Personnel
Nouvelle Décembre 2016.
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Le dernier Noël que j'ai passé au Québec était en 2001 dans ce que j’appelle mon autre vie.

Avec les années, j'ai vu comment les gens dans différents pays célébraient Noël et le Nouvel An. J’ai aimé et appris beaucoup sur les coutumes simples et remplies de profondeur de certains peuples et j’ai aussi vu les plus grandes excentricités des autres.

Dans toutes ces aventures, ce qui m’a le plus touchée durant toutes ces années n'a rien à voir avec le matériel. Ce détachement absolu de fausses obligations m’a permis de découvrir et sentir d’autres valeurs qui m’ont fait réaliser plusieurs choses importantes dans une vie.

La liberté de l'esprit, la joie jaillissant du cœur que je n'aurais pas pu voir ou même imaginer avant ces voyages. Ce dépaysement total m’a permis d’ouvrir des tiroirs cachés de ma mémoire et de laisser sortir ce qui faussait ce que je voulais vraiment vivre durant cette période de l’année. Il n'y a rien de mieux que d'être loin de ses vieilles habitudes pour arriver à pouvoir accueillir la vie à bras ouverts avec un regard nouveau.

Laissons le passé flotter derrière nous et vivons au présent, car on ne peut pas changer le passé, mais en vivant pleinement chaque jour, on peut se créer un meilleur avenir ainsi que pour notre planète. Ce chemin peut nous amener progressivement à ressentir un sentiment de vie accomplie, jusqu’à la fin de celle-ci.

En partageant notre empathie, notre amour avec les autres au lieu de nos rancœurs, notre corps physique finira inévitablement un jour par devenir simplement trop usé et fatigué pour continuer. Nous pourrons ainsi le quitter dans la sérénité et sans regret.

Quand notre dernier regard et notre dernier souffle se poseront sur cette vie, nous serons alors fiers d'avoir aidé, si peu soit-il, notre planète et ses habitants. Ce voyage ultime pourra ainsi être le plus fascinant de votre histoire temporelle.

À chacun d’entre nous, j’aimerais nous souhaiter de créer notre vie en recherchant nos valeurs cachées au plus profond de nous-mêmes, loin de l’ego.

Je pense que tous les peuples du monde seraient en accord avec ces vœux toutes religions confondues.



France Valiquette



Nouvelle Mai 2016.




Nouvelle-Zélande, Partie 4


Nous avons été happés et entraînés au fin fond des nuages. Ils sont devenus rapidement opaques et presque noirs, et alors, le commandant de bord a été obligé de détourner notre avion de sa destination première. La visibilité au sol était nulle et le pilote de l’appareil a dû demander la permission d’atterrir dans un autre aéroport de l’île du Nord. Ensuite, nous avons pris un autobus pour nous rendre à Rotorua et d’un vol qui devait prendre environ 1heure et 20 minutes, le voyage a fini par durer presque 4 heures. La morale de cette histoire c’est qu’il ne faut jamais oublier dans notre horaire que c’est dame Nature qui a toujours le dernier mot…




Geyser Pohutu, centre de l’île du nord, 9-01-2016
Photo, France Valiquette


Le geyser Pohutu « grand éclaboussement » se trouve dans le site thermal de Whakarewarera. Il jaillit de 10 à 20 fois par jour et peut atteindre jusqu’à 9.14 mètres de haut selon la vitesse et la direction du vent. Cela est tout simplement fascinant à observer.

Au sud de Rotorua, nous avons le Whaka, une zone marquée par des émanations thermales. Elle est divisée entre le New-Zeland Maori Art and Craft et l’Institut et le Whakarewara Thermal Village.




The art of wakairo carving, 9-01-2016
Photo, France Valiquette




J’ai eu la chance de pouvoir observer des artistes Maoris qui sculptaient le jade ou le bois lors de mes voyages et dans cet institut c’est la technique ancestrale qui est enseignée aux étudiants. À chaque fois que j’ai vu travailler ces sculpteurs, j’ai été impressionnée par la finesse de leurs gestes et par l’intensité qui se dégageait leurs œuvres.

Le Tane Mahuta « kauri » a été baptisé le Seigneur de la forêt par les Maories. Cet arbre serait selon la cosmologie de leurs ancêtres, l’enfant de Papatuanuka « la Terre mère » et de Ranginui « le Père ciel ». Le kauri est un arbre endémique de la Nouvelle-Zélande, il peut mesurer jusqu’à 50 mètres de haut et peut avoir une circonférence de 3 mètres.

Les plus anciens spécimens ont environ 2000 ans et le Tane Mahuta est l’un des plus majestueux encore présent sur la terre. Ces arbres remontent à des temps très anciens et selon les dernières recherches scientifiques, le kauri serait un des vestiges du légendaire continent Gondwana qui s’étendait dans tout l’hémisphère sud. C’était à l’époque où la terre n’avait que deux continents.

De nombreux fossiles découverts dateraient de plus de 220 millions d’années. La dernière demeure naturelle des kauris est la forêt de Waipoua dans l’île du nord et elle est protégée par le Department of Conservation. Ce joyau végétal est toujours vénéré par les Maoris et sa résine donne un ambre jaune clair et transparent que l’on peut retrouver sous forme de bijoux.

Les Maoris sont en plus grands nombres dans l’île du nord et il m’a semblé que la cohabitation avec les Kiwis était plus facile et cordiale à chacun de mes voyages. Naturellement, cela me fait un grand plaisir et me donne de l’espoir pour des résolutions possibles entre les nombreux conflits qui existent toujours entre plusieurs peuples sur la planète.

