Nouvelle du vendredi 17 décembre 2010.

J’aimerais vous parler de la rencontre d’un homme né en Nouvelle-Écosse, à Cap Sable, dont les origines sont sénégalaises. Sa famille en est à sa neuvième génération au Canada; il s’appelle Paul Fehmiu-Brown. Il est historien, auteur et a écrit une trilogie sous forme de roman sur l’esclavage des Noirs au Canada. Je connaissais ce triste spectre de notre histoire mais je n’avais jamais rencontré de personnes pouvant me parler avec une aussi grande justesse de ces êtres déracinés de leur pays, déshonorés et souvent maltraités sur le territoire canadien. Surtout, ne croyez pas que le Québec a été différent car le premier esclave est arrivé en 1628 et son maître était un père Jésuite du nom d’Olivier Lejeune. Après toutes ses longues années sur notre continent, Paul est particulièrement attristé quand ses élèves de l’université du Québec à Montréal, l’UQAM, lui demandent encore aujourd’hui : « De quel endroit venez-vous »? Ce qui demeure surprenant dans tout cela, c’est qu’il parle la langue française comme la majorité de tous les autres Québécois mais la plupart de gens ne le reconnaissent pas comme un Canadiens Français.

Je vous suggère comme lecture « Ces Canadiens oubliés, Tomes 1,11 et 111 » de Paul Fehmiu-Brown aux éditions Livres 5 continents.

Je voudrais vous transporter maintenant dans le monde d’un autre auteur, cette fois-ci né à Bathurst au Nouveau-Brunswick, Réjean Roy. Un Acadien résidant à Montréal depuis plusieurs années. Le livre dont j’aimerais vous entretenir est un roman dont l’histoire a été inspirée d’un fait vécu, « Amère Liberté ». Le livre raconte l’histoire d’une jeune fille souffrant d’épilepsie dont les préjugés et la discrimination l’ont amenée à vouloir prouver aux autres qu’elle était comme eux. La douleur qu’elle a vécue reliée au jugement d’autrui, faussa sa perception de son problème de santé, ce qui l’amena à prendre une mauvaise décision qui lui couta la vie.

Pour ceux qui voudrait connaître son histoire, « Amère liberté », Réjean Roy, Les éditions de l’Étoile de la mer.

Je termine sur une note plus joyeuse. Ce fut avec beaucoup d’émotion que j’ai écouté la lecture d’un extrait de « Arizona; Mercedes Leroyer, partie 2 » à la bibliothèque du Mile-End. Lise Gascon, spécialiste en création théâtrale, a lu un passage sur un rituel de la mort du peuple des Navajos, cette partie de mon livre se déroulant dans un hôpital de la Nouvelle-Orléans. C’était la première fois que l’on donnait vie à mes personnages avec une telle intensité et justesse. Cet événement littéraire avait été organisé par la CDDL « Coopérative de distribution et de diffusion du livre » et a eu lieu le 4 décembre à la Bibliothèque du Mile-End sur la rue de l’Avenue du Parc à Montréal.

Je vous reviendrai en février 2011 pour la prochaine nouvelle.