Nouvelle de janvier 2013.



Cover Coast Park, Californie, 2 janvier 2013

Une aventure

J’avais décidé pour terminer l’année 2012 de partir seule à l’aventure en Californie. Le but premier de mon voyage était de sentir et connaître encore mieux cet état de la côte ouest-américaine. Je crois que c’était la septième fois que je mettais les pieds sur cette terre. J’avais bien préparé mon voyage, mais l’univers a décidé de me mettre à l’épreuve afin de voir jusqu’à quel point j’étais prête à me dépasser pour trouver des réponses à tant de questions que je me posais depuis si longtemps.

Une amie qui a un MSc. en mathématique m’avait dit un jour que tous les symboles de cette science avaient été trouvés dans la nature et je n’avais jamais eu de doute à ce sujet. J’avais gardé des souvenirs flous de mon enfance où je me promenais avec ma chatte qui me suivait comme un chien dans les champs et la forêt. Je pouvais, en fermant les yeux, avoir encore les mêmes sensations, mais je n’arrivais toujours pas à faire certains liens entre eux. Je ressentais que ce voyage me permettrait de comprendre mieux la nature, mais je n’en savais pas plus.

Ma première épreuve a été quand je suis arrivée à l’entrée d’un parc et d’apprendre qu’il y avait de la neige sur la montagne où je voulais me rendre. La consigne était claire, je devais louer et mettre des chaines sur les roues de la voiture. J’avais lu certaines de ces informations sur leur site, mais je ne croyais pas que cela pouvait être nécessaire à cette période de l’année. J’ai donc fait demi-tour et me suis rendue à l’un des endroits qu’on m’avait indiqués pour faire la location.

J’ai exprimé à l’Indien qui m’a accueillie que je voulais louer des chaines pour quelques jours et que j’aimerais qu’il me montre comment les installer. Il m’a regardée des pieds à la tête, et puis il a hoché lentement la tête. Il est revenu plus tard avec un sac contenant le matériel. Il l’a ouvert et a commencé à m’expliquer comme les installer. Je n’avais toujours pas bronché, mais quand il m’a fait placer les roues d’une certaine manière, qu’il s’est allongé sur le sol et qu’il ne réussissait pas à attacher les extrémités des chaines ensemble, ma détermination a commencé à faiblir et j’ai énoncé, d’une voix brisée, que je n’y arriverais sans doute pas.

Pendant ce temps, un autre Amérindien, un peu plus jeune, était venu nous retrouver. Il a tourné la tête vers moi et il m’a demandé d’où je venais. Suite à ma réponse, il a semblé réfléchir quelques secondes et il a ensuite dit à l’autre homme de lui céder sa place, et puis il m’a énoncé d’un ton solennel : « je suis un professionnel », je vais vous montrer comment faire et vous allez y arriver ». Sa patience et sa gentillesse m’ont redonné de la force et je suis repartie avec le sac contenant les chaines, bien déterminée à retrouver la Giant Sequoia Forest.

La première fois, cela m’a pris un peu plus d’une demi-heure, mais cela valait beaucoup plus que tous les efforts que j’avais dû faire… et ce n’était que le début d’une série d’épreuves sur ma route et de grands moments de symbiose avec nos origines. Je sais aujourd’hui que je porterai à jamais, tout au fond de moi, une parcelle de l’énergie et de la connaissance que m’a donnée ce voyage.

France Valiquette