Je me souviens qu’à mon premier voyage, j’avais assisté à une cérémonie dans un de leur village. Nous étions un petit groupe qu’un Maori était venu chercher et il nous avait emmenés à l’une de leur fête traditionnelle.

Une fois arrivée dans leur sanctuaire, le chef avait demandé s’il y avait des personnes qui voulaient participer à la cérémonie. Malgré ma crainte de faire une gaffe, j’avais accepté l’invitation et j’étais allée retrouver les Maoris qui commençaient les rituels quand est venu le moment de se faire les salutations, le hongi, où on se touche le bras tout en se pressant le nez sur celui de l’autre en se regardant dans les yeux ou en les fermant. Naturellement, j’étais un peu gênée et après avoir salué les quatre guerriers, j’ai voulu retourner à ma place dans le groupe. Malencontreusement, j’avais oublié de saluer les femmes et j’ai eu peur de les avoir offensées.

Je me sentais un peu honteuse et je me serais bien cachée sous une roche, mais heureusement elles ont toutes souri de mon erreur. Il est sans doute important de souligner que durant les cérémonies ces messieurs ne portent qu’un cache-sexe, je crois que cela m’a sans doute aidée pour avoir l’indulgence de ses dames…


LE PLATEAU CENTRAL


J’avais choisi de m’installer près du lac Taupo, car c’est un endroit que j’aime et qui est une base intéressante pour visiter la région. Il est le plus grand lac de la Nouvelle-Zélande avec 48 kilomètres de long et il a été formé par une forte éruption volcanique. La plus violente que la terre ait connue il y a environ 5000 d’années. Il semblerait que des nuages de poussière volcanique ont été perçus jusqu’au-dessus de Rome et de la Chine.

Sur la rive sud du lac Taupo se dressent les volcans Tongarino, Ngauruhoe et Ruapehu; ce dernier est le plus actif des trois. Il y a eu des activés au moins 60 fois durant les 60 dernières années. La dernière éruption majeure fut en 1996 et ce volcan se trouve dans le parc national de Tongarino.

Le lac Taupo est aussi un paradis pour les pêcheurs, car il y a de la truite mouchetée et de la truite brune. Nous retrouvons également de la pêche au saumon en Nouvelle-Zélande.

Le saumon est le poisson qui est considéré comme étant le roi des rivières. Au Québec, il y a plusieurs années, j’ai eu la chance d’attraper un saumon de plus de 6 kilos et 10 mètres de long dans la rivière Saint-Jean en Gaspésie. Si je me souviens bien, cela m’avait pris presque 45 minutes pour le sortir de l’eau. Une fois que je l’ai entre dans mes mains, je l’ai caressé et lui ai adressé une prière de remerciement selon les rituels des peuples indigènes. Je n’oublierai sans doute jamais ce moment de relation intime avec cet animal qui m’a fait don de sa vie pour me nourrir. Je remercie encore aujourd’hui l’ami qui m’a permis de vivre une telle expérience. Je crois que lui aussi a été très surpris que je puisse attraper un tel poisson à mon premier jour de pêche.

Le parc de Tongarino a été le premier endroit au monde à être baptisé comme parc. Il a été créé en 1894 et il fait partie du patrimoine de l’UNESCO; il est le 4e à voir au monde sur leur liste. Il est des plus fascinants, mais malheureusement les conditions météorologiques très variables de cette région ne m’ont pas permis d’y retourner durant ce voyage. Je n’ai pu réellement réussir à visiter ce merveilleux endroit qu’en 2011 et c’est dans ce lieu qu’on retrouve la montagne sacrée, Maunga Tongarino.




Tongarino maunga tapu, parc national Tongarino, 01-2011
Photo, France Valiquette


Tous les ans, les Maoris font des rituels afin de rendre hommage à la maunga tapu, un lieu extrêmement sacré pour ce peuple. J’ai vu cette montagne se colorer progressivement de rouge durant un coucher de soleil. Une dame maorie m’a expliqué que ce caprice de dame Nature se produisait seulement de 3 à 4 fois par année. Ce soir-là, il y avait une luminosité indescriptible et c’est un moment magique que j’ai partagé avec un Français, grand voyageur qui était tout aussi émerveillé que moi de cette faille d’un court instant entre deux mondes.




La rivière Waikato, 11-01-2016
Photo, France Valiquette


La Waikato est le cours d’eau le plus long de la Nouvelle-Zélande et prend sa source dans le lac Taupo. Il se jette du haut des chutes de Huka Fall. Les couleurs de cette rivière peuvent passer du bleu saphir à l’indigo puis se retrouver plus en amont de la couleur du jade ou de l’émeraude. Il y a un sentier qui longe la Waikato et on peut en environ une heure retrouver le Spa Road, si on le désire.

La veille de mon départ en fin d’après-midi, j’ai trouvé cet endroit, c’était un dimanche et il y avait beaucoup de monde. Le lendemain matin avant de reprendre la route vers Auckland, je suis retournée à la Huka Fall.

En arrivant, j’ai pu voir les premiers rayons de soleil qui pénétraient les entrailles de la rivière et j’ai entendu le vent me souffler : « L’esprit de la awa Waikato aimerait que tu reviennes un jour et que tu prennes plus de temps auprès d’elle, et peut-être alors, que la awa accepterait te partager certains de ses secrets »...

