Nouvelle février 2016.


Nouvelle-Zélande

Je m’étais déjà rendue trois fois en Nouvelle-Zélande et le 12 décembre, jour de mon anniversaire, j’ai pris l’avion vers ce pays que les Maoris ont surnommé « Le pays du long nuage blanc » et les Anglais « The last paradise ».

Quand j’ai aperçu dans l’aéroport d’Auckland la magnifique sculpture maorie, mon cœur a fait un bond dans ma poitrine et un courant de chaleur s’est répandu dans tout mon corps. Plus je voyage, plus je conscientise comment il est important de vivre en harmonie et d’être porteur de paix.

Depuis mes safaris dans la Luangwa, la brousse africaine m’a permis d’enlever un voile qui m’empêchait d’être ce que je suis vraiment. Maintenant, je me sens solide et prête à accueillir tout ce que voudra m’apprendre et me donner la vie.

Deux jours plus tard, je m’envolais vers l’île du sud où je voulais passer la plus grande partie de mon voyage. Les premières heures où je conduis la voiture sont plutôt stressantes, car je dois rouler à gauche selon leur code routier. Plusieurs routes sont étroites et souvent en col de montagne, mais je savais déjà que ce que je verrais serait bien au-delà de la beauté.

La région de Waitaki

Elle se trouve dans l'île du sud sur le Pacifique près des Southern Alps.




Plage de Koekahe, les Moeraki Boulder
Photo, France Valiquette, 18-12-2015


Ces pierres lisses et rondes peuvent atteindre deux mètres et peser jusqu’à sept tonnes. Certaines d’entre elles ressemblent à des œuvres d’art ou bien à des carapaces de tortue. Quelques pierres sont fendues et leur intérieur évoque des oeufs fossilisés. Il y a des squelettes de dinosaures qui ont été retrouvés à proximité, alors les légendes vont des œufs de dinosaures aux extraterrestres.

Selon les scientifiques, une érosion de 60 millions d’années dans le sable aurait permis de donner ses figures géométriques d’une telle perfection. Malgré de nombreuses recherches, plusieurs zones grises restent encore à éclaircir sur ses étranges pierres et leur mystère continue d’être transporté par les marées.




Plage Bushy, otarie à fourrure
Photo, France Valiquette, 19-12-2015


Près d’Oamaru nous retrouvons une grande colonie de pingouins bleus et un soir, j’ai bien aimé les voir arriver par bandes après le coucher du soleil.

J’ai eu la chance avec des jumelles de pouvoir observer toute la grâce et l’agilité d’une otarie à fourrure dans l’eau. Celle que vous apercevez sur la photo venait tout juste de sortir de l’océan. J’ai été absolument émerveillée par ses caramboles dans les vagues.


Le parc national du Fiorland

Selon la légende des Maoris, le Doubtful, le Milford et les autres fiords ont été créés par un personnage divin, Patea. En brandissant une hache magique et en prononçant des incantations Tu-Te-Raki-Whanoa, Patea aurait façonné un long bras de mer sinueux qui pourrait servir de refuge à son peuple en cas de tempête.




Le Milford Sound, Pic Mitre
Photo, France Valiquette, 21-12-2015


En 1986, le parc national du Fiordland a été classé patrimoine mondial par L’UNESCO pour ses caractéristiques naturelles hors du commun, sa beauté exceptionnelle et son rôle en tant qu’exemple dans l’histoire de l’évolution de la planète.

La route vers le Milford Sound est un ravissement pour l’œil pour les amoureux de la nature, mais demande prudence et doigté au volant.

Les formes du Milford sont étranges, ses falaises qui s’érigent et se fondent dans les eaux sombres. Les pics montagneux qui semblent toucher le firmament, ainsi que certaines de ses cascades d’eau qui peuvent avoir plus de 1,000 mètres et se multiplier quand il pleut.

J’ai choisi une croisière écologique. Nous avions plus de temps pour l’observation et le guide était un biologiste passionné et chevronné avec beaucoup d’humour. C’est une qualité que l’on retrouve souvent chez les Kiwis.

L’observatoire Cove est sous-marin et nous y accédons par bateau. Après avoir descendu les 60 marches de la plate-forme, nous voyons la lumière pénétrer dans les eaux apparemment sombres du fiord. Nous pouvons entre autre y admirer des coraux noirs, des pieuvres à onze branches et bien d’autres merveilles des fonds marins de cette région protégée du globe. J’ai eu un peu l’impression d’être à l’intérieur d’un sous-marin et que la mer acceptait de me dévoiler une partie de ses secrets.




Le Doubtful Sound
Photo, France Valiquette 01-2005


Je suis allée dans ce fiord durant un précédent voyage. C’est une expédition qui est assez complexe et dispendieuse.

L’aventure commence au lac Manapouri. Nous traversons ce grand lac parsemé d’îles, ensuite nous faisons un trajet en autobus qui passe par le col de Wilmoot Pass vers le Dee Drove et nous rejoignons un autre bateau qui nous emmène sur le fiord. Durant ce déplacement, chemin faisant, nous y découvrons une magnifique vue en coupe de la vie sauvage.

Le Doubtful est le deuxième plus grand des 14 fiords du parc Fiordland. Le fiord abrite des dauphins et des otaries pour la plupart. Nous y retrouvons aussi l’une des plus rares espèces de manchots, le gorfou du Fiordland ou tawaki ainsi que le manchot pygmée, le plus petit de leur race. Nous pouvons souvent voir le Grand dauphin, il fait partie des plus gros spécimens connus de leur espèce. Leur dos est gris foncé glissant vers le blanc dans la région ventrale. J’ai eu pu observer ce dauphin dans mon dernier voyage dans une autre réserve marine.

Nous sommes entourés par une forêt tropicale tempérée où on y rencontre une multitude d’oiseaux que j’ai eu la joie d’entendre chanter quand le capitaine a coupé les monteurs du navire.

Durant cette excursion, j’avais eu également le plaisir de rencontrer deux charmants Californiens dont l’un parlait fort bien la langue française et dont la mère avait le même prénom que moi… Deux amoureux de la nature.

Le Doubtful Sound à une énergie saisissante ayant conservé une pureté originelle qui vous prend jusque dans les tripes. Encore aujourd’hui, je peux fermer les yeux et sentir la douce brise marine sur ma joue qu’il y avait ce jour-là.




Le Lac Te Anau, 22-12-2015
Photo, France Valiquette


Avant de quitter cette région, je suis allée dans les grottes de Te Anau qui ne sont accessibles elles aussi que par bateau. J’avais déjà visité des grottes en Nouvelle-Zélande et dans différents pays, mais cette excursion m’a permis de comprendre davantage pourquoi l’eau est un véritable joyau de ce monde à différent niveau.

Dans ces grottes, j’ai pu observer les eaux tumultueuses qui sculptent les formations des rochers et des rivières souterraines avec des chutes naturelles. Dans l’obscurité silencieuse de la grotte, bien installée, dans une petite barque, j’ai glissé sur les eaux et admiré l’incandescence fragile de milliers de minuscules vers luisants. À ce moment, j’ai eu le sentiment profond que ce court instant me ramenait au début du monde…



La suite du pays du « Long nuage blanc » dans la prochaine nouvelle au mois de mars.


France Valiquette