil envelopper les parois rocheuses, alors j’ai pensé à d’immenses lingots d’or en fusion qui descendaient se purifier dans l’océan de la baie.

Mes pieds glissaient dans le sable doré et l’eau du pacifique miroitait d’une ombre passant de l’éclat de l’émeraude à celui du saphir. Cela m’a chaviré le cœur et rendue profondément reconnaissante à la vie de connaître cet endroit de rêve.




Éléphant de mer, Kaikoura
Photo France Valiquette, 04-10-2016


La région de Kaikoura est peuplée de grands mammifères marins. La profondeur des eaux et la rencontre de courant marins chauds et froids attirent ses prédateurs, car ils font remonter à la surface les proies dont ils se nourrissent.

Cet éléphant de mer dégageait une odeur qui ne m’était pas inconnue et son regard me fascinait. Quand je l’ai aperçu seul allongé sur la rive, alors j’ai eu peur qu’il soit mort. J’ai pu l’observer tranquillement pendant une bonne vingtaine de minutes et même faire un court vidéo. Il m’a impressionnée et tout en le regardant, je pensais à ces lointains cousins que j’avais eu la chance d'observer en Afrique.




Grand Dauphin, Kaikoura
Photo, France Valiquette, 05-01-2016


Je suis partie tôt en matinée sur un petit bateau pour aller observer les dauphins. La veille, j’avais eu de la difficulté à obtenir une place pour cette excursion et je crois que c’est parce que je suis Canadienne qu’ils ont finalement accepté de me prendre. J’avais opté pour une compagnie avec une vision écologique et ces gens semblaient choisir leur clientèle. J’ai réussi à avoir la dernière place pour l’excursion de 8 heures, c’est le meilleur moment de la journée pour observer les dauphins sur la côte est de l’île.

Heureusement que j’ai le pied assez marin, car la mer était agitée et j’ai dû faire quelques acrobaties pour réussir à prendre des photos intéressantes. Encore une fois, la nature m'a choyée; nous avons pu observer trois espèces de dauphins : le Grand Dauphin à bec court, le dauphin Obscur ou à front blanc et le dauphin Hertor.

Il y a plusieurs années, j’avais déjà fait une croisière pour voir les dauphins et l’amie qui m’accompagnait durant ce voyage voulait nager avec eux, mais ce ne fut pas possible. Il y avait un dauphin qui venait de naître quelques heures plus tôt, selon le capitaine. Il avait décidé d’annuler la sortie des nageurs afin de ne pas risquer que la mère délaisse son bébé pour venir nager avec les humains.

J’avais aimé mon expérience, mais à cette époque, je n’avais pas la même sensibilité qu’aujourd’hui même si j’aimais depuis toujours les animaux. Ce sentiment a grandi avec les années et maintenant il me permet de mieux sentir et comprendre leur monde.

Durant notre voyage de retour vers la côte, je suis restée sur le pont arrière du bateau même si j’avais les pieds et le pantalon tout mouillés. Je suis montée sur une petite estrade et me suis laissée valser sur le rythme des vagues pendant que j’observais un albatros royal. Je m’imaginais à ses côtés ayant sa force et son agilité survolant l’océan, comme quand j’étais petite et que je rêvais de voler comme une hirondelle.




Kaikoura
Photo, France Valiquette, 06-01-2016


Il semble que Kaikoura serait un des seuls endroits au monde où l’on peut voir des montagnes, la mer et un glacier à travers un même regard.

Le propriétaire de l’établissement où j’habitais avait étudié la langue française et il aime bien les Canadiens. Son frère avait séjourné au Québec durant quelques années et il était venu le visiter quelques fois. Il m’a donné une de ses meilleures chambres, elle avait une porte-fenêtre avec une vue sur le glacier et de la fenêtre de la cuisinette, à l’aube, je voyais le soleil sortir de l’océan. Le peu de fois où j’ai pu vivre des levers de soleil de cette intensité, je me suis toujours dit que c’est sans doute cela un miracle…



France Valiquette
La quatrième partie sur la Nouvelle-Zélande se passera dans l'île du nord dans la prochaine nouvelle au mois de mai.



Nouvelle Mars 2016.