La Nouvelle-Zélande est une contrée remplie de contrastes et de beautés sauvages inestimables où sommets, forêts, volcans, déserts, glaciers et plages se dévoilent devant nous. Ces îles sont habitées par une énergie parfois divine, si différente de tout ce que l’on peut avoir déjà senti qu’elles ne laissent presque personne indifférent à ses paysages somptueux et indéchiffrables. Ils nous font presque croire que si le paradis terrestre a déjà existé, cela ne pouvait être que dans ces lieux…



France Valiquette



Nouvelle Avril 2016.


Nouvelle-Zélande, Partie 3


L’aventure se poursuit sous un soleil radieux vers les régions et de Marlborough et Nelson. La route est pittoresque et mon parcours oscille entre les montagnes et la mer. J’avais déjà sillonné ces routes et cela me rendait le voyage plus facile même si je devais conduire durant plusieurs heures. Le vent chassait les nuages sur mon passage, le firmament était bleu et je me sentais libre et heureuse.




Arbrisseau sauvage de Manuka
Photo France Valiquette, 31-12- 2016


Chemin faisant, j'ai aperçu une petite enseigne qui annonçait « Miel de manuka à vendre ». C’était vraiment mon jour de chance, car j’espérais pouvoir trouver ce merveilleux nectar directement chez l’apiculteur.

Le miel de manuka a été reconnu scientifiquement en 2015 comme ayant des agents actifs antibactériens. L’activité antibactérienne que l’on retrouve dans ce miel varie selon les UMF. Plus le niveau de methyglyoxal est élevé et plus l’activité antimicrobienne est active. Le prix va varier selon la concentration des UMF. Vous trouvez sur l’étiquette par exemple UMF+20 ou active +20.

On retrouve ces arbrisseaux sauvages en Nouvelle-Zélande, Australie et Tasmanie. Le peuple des Maoris considère depuis fort longtemps cette fleur comme une plante noble et guérissante. Lors de mon premier voyage en 2004, je m’intéressais déjà à cette fleur et c’est de cette façon que j’ai connu ce miel divin.

Les comtés de Marlborough et de Nelson se trouvent dans le nord de l’ile du sud où le taux d'ensoleillement selon ses habitants est le plus élevé. On y retrouve également une grande quantité d’arbres fruitiers. Nous pouvons déguster en saison des fruits cueillis sur l’arbre comme des kiwis, abricots, cerises, framboises, bleuets, mures, « boyberry », pêches, pommes ainsi que des légumes fraîchement récoltés, un véritable délice. Leurs vignobles sont des productions durables à 90% et plusieurs de leurs vins sont excellents, particulièrement le vin blanc.

Leurs fromages de brebis, de chèvres et de vaches sont délicieux et facilement digestibles. Pour les gens qui apprécient la viande d’agneau, elle est succulente et à prix abordable. Les troupeaux d’animaux vivent librement souvent à flanc de montagne ou près de la mer.

Durant tout le voyage, je me suis régalée d’aliments sains, pleins d’énergie que je cuisinais ou bien que je dégustais au restaurant.

Les Néozélandais sont fiers de leur culture. Leur terre est riche en minéraux et le développement écologique est important pour eux. C’est un pays qui a souvent été avant-gardiste dans beaucoup de domaines, entre autres parce que les femmes ont obtenu le droit de vote en 1894.

J’ai passé plusieurs jours dans l’Abel Tasman National Park. Dans ce parc se trouve la Golden Bay qui est un endroit protégé par l’UNESCO depuis plusieurs années. Quand j’ai vu le soleil envelopper les parois rocheuses, alors j’ai pensé à d’immenses lingots d’or en fusion qui descendaient se purifier dans l’océan de la baie.

Mes pieds glissaient dans le sable doré et l’eau du pacifique miroitait d’une ombre passant de l’éclat de l’émeraude à celui du saphir. Cela m’a chaviré le cœur et rendue profondément reconnaissante à la vie de connaître cet endroit de rêve.




Éléphant de mer, Kaikoura
Photo France Valiquette, 04-10-2016


La région de Kaikoura est peuplée de grands mammifères marins. La profondeur des eaux et la rencontre de courant marins chauds et froids attirent ses prédateurs, car ils font remonter à la surface les proies dont ils se nourrissent.

Cet éléphant de mer dégageait une odeur qui ne m’était pas inconnue et son regard me fascinait. Quand je l’ai aperçu seul allongé sur la rive, alors j’ai eu peur qu’il soit mort. J’ai pu l’observer tranquillement pendant une bonne vingtaine de minutes et même faire un court vidéo. Il m’a impressionnée et tout en le regardant, je pensais à ces lointains cousins que j’avais eu la chance d'observer en Afrique.




Grand Dauphin, Kaikoura
Photo, France Valiquette, 05-01-2016


Je suis partie tôt en matinée sur un petit bateau pour aller observer les dauphins. La veille, j’avais eu de la difficulté à obtenir une place pour cette excursion et je crois que c’est parce que je suis Canadienne qu’ils ont finalement accepté de me prendre. J’avais opté pour une compagnie avec une vision écologique et ces gens semblaient choisir leur clientèle. J’ai réussi à avoir la dernière place pour l’excursion de 8 heures, c’est le meilleur moment de la journée pour observer les dauphins sur la côte est de l’île.

