Nouvelle du vendredi 21 novembre 2008.

Je suis au Salon du Livre de Montréal 2008 au kiosque 349-A avec mon distributeur, la CDDL. Mon horaire est celui-ci : le jeudi, 20 novembre de 15 à 21 heures; le vendredi, 21 novembre de 15 à 21 heures; le samedi, 22 novembre de 15 à 21 heures et le dimanche de 9 à 15 heures.
Au plaisir de vous y saluer.

Nous étions le 6 septembre 2008 et je me trouvais en Arizona. Mon humeur était plus qu’excellente et mon cœur était rempli de sollicitude envers la vie qui me permettait encore une fois de faire un si beau voyage. Le soleil descendait derrière un canyon et je me rendais à une fête du peuple des Navajo, le couronnement de la Reine. C’est une fête qui se veut un hommage et une reconnaissance à la valeur de la femme pour ce peuple. Lors de leur grande fête annuelle, ils viennent de partout à travers les États-Unis et même du Canada pour partager leurs valeurs culturelles et spirituelles ainsi que leur vision de l’avenir tout en festoyant. Leur réunion se fait sans alcool car c’est interdit sur la réserve qui s’étend sur quatre états : l’Arizona, le Nevada, le Nouveau-Mexique et l’Utah.

Je venais de pénétrer sur le site des festivités quand j’ai aperçu un homme d’une forte constitution qui tombait sur le sol de terre battue rouge, du sang giclant de sa tête. Je me suis mise à courir à toute vitesse pour l’aider. J’ai pressé sur sa blessure avec un tissu propre que m’a tendu une personne et j’ai réussi à calmer l’homme et à arrêter l’hémorragie en attendant les secours. Son premier regard était apeuré en réalisant que j’étais une femme blanche, mais au son de ma voix, ses muscles se sont décontractés et j’ai senti qu’il commençait à me faire confiance. Deux agents de sécurité sont alors arrivés. Je leur ai expliqué la situation et l’un d’eux m’a aidée à prendre soin du blessé pendant que l’autre demandait du secours. Les policiers ont fini par arriver et, en me relevant pour les laisser travailler, j’ai aperçu des dizaines de visages Navajo rivés sur moi, dont certains ont esquissé un sourire de remerciement. J’ai croisé des regards et j’ai été touchée par ce que j’ai vu. J’étais tachée de sang et de sable mais cela n’avait aucune importance car j’étais fière d’avoir pu soulager un peu cet homme.

Il y a très peu d’étrangers non indiens qui viennent à leur fête mais je me sens bien avec eux et en sécurité.
Le raciste n’existe que si la peur domine… et que la différence ferme notre cœur à l’amour universel.

France Valiquette