Nouvelle-Zélande, Partie 2




Franz Josef Glacer, 25-12-2015
Photo, France Valiquette


Nous étions le 24 décembre 2015 et je roulais sur la route dans le parc national de Westland Tai Putini. On y trouve les sommets les plus élevés des Alpes néo-zélandaises dont les glaciers Franz Josef et Fox en sont les plus imposants.

J’avais loué un chalet au pied d’une montagne à une quinzaine de minutes du village. La nuit du réveillon de Noël était un soir de pleine lune. Au-dessus de la montagne, le ciel de l’hémisphère sud s’est coloré de filaments rosés vers vingt-trois heures et j’ai vu apparaître l’astre lunaire scintillant comme un diamant que l’on vient de polir, je croyais rêver.

Ce fut un moment grandiose et magique et j’ai remercié Saint-Nicolas de sa générosité en me demandant, si j'avais bien mérité un cadeau aussi émouvant de l’univers.

Le lendemain, un soleil radieux m'attendait quand j’ai emprunté le sentier que m’a conduit jusqu’au glacier Franz Josef. L’air était pur et la luminosité enveloppante, nous étions peu de gens qui montaient vers le glacier, j’étais presque seule, quel bonheur. Les Kiwis sont de grand adaptent de pleins airs, mais ce matin-là, ils faisaient la grâce matinée, probablement un verre de vin ou une bière de trop pour certains.




Arthur’Pass National Park Ka Tiritiri o te Moana, 28-12-2015
Photo, France Valiquette




Le peuple maori associe la grandeur de la nature avec leurs ancêtres. L’histoire de cette chute reflète pour eux le lien inséparable entre la Nature et l’Homme dans le monde.

J’ai eu le privilège d’avoir une bonne vingtaine de minutes, seule avec l’énergie des lieux, au pied de ce site grandiose. J’ai eu le temps de pouvoir imaginer les premiers Maoris se recueillant dans cet endroit divin quand ils le découvrirent pour la première fois cette chûte.

Arhurs’Pass est un minuscule village situé dans les sommets, il est entouré de montagne et de glaciers. Les touristes passent, mais c’est seulement les grands amoureux de la nature qui demeurent quelques jours dans ce paradis.

Chaque fois que je me rends dans cet endroit, je sens une paix absolue en moi durant tout mon séjour. Les gites sont rustiques, mais accueillants et le paysage sauvage est d’une beauté et d’une grâce absolue.




Bealey trail, 29-12-2015
Photo, France Valiquette


Un jour, en revenant vers ma voiture après une randonnée matinale, j’ai aperçu un homme qui étendait une tente sur le haillon de sa voiture pour la faire sécher.

Et puis, j’ai entendu une voix de femme douce et calme qui expliquait à son petit garçon en langue française qu’elle n’avait pas appréciée son dernier comportement. Elle s’éloignait avec lui en déposant une main sur son épaule pendant que le garçonnet lui parlait à voix basse.

J’ai salué avec un air compatissant l’homme qui les regardait du coin de l’œil. Il m’a souri et s’est mis à me raconter qu’il avait mal choisi l’emplacement pour installer leur tente et que le terrain de camping avait été inondé durant la nuit parce qu’il avait plu des cordes. Ils avaient dû transporter les enfants dans la voiture où toute la famille avait dormi jusqu’au matin.

Pendant que l’on bavardait, sa conjointe, Josée vint se joindre nous avec leur fils qui avait retrouvé son sourire ainsi que sa mère.

Ils me racontèrent qu’ils étaient partis en voyage pour six mois. Ils avaient travaillé deux ans dans le nord de l’Alberta dans les montagnes, elle était enseignante et lui mécanicien. Ils avaient décidé de partir courir le monde avec leurs enfants plus tôt que s’acheter une maison dans cette région qu’ils avaient pourtant bien aimé.

Ils étaient arrivés récemment en Nouvelle-Zélande et me posaient plein de questions sur le pays. Le garçon qui devait avoir facilement huit ou neuf ans m’écoutait avec grand intérêt et je voyais ses yeux pétiller de curiosité pendant que je leur parlais de ce merveilleux pays. Sa jeune sœur s’était rapprochée de nous et jouait tranquillement.