Heureusement que j’ai le pied assez marin, car la mer était agitée et j’ai dû faire quelques acrobaties pour réussir à prendre des photos intéressantes. Encore une fois, la nature m'a choyée; nous avons pu observer trois espèces de dauphins : le Grand Dauphin à bec court, le dauphin Obscur ou à front blanc et le dauphin Hertor.

Il y a plusieurs années, j’avais déjà fait une croisière pour voir les dauphins et l’amie qui m’accompagnait durant ce voyage voulait nager avec eux, mais ce ne fut pas possible. Il y avait un dauphin qui venait de naître quelques heures plus tôt, selon le capitaine. Il avait décidé d’annuler la sortie des nageurs afin de ne pas risquer que la mère délaisse son bébé pour venir nager avec les humains.

J’avais aimé mon expérience, mais à cette époque, je n’avais pas la même sensibilité qu’aujourd’hui même si j’aimais depuis toujours les animaux. Ce sentiment a grandi avec les années et maintenant il me permet de mieux sentir et comprendre leur monde.

Durant notre voyage de retour vers la côte, je suis restée sur le pont arrière du bateau même si j’avais les pieds et le pantalon tout mouillés. Je suis montée sur une petite estrade et me suis laissée valser sur le rythme des vagues pendant que j’observais un albatros royal. Je m’imaginais à ses côtés ayant sa force et son agilité survolant l’océan, comme quand j’étais petite et que je rêvais de voler comme une hirondelle.




Kaikoura
Photo, France Valiquette, 06-01-2016


Il semble que Kaikoura serait un des seuls endroits au monde où l’on peut voir des montagnes, la mer et un glacier à travers un même regard.

Le propriétaire de l’établissement où j’habitais avait étudié la langue française et il aime bien les Canadiens. Son frère avait séjourné au Québec durant quelques années et il était venu le visiter quelques fois. Il m’a donné une de ses meilleures chambres, elle avait une porte-fenêtre avec une vue sur le glacier et de la fenêtre de la cuisinette, à l’aube, je voyais le soleil sortir de l’océan. Le peu de fois où j’ai pu vivre des levers de soleil de cette intensité, je me suis toujours dit que c’est sans doute cela un miracle…



France Valiquette
La quatrième partie sur la Nouvelle-Zélande se passera dans l'île du nord dans la prochaine nouvelle au mois de mai.



Nouvelle Mars 2016.

Nouvelle-Zélande, Partie 2




Franz Josef Glacer, 25-12-2015
Photo, France Valiquette


Nous étions le 24 décembre 2015 et je roulais sur la route dans le parc national de Westland Tai Putini. On y trouve les sommets les plus élevés des Alpes néo-zélandaises dont les glaciers Franz Josef et Fox en sont les plus imposants.

J’avais loué un chalet au pied d’une montagne à une quinzaine de minutes du village. La nuit du réveillon de Noël était un soir de pleine lune. Au-dessus de la montagne, le ciel de l’hémisphère sud s’est coloré de filaments rosés vers vingt-trois heures et j’ai vu apparaître l’astre lunaire scintillant comme un diamant que l’on vient de polir, je croyais rêver.

Ce fut un moment grandiose et magique et j’ai remercié Saint-Nicolas de sa générosité en me demandant, si j'avais bien mérité un cadeau aussi émouvant de l’univers.

Le lendemain, un soleil radieux m'attendait quand j’ai emprunté le sentier que m’a conduit jusqu’au glacier Franz Josef. L’air était pur et la luminosité enveloppante, nous étions peu de gens qui montaient vers le glacier, j’étais presque seule, quel bonheur. Les Kiwis sont de grand adaptent de pleins airs, mais ce matin-là, ils faisaient la grâce matinée, probablement un verre de vin ou une bière de trop pour certains.




Arthur’Pass National Park Ka Tiritiri o te Moana, 28-12-2015
Photo, France Valiquette




Le peuple maori associe la grandeur de la nature avec leurs ancêtres. L’histoire de cette chute reflète pour eux le lien inséparable entre la Nature et l’Homme dans le monde.

J’ai eu le privilège d’avoir une bonne vingtaine de minutes, seule avec l’énergie des lieux, au pied de ce site grandiose. J’ai eu le temps de pouvoir imaginer les premiers Maoris se recueillant dans cet endroit divin quand ils le découvrirent pour la première fois cette chûte.

Arhurs’Pass est un minuscule village situé dans les sommets, il est entouré de montagne et de glaciers. Les touristes passent, mais c’est seulement les grands amoureux de la nature qui demeurent quelques jours dans ce paradis.

Chaque fois que je me rends dans cet endroit, je sens une paix absolue en moi durant tout mon séjour. Les gites sont rustiques, mais accueillants et le paysage sauvage est d’une beauté et d’une grâce absolue.




Bealey trail, 29-12-2015
Photo, France Valiquette


Un jour, en revenant vers ma voiture après une randonnée matinale, j’ai aperçu un homme qui étendait une tente sur le haillon de sa voiture pour la faire sécher.

Et puis, j’ai entendu une voix de femme douce et calme qui expliquait à son petit garçon en langue française qu’elle n’avait pas appréciée son dernier comportement. Elle s’éloignait avec lui en déposant une main sur son épaule pendant que le garçonnet lui parlait à voix basse.

J’ai salué avec un air compatissant l’homme qui les regardait du coin de l’œil. Il m’a souri et s’est mis à me raconter qu’il avait mal choisi l’emplacement pour installer leur tente et que le terrain de camping avait été inondé durant la nuit parce qu’il avait plu des cordes. Ils avaient dû transporter les enfants dans la voiture où toute la famille avait dormi jusqu’au matin.

