Nouvelle du vendredi 21 octobre 2011.

Je suis allée voir le spectacle équestre de Cavalia : Odysséo. Du point de vue technique, la présentation était spectaculaire et le jeu des chevaux libres étaient remarquable malgré la grande nervosité que je sentais chez la plupart des chevaux, ce qui m’a attristée. Ces magnifiques animaux avaient exécuté leur travail sans joie avant de retourner dans leur tente-écurie près d’une autoroute où ils vivraient durant des semaines. À la fin des représentations, les chevaux auraient sans doute un peu de repos à la campagne avant de repartir pour une longue tournée.

J’ai eu la chance de voir dans différents pays des spectacles de chevaux à l’extérieur et je me rappelle celui d’Ebbs en Autriche où le soleil s’était réellement couché derrière les montagnes. Les chevaux étaient dans un paysage naturel et je les avais sentis heureux et disponibles à travailler… c’était alors renversant de les voir. Après le spectacle, on les avait conduits dans de grands enclos où ils étaient de nouveaux libres dans un habitat où ils pouvaient refaire leur plein d’énergie.

Je peux comprendre qu’à une autre époque, la vie de l’homme pouvait dépendre d’un cheval et que leur situation était souvent très précaire comme celle de leur propriétaire. Mais aux 21ième siècle, comment sommes-nous arrivés à traiter les animaux sans respect pour ce qu’ils sont réellement en les utilisant souvent comme des jouets. Il y a quelques semaines, j’ai aperçu sur le trottoir un chien avec un imperméable et je suis restée complètement sidérée. Ils sont devenus prisonniers de nos caprices et développent souvent de nouvelles maladies. Je pense que de savoir aimer un animal, c’est établir une relation en respectant leur dignité et leurs besoins réels…

J’ai souvenance d’un Navajo avec qui j’ai monté à cheval dans les canyons. Au retour de notre randonnée, la première chose qu’il a faite a été de leur donner à boire; après, nous les avons reconduits au pâturage et tous les autres chevaux sont venus à sa rencontre. Il m’a ensuite présenté à chacun d’entre eux avec fierté. C’était ses compagnons. Je me rappelle d’une petite jument qui s’appelait Katrina. Elle était née la journée où l’ouragan du même nom a dévasté une partie de la Louisiane.


« Le cheval rendra l’homme noble, si l’homme sait l’aimer ».



France Valiquette