Nous avons eu un partage de valeur et de liberté comme j’ai rarement l’occasion de le faire dans ma vie.

Je trouvais que ses enfants étaient vraiment privilégiés de pouvoir découvrir la vie sur notre planète et dans le cosmos tout entier avec leur parent pour les guider.

Josée et Paul pourront ainsi leur permettre de continuer à s’ouvrir à toute la biodiversité et apprendre à s’adapter plus facilement aux différents évènements qu'ils auront à vivre dans leur existence.

Toute la famille doit rentrer au Québec au mois mars. J’espère que leur retour s’est bien passé et qu’ils garderont leur esprit libre et aventureux. Leur rencontre m’a profondément ému et je les ai fortement encouragés à continuer à transmettre leurs valeurs à de leurs enfants, ce qui pourra peut-être aider le monde à devenir meilleur…



Troisième partie du pays du « Long nuage blanc » dans la prochaine nouvelle de mois d’avril.

France Valiquette



Nouvelle février 2016.


Nouvelle-Zélande, Partie 1


Je m’étais déjà rendue trois fois en Nouvelle-Zélande et le 12 décembre, jour de mon anniversaire, j’ai pris l’avion vers ce pays que les Maoris ont surnommé « Le pays du long nuage blanc » et les Anglais « The last paradise ».

Quand j’ai aperçu dans l’aéroport d’Auckland la magnifique sculpture maorie, mon cœur a fait un bond dans ma poitrine et un courant de chaleur s’est répandu dans tout mon corps. Plus je voyage, plus je conscientise comment il est important de vivre en harmonie et d’être porteur de paix.

Depuis mes safaris dans la Luangwa, la brousse africaine m’a permis d’enlever un voile qui m’empêchait d’être ce que je suis vraiment. Maintenant, je me sens solide et prête à accueillir tout ce que voudra m’apprendre et me donner la vie.

Deux jours plus tard, je m’envolais vers l’île du sud où je voulais passer la plus grande partie de mon voyage. Les premières heures où je conduis la voiture sont plutôt stressantes, car je dois rouler à gauche selon leur code routier. Plusieurs routes sont étroites et souvent en col de montagne, mais je savais déjà que ce que je verrais serait bien au-delà de la beauté.

La région de Waitaki

Elle se trouve dans l'île du sud sur le Pacifique près des Southern Alps.




Plage de Koekahe, les Moeraki Boulder
Photo, France Valiquette, 18-12-2015


Ces pierres lisses et rondes peuvent atteindre deux mètres et peser jusqu’à sept tonnes. Certaines d’entre elles ressemblent à des œuvres d’art ou bien à des carapaces de tortue. Quelques pierres sont fendues et leur intérieur évoque des oeufs fossilisés. Il y a des squelettes de dinosaures qui ont été retrouvés à proximité, alors les légendes vont des œufs de dinosaures aux extraterrestres.

Selon les scientifiques, une érosion de 60 millions d’années dans le sable aurait permis de donner ses figures géométriques d’une telle perfection. Malgré de nombreuses recherches, plusieurs zones grises restent encore à éclaircir sur ses étranges pierres et leur mystère continue d’être transporté par les marées.




Plage Bushy, otarie à fourrure
Photo, France Valiquette, 19-12-2015


Près d’Oamaru nous retrouvons une grande colonie de pingouins bleus et un soir, j’ai bien aimé les voir arriver par bandes après le coucher du soleil.

J’ai eu la chance avec des jumelles de pouvoir observer toute la grâce et l’agilité d’une otarie à fourrure dans l’eau. Celle que vous apercevez sur la photo venait tout juste de sortir de l’océan. J’ai été absolument émerveillée par ses caramboles dans les vagues.


Le parc national du Fiorland

Selon la légende des Maoris, le Doubtful, le Milford et les autres fiords ont été créés par un personnage divin, Patea. En brandissant une hache magique et en prononçant des incantations Tu-Te-Raki-Whanoa, Patea aurait façonné un long bras de mer sinueux qui pourrait servir de refuge à son peuple en cas de tempête.