Pendant que l’on bavardait, sa conjointe, Josée vint se joindre nous avec leur fils qui avait retrouvé son sourire ainsi que sa mère.

Ils me racontèrent qu’ils étaient partis en voyage pour six mois. Ils avaient travaillé deux ans dans le nord de l’Alberta dans les montagnes, elle était enseignante et lui mécanicien. Ils avaient décidé de partir courir le monde avec leurs enfants plus tôt que s’acheter une maison dans cette région qu’ils avaient pourtant bien aimé.

Ils étaient arrivés récemment en Nouvelle-Zélande et me posaient plein de questions sur le pays. Le garçon qui devait avoir facilement huit ou neuf ans m’écoutait avec grand intérêt et je voyais ses yeux pétiller de curiosité pendant que je leur parlais de ce merveilleux pays. Sa jeune sœur s’était rapprochée de nous et jouait tranquillement.

Nous avons eu un partage de valeur et de liberté comme j’ai rarement l’occasion de le faire dans ma vie.

Je trouvais que ses enfants étaient vraiment privilégiés de pouvoir découvrir la vie sur notre planète et dans le cosmos tout entier avec leur parent pour les guider.

Josée et Paul pourront ainsi leur permettre de continuer à s’ouvrir à toute la biodiversité et apprendre à s’adapter plus facilement aux différents évènements qu'ils auront à vivre dans leur existence.

Toute la famille doit rentrer au Québec au mois mars. J’espère que leur retour s’est bien passé et qu’ils garderont leur esprit libre et aventureux. Leur rencontre m’a profondément ému et je les ai fortement encouragés à continuer à transmettre leurs valeurs à de leurs enfants, ce qui pourra peut-être aider le monde à devenir meilleur…



Troisième partie du pays du « Long nuage blanc » dans la prochaine nouvelle de mois d’avril.

France Valiquette



Nouvelle février 2016.


Nouvelle-Zélande

Je m’étais déjà rendue trois fois en Nouvelle-Zélande et le 12 décembre, jour de mon anniversaire, j’ai pris l’avion vers ce pays que les Maoris ont surnommé « Le pays du long nuage blanc » et les Anglais « The last paradise ».

Quand j’ai aperçu dans l’aéroport d’Auckland la magnifique sculpture maorie, mon cœur a fait un bond dans ma poitrine et un courant de chaleur s’est répandu dans tout mon corps. Plus je voyage, plus je conscientise comment il est important de vivre en harmonie et d’être porteur de paix.

Depuis mes safaris dans la Luangwa, la brousse africaine m’a permis d’enlever un voile qui m’empêchait d’être ce que je suis vraiment. Maintenant, je me sens solide et prête à accueillir tout ce que voudra m’apprendre et me donner la vie.

Deux jours plus tard, je m’envolais vers l’île du sud où je voulais passer la plus grande partie de mon voyage. Les premières heures où je conduis la voiture sont plutôt stressantes, car je dois rouler à gauche selon leur code routier. Plusieurs routes sont étroites et souvent en col de montagne, mais je savais déjà que ce que je verrais serait bien au-delà de la beauté.

La région de Waitaki

Elle se trouve dans l'île du sud sur le Pacifique près des Southern Alps.




Plage de Koekahe, les Moeraki Boulder
Photo, France Valiquette, 18-12-2015


Ces pierres lisses et rondes peuvent atteindre deux mètres et peser jusqu’à sept tonnes. Certaines d’entre elles ressemblent à des œuvres d’art ou bien à des carapaces de tortue. Quelques pierres sont fendues et leur intérieur évoque des oeufs fossilisés. Il y a des squelettes de dinosaures qui ont été retrouvés à proximité, alors les légendes vont des œufs de dinosaures aux extraterrestres.

Selon les scientifiques, une érosion de 60 millions d’années dans le sable aurait permis de donner ses figures géométriques d’une telle perfection. Malgré de nombreuses recherches, plusieurs zones grises restent encore à éclaircir sur ses étranges pierres et leur mystère continue d’être transporté par les marées.




Plage Bushy, otarie à fourrure
Photo, France Valiquette, 19-12-2015


Près d’Oamaru nous retrouvons une grande colonie de pingouins bleus et un soir, j’ai bien aimé les voir arriver par bandes après le coucher du soleil.

J’ai eu la chance avec des jumelles de pouvoir observer toute la grâce et l’agilité d’une otarie à fourrure dans l’eau. Celle que vous apercevez sur la photo venait tout juste de sortir de l’océan. J’ai été absolument émerveillée par ses caramboles dans les vagues.


Le parc national du Fiorland

Selon la légende des Maoris, le Doubtful, le Milford et les autres fiords ont été créés par un personnage divin, Patea. En brandissant une hache magique et en prononçant des incantations Tu-Te-Raki-Whanoa, Patea aurait façonné un long bras de mer sinueux qui pourrait servir de refuge à son peuple en cas de tempête.




Le Milford Sound, Pic Mitre
Photo, France Valiquette, 21-12-2015


En 1986, le parc national du Fiordland a été classé patrimoine mondial par L’UNESCO pour ses caractéristiques naturelles hors du commun, sa beauté exceptionnelle et son rôle en tant qu’exemple dans l’histoire de l’évolution de la planète.

La route vers le Milford Sound est un ravissement pour l’œil pour les amoureux de la nature, mais demande prudence et doigté au volant.

