Nouvelle du vendredi 23 mars 2012.

La langue de nos origines.

Je me trouvais au début de mon adolescence quand j’ai commencé à ressentir le désir de bien m’exprimer dans ma langue maternelle, le Français. Je demeurais à cette époque en région. J’ai souvent vécu des moqueries venant de toutes les générations de la population de la ville où j’habitais. Bien parler… était malheureusement perçu comme du snobisme et je ne saisissais pas pourquoi à ce moment-là.

Les années ont passé et j’ai toujours conservé ce désir de vouloir bien parler. Puis un jour, j’ai réalisé que le langage faisait partie de nous, comme de rire ou chanter. Le goût de connaître d’autres langues c’est alors accru, car je réalisais que les mots pouvaient devenir une mélodie par leur résonnance phonétique.

J’aime voyager et les personnes que je rencontre sur ma route me demandent souvent mes origines. Comme beaucoup de gens ne connaissent pas l’existence du Québec alors, je leur réponds que je suis Canadienne-Française. Une fois, dans un train en partance de la Norvège vers la Suède, je me souviens d’un charmant monsieur qui m’avait dit en s’exprimant en anglais, non pas en norvégien : « Mais quelle langue parlez-vous donc, c’est tellement mélodieux à mon oreille »? Un autrefois en Nouvelle-Zélande, je me trouvais sur un bateau dans le fiord Milford Sound quand j’ai entendu cette question : « Mon copain et moi, nous nous demandions si vous êtes Française », je leur ai répondu en souriant, et imaginez ma surprise, car ils étaient des Californiens. L’un des deux était à son dernier cycle d’études en maîtrise sur la langue française. Il était tellement enchanté de pouvoir bavarder dans cette langue qu’il chérissait tant avec une Canadienne

Il y a environ deux ou trois ans, je discutais avec un de mes amis anglophones qui est parfaitement bilingue. Il me raconta que même aujourd’hui certains Canadiens anglais avaient peur de venir au Québec. Ils conservaient encore la croyance que les gens pouvaient refuser de les servir dans les endroits publics et que cela pouvait même aller jusqu’à l’insulte parce qu’ils ne parlaient pas le français. Je suis restée assez perplexe… et j’ai décidé d’écouter davantage les médias sur l’éternel conflit des langues et des cultures au Québec.

Généralement, je peux m’exprimer en anglais au Québec si je rencontre une personne qui à de la difficulté a parlé le français. La plupart du temps, la personne apprécie et elle essaie de continue en français et nous continuons la discussion dans les deux langues. Par contre, si je suis avec des anglophones qui parlent bien ma langue, nous parlons le français.

Durant mes voyages dans des pays où l’anglais est la langue nationale, j’aime m’exprimer dans cette langue dans les endroits publics afin de mieux m’intégrer à la population et d’apprendre à les connaître, car cela fait partie du but de mon aventure.

Sincèrement, je crois… que bien vivre sa langue ; que ce soit en la parlant, en l’écrivant ou même en la chantant demeure la meilleure façon de la transmettre dans la sérénité et de créer de l’intérêt pour elle.



France Valiquette