Le Milford Sound, Pic Mitre
Photo, France Valiquette, 21-12-2015


En 1986, le parc national du Fiordland a été classé patrimoine mondial par L’UNESCO pour ses caractéristiques naturelles hors du commun, sa beauté exceptionnelle et son rôle en tant qu’exemple dans l’histoire de l’évolution de la planète.

La route vers le Milford Sound est un ravissement pour l’œil pour les amoureux de la nature, mais demande prudence et doigté au volant.

Les formes du Milford sont étranges, ses falaises qui s’érigent et se fondent dans les eaux sombres. Les pics montagneux qui semblent toucher le firmament, ainsi que certaines de ses cascades d’eau qui peuvent avoir plus de 1,000 mètres et se multiplier quand il pleut.

J’ai choisi une croisière écologique. Nous avions plus de temps pour l’observation et le guide était un biologiste passionné et chevronné avec beaucoup d’humour. C’est une qualité que l’on retrouve souvent chez les Kiwis.

L’observatoire Cove est sous-marin et nous y accédons par bateau. Après avoir descendu les 60 marches de la plate-forme, nous voyons la lumière pénétrer dans les eaux apparemment sombres du fiord. Nous pouvons entre autre y admirer des coraux noirs, des pieuvres à onze branches et bien d’autres merveilles des fonds marins de cette région protégée du globe. J’ai eu un peu l’impression d’être à l’intérieur d’un sous-marin et que la mer acceptait de me dévoiler une partie de ses secrets.




Le Doubtful Sound
Photo, France Valiquette 01-2005


Je suis allée dans ce fiord durant un précédent voyage. C’est une expédition qui est assez complexe et dispendieuse.

L’aventure commence au lac Manapouri. Nous traversons ce grand lac parsemé d’îles, ensuite nous faisons un trajet en autobus qui passe par le col de Wilmoot Pass vers le Dee Drove et nous rejoignons un autre bateau qui nous emmène sur le fiord. Durant ce déplacement, chemin faisant, nous y découvrons une magnifique vue en coupe de la vie sauvage.

Le Doubtful est le deuxième plus grand des 14 fiords du parc Fiordland. Le fiord abrite des dauphins et des otaries pour la plupart. Nous y retrouvons aussi l’une des plus rares espèces de manchots, le gorfou du Fiordland ou tawaki ainsi que le manchot pygmée, le plus petit de leur race. Nous pouvons souvent voir le Grand dauphin, il fait partie des plus gros spécimens connus de leur espèce. Leur dos est gris foncé glissant vers le blanc dans la région ventrale. J’ai eu pu observer ce dauphin dans mon dernier voyage dans une autre réserve marine.

Nous sommes entourés par une forêt tropicale tempérée où on y rencontre une multitude d’oiseaux que j’ai eu la joie d’entendre chanter quand le capitaine a coupé les monteurs du navire.

Durant cette excursion, j’avais eu également le plaisir de rencontrer deux charmants Californiens dont l’un parlait fort bien la langue française et dont la mère avait le même prénom que moi… Deux amoureux de la nature.

Le Doubtful Sound à une énergie saisissante ayant conservé une pureté originelle qui vous prend jusque dans les tripes. Encore aujourd’hui, je peux fermer les yeux et sentir la douce brise marine sur ma joue qu’il y avait ce jour-là.




Le Lac Te Anau, 22-12-2015
Photo, France Valiquette


Avant de quitter cette région, je suis allée dans les grottes de Te Anau qui ne sont accessibles elles aussi que par bateau. J’avais déjà visité des grottes en Nouvelle-Zélande et dans différents pays, mais cette excursion m’a permis de comprendre davantage pourquoi l’eau est un véritable joyau de ce monde à différent niveau.

Dans ces grottes, j’ai pu observer les eaux tumultueuses qui sculptent les formations des rochers et des rivières souterraines avec des chutes naturelles. Dans l’obscurité silencieuse de la grotte, bien installée, dans une petite barque, j’ai glissé sur les eaux et admiré l’incandescence fragile de milliers de minuscules vers luisants. À ce moment, j’ai eu le sentiment profond que ce court instant me ramenait au début du monde…



La suite du pays du « Long nuage blanc » dans la prochaine nouvelle au mois de mars.

France Valiquette