Les formes du Milford sont étranges, ses falaises qui s’érigent et se fondent dans les eaux sombres. Les pics montagneux qui semblent toucher le firmament, ainsi que certaines de ses cascades d’eau qui peuvent avoir plus de 1,000 mètres et se multiplier quand il pleut.

J’ai choisi une croisière écologique. Nous avions plus de temps pour l’observation et le guide était un biologiste passionné et chevronné avec beaucoup d’humour. C’est une qualité que l’on retrouve souvent chez les Kiwis.

L’observatoire Cove est sous-marin et nous y accédons par bateau. Après avoir descendu les 60 marches de la plate-forme, nous voyons la lumière pénétrer dans les eaux apparemment sombres du fiord. Nous pouvons entre autre y admirer des coraux noirs, des pieuvres à onze branches et bien d’autres merveilles des fonds marins de cette région protégée du globe. J’ai eu un peu l’impression d’être à l’intérieur d’un sous-marin et que la mer acceptait de me dévoiler une partie de ses secrets.




Le Doubtful Sound
Photo, France Valiquette 01-2005


Je suis allée dans ce fiord durant un précédent voyage. C’est une expédition qui est assez complexe et dispendieuse.

L’aventure commence au lac Manapouri. Nous traversons ce grand lac parsemé d’îles, ensuite nous faisons un trajet en autobus qui passe par le col de Wilmoot Pass vers le Dee Drove et nous rejoignons un autre bateau qui nous emmène sur le fiord. Durant ce déplacement, chemin faisant, nous y découvrons une magnifique vue en coupe de la vie sauvage.

Le Doubtful est le deuxième plus grand des 14 fiords du parc Fiordland. Le fiord abrite des dauphins et des otaries pour la plupart. Nous y retrouvons aussi l’une des plus rares espèces de manchots, le gorfou du Fiordland ou tawaki ainsi que le manchot pygmée, le plus petit de leur race. Nous pouvons souvent voir le Grand dauphin, il fait partie des plus gros spécimens connus de leur espèce. Leur dos est gris foncé glissant vers le blanc dans la région ventrale. J’ai eu pu observer ce dauphin dans mon dernier voyage dans une autre réserve marine.

Nous sommes entourés par une forêt tropicale tempérée où on y rencontre une multitude d’oiseaux que j’ai eu la joie d’entendre chanter quand le capitaine a coupé les monteurs du navire.

Durant cette excursion, j’avais eu également le plaisir de rencontrer deux charmants Californiens dont l’un parlait fort bien la langue française et dont la mère avait le même prénom que moi… Deux amoureux de la nature.

Le Doubtful Sound à une énergie saisissante ayant conservé une pureté originelle qui vous prend jusque dans les tripes. Encore aujourd’hui, je peux fermer les yeux et sentir la douce brise marine sur ma joue qu’il y avait ce jour-là.




Le Lac Te Anau, 22-12-2015
Photo, France Valiquette


Avant de quitter cette région, je suis allée dans les grottes de Te Anau qui ne sont accessibles elles aussi que par bateau. J’avais déjà visité des grottes en Nouvelle-Zélande et dans différents pays, mais cette excursion m’a permis de comprendre davantage pourquoi l’eau est un véritable joyau de ce monde à différent niveau.

Dans ces grottes, j’ai pu observer les eaux tumultueuses qui sculptent les formations des rochers et des rivières souterraines avec des chutes naturelles. Dans l’obscurité silencieuse de la grotte, bien installée, dans une petite barque, j’ai glissé sur les eaux et admiré l’incandescence fragile de milliers de minuscules vers luisants. À ce moment, j’ai eu le sentiment profond que ce court instant me ramenait au début du monde…



La suite du pays du « Long nuage blanc » dans la prochaine nouvelle au mois de mars.


France Valiquette



Nouvelle février 2015.




Pilar point, Californie 2015

La grande Déesse des océans, la Vague.

Lors de ma dernière aventure en Californie, j’ai découvert les différents visages que peut avoir une Vague. Je me demande comment j’ai pu pendant si longtemps les regarder sans véritablement les voir et les comprendre.

Durant une belle journée où je contemplais la mer, le vent est venu à mon secours et j’ai appris à connaitre mieux la Déesse de l’océan. Les heures ont passé et puis le soleil est descendu sur la mer et a projeté ses rayons à travers ses formes si élégantes, et j’ai pu saisir davantage ce qu’elle était vraiment.

Le feu éclairait ses entrailles et le souffle coupé avec les larmes aux yeux, j’ai senti et vu la puissance de son énergie. J’ai compris alors qu’elle faisait sans doute partie du grand attachement qu’ont les marins pour la mer.

Elle commence quelque part dans le milieu de l’océan et sa volonté de vivre l’amène à s’exprimer avec intensité, rage, folie, ainsi qu’avec une douceur indescriptible digne d’une caresse de l’Être aimé. Son langage est si difficile à décoder, il enchante nos oreilles ou bien cela crée l’inverse, leurs sons font ressortir du plus profond de nos entrailles, l’angoisse et la peur.

J’ai passé de nombreuses heures avec Elles afin de me laisser lentement pénétrer de leur énergie. J’ai tenté dans le plus grand respect de prendre des photos qui donneraient un visage de ce qu’elles sont véritablement…

Le 24 décembre 2014, la Vaque surnommée Marwick est venue s’écraser sur la plage de Pilar Point en Californie. Elle avait plus 15 pieds de haut selon les experts de la région. Un garde-côte m’a montré sa photo. Elle était tout simplement sublime.

Chaque Vague est unique et quand elle arrive à la fin de sa grande traversée et qu’elle s’écrase sur une plage ou un rocher, la Déesse des océans rend son dernier soupir.



    France Valiquette



Nouvelle janvier 2015.


  Les 85 ans de Peggy ont déjà sonné depuis un bon moment. Elle est née dans le Massachusetts et puis un jour elle est partie étudier en France pendant plusieurs années. Peggy vit maintenant en Californie et j’ai eu le privilège de passer un moment inoubliable dans sa petite maison qui est située sur une pointe de terre élevée qui s’avance dans la mer. Elle a un grand jardin avec des fleurs dont elle prend soin avec tendresse en respectant les lois de la nature dans ce qu’il y a de plus beau.

Peggy vit dans une grande simplicité. La vivacité de ses souvenirs et sa vision de la vie m’ont profondément touchée. Elle a un mur rempli de livres dont certains sont très vieux et elle est particulièrement fière de sa collection de bouquins français.

La partie de la maison que j’ai le plus aimée se trouve au deuxième étage. Tout en haut de l’escalier, il y a une pièce dont le centre est vide et le sol est recouvert d’un tapis blanc. Dans le coin nord de la chambre se trouve une cheminée que Peggy alimente certains soirs d’hivers avec des branches mortes d’arbustes. À l’autre extrémité qui se situe plus vers l’ouest, nous y voyons le plafond qui descend et nous y apercevons son lit bateau. Devant lui, nous y retrouvons une grande fenêtre, qui s’ouvre sur le Pacifique.

C’est extraordinaire, elle ferme les yeux sur les étoiles et les ouvre sur l’océan.

Je souhaite au plus profond de mon cœur à cette Femme d’exception qui a été une pionnière de sa génération et qui a vécu des moments difficiles et parfois même périlleux de terminer ses jours dans la sollicitude et la douceur. Elle a choisi de finir sa vie au rythme de la nature et je pense qu’un jour, elle fermera les yeux sur le firmament et que la mer emportera son âme au plus profond de ses entrailles.

Peggy, je te remercie de m’avoir accueillie chez toi et de m’avoir partagé qu’il est toujours possible dans ce monde tourmenté de vivre à toutes les périodes de notre existence en paix avec l’univers.


France Valiquette


La photo a été prise par Rob Cala qui est photographe et un ami de Peggy
www.robcalamedia.com



Nouvelle décembre 2014.


En Afrique, un ami rêve de pluie.

J’ai reçu un courriel de François. Il demeure depuis plus de trente ans en Afrique. Il m’écrivait ceci : « Les pluies ne viennent pas et nous en avons vraiment besoin. Les saisons ne sont plus normales depuis 3 à 4 ans à cause du réchauffement. » Il s’inquiète, car la saison des moussons débutait généralement à la mi-novembre et se terminait en avril. Dans les dernières années, les pluies viennent plus tard et se terminent plus tôt. Les changements climatiques sont difficiles à vivre pour la faune et ses habitants… les hommes, les animaux et la végétation.

J’aime penser que plusieurs d’entre vous ont commencé à vraiment réaliser les préjudices que le réchauffement de la planète a créés à travers le monde. J’aime penser que vous allez choisir de faire des changements dans votre façon de vivre, afin que nous puissions conserver un certain équilibre saisonnier et éviter ainsi une destruction de plus en plus grande de notre mère la Terre.

Chaque humain a le pouvoir de créer la vie plutôt que de la détruire. Je vous invite à retrousser vos manches, à prendre votre courage à deux mains et à être parmi ceux qui respecteront et protégeront les différentes formes de vie du cosmos.

Un engagement simple qui s’exprimera dans des gestes journaliers qui nous donnera une meilleure qualité de vie et qui nous apportera l’espoir que la conscience universelle existe toujours dans l’humanité.

Je vous souhaite un Noël de tendresse et de douceur. Une nouvelle année où votre engagement sera profond et durable, afin que de tous les coins du monde, l’Europe, l’Asie, l’Océanie, l’Afrique et l’Amérique, chacun d’entre vous puissiez faire votre part pour ralentir le réchauffement de la Planète et ainsi retrouver un certain équilibre climatique.







   France Valiquette



Nouvelle août 2014.


Le Seigneur de la brousse, le Léopard
Mai 2014, Luangwa Park, Zambie

En mai dernier, je me suis rendue en Afrique, plus exactement en Zambie. J’ai passé 14 jours dans la brousse africaine. Ce fut le voyage le plus intéressant et l’aventure la plus extraordinaire de toute ma vie.

J’ai découvert cette magnifique région à travers le livre « Au cœur de l’Afrique » de François D’Ebée. J’ai connu François il y a plusieurs années à Paris. À cette époque, il était guide de safari en Tanzanie et ensuite il est devenu photographe et écrivain. Il vit en Afrique depuis plusieurs années et il est maintenant installé en Zambie. Nous avons repris contact et ce qu’il me raconte sur cette partie du globe me fascine et me remplit de joie.

Un matin, durant mon séjour dans la Luangwa, je me suis engagée avec Roger Shawa à écrire l’histoire de mon safari. Il était mon guide et nous sommes devenus de bons amis. Il m’a appris comment les Zambiens aiment s’assoir près d’un feu et écouter des histoires. Roger a plus de vingt-cinq ans d’expérience dans les savanes de différents pays africains. Il connait la vie des animaux, les origines des arbres et la valeur thérapeutique des plantes. Depuis que je suis rentrée de voyage, je me suis mise au travail et j’ai beaucoup de plaisir à me remémorer mes souvenirs et à les écrire. Je veux partager avec mes lecteurs cette incroyable aventure qui m’a amenée certains matins à toucher presque la pureté originelle de la Terre et des Ciels de nuit où j’avais l’impression de ne plus exister.

Le titre sera : « Un Rêve devenu réalité - Un Safari en Luangwa »

   France Valiquette



Nouvelle janvier 2014.


Voyage Californie décembre 2013


Pescadero beach, Californie

Ce fut un voyage des plus intéressants avec une température idéale, un peu au-dessus des moyennes saisonnières. J’ai vécu également des moments où la vie m’a plongée dans un univers tout à fait mystique… Une des premières étapes de ce voyage a été San Simeon et je vais vous parler des Éléphants de mer qui se réunissent sur la plage près de ce village côtier. C’est la saison de l’accouplement de novembre à février. Les mâles viennent du Canada et sont nettement plus gros. À l’âge adulte, ils mesurent entre 14 à 16 pieds et leur poids atteint 3000 à 5000 livres, tandis que les femelles vivent dans les eaux territoriales américaines ; elles mesurent de 9 à 12 pieds et pèsent 900 à 1800 livres. Malheureusement dans les derrières années, la pollution affecte souvent leurs voies respiratoires et les éléphants de mer ont de plus en plus souvent des blessures graves qui sont causées par des dépris qui se retrouvent dans l’eau. Dans mes derniers voyages, j’ai pu observer certaines de leurs blessures et entendre leurs difficultés respiratoires.



Lions de mer


Point Lobos


Un de mes endroits favoris sur la côte ouest est la réserve de Point Lobos qui est sur la liste des Trésors nationaux depuis 1968 et a été promu au rang de Réserve écologique en mai 1973. Point Lobos accueille plus de 250 espèces d’oiseaux et d’animaux et abrite également plus de 300 espèces de plantes et végétaux. C’est un endroit grandiose avec une énergie forte et dense qui nous pénètre et nous laisse croire que l’homme est encore capable de chérir les enfants de Dame nature...



Gravity Garden, Jim Needham, artist

Jim aime travailler avec l’énergie des pierres sans rien contrôler. Il laisse l’énergie amener progressivement ses mains à suivre la loi de la gravité, ce qui lui permet de donner vie à d’incroyables sculptures. C’est un endroit paisible, même si la route historique passe tout près de ce jardin. Pour ceux qui ont lu mon deuxième livre « Arizona; Mercedes Leroyer, partie2 » cela leur fera peut-être penser à un certain passage sur une massa des indiens Hopis où j’aborde la mémoire ancestrale des pierres. J’ai passé un moment merveilleux dans cet endroit et j’ai la ferme intention de retourner à nouveau méditer dans ce jardin. www.rockstoker.com



Point Ano Nuevo

Ce jour-là, les vagues dégageaient une telle puissance que j’ai commencé par aller m’assoir en retrait et regarder monter la marée afin de pouvoir maitriser la chamade de mon cœur. Progressivement, j’ai réussi à retrouver ma quiétude et ensuite, je me suis avancée vers elles tout en pensant aux surfeurs. Certains d’entre eux réussissent à faire corps avec les vagues et je trouve cela très touchant de voir un humain en harmonie avec cette grande force de la nature. Un peu au nord de Half Moon Bay, vous arrivez à Marverick’s Point où vous trouvez régulièrement des vagues de 7 mètres de hauteur, elles se forment et cassent à environ 1 kilomètre des côtes. Après une violente tempête dans le Pacifique nord, parfois certaines vagues peuvent atteindre jusqu’à 15 mètres et seulement quelques surfeurs chevronnés réussissent à glisser sur elles.

Le voyage s’est déroulé dans un esprit écologique, en commençant par la voiture, l’eau, la nourriture… L’écologie est en soi une façon de vivre, alors, c’est de ne pas… dépenser de l’énergie dans des émotions négatives, gaspiller notre vie pour des chimères impossibles, se nourrir d’illusions. La Paix, la Joie, l’Amour me semblent de bons ingrédients pour vivre notre existence écologiquement.



   France Valiquette



Nouvelle décembre 2013.


La Paix

Un des premiers à parler de la paix a été un certain Jésus de Nazareth. Un homme étrange que l’on considérait comme un illuminé. En cette période trouble de la Galilée, certains dirigeants avaient peur de son influence sur le peuple. Plus tard, Saint-Augustin considérait les véritables guerriers comme les gardiens de la paix.

L’idée du pacifisme a pris naissance au 16e siècle; cette nouvelle philosophie voulait dire : apprendre à vivre dans la non-violence. Malgré la bonne volonté de certains peuples, les hommes continuèrent à s’entre-tuer, afin de pouvoir continuer à défendre leurs fausses croyances.

Et puis, Sigmund Freud a développé la théorie que la guerre commence à l’intérieur de nous, au moment où l’homme se laisse dominer par ses instincts de mort. Quand l’homme est ramené dans ses conflits intérieurs, il peut revenir à certains comportements primaires. De nouveau, il se laisse aller à vouloir contrôler les plus faibles, les démunis et tous ceux qui leur semblent différents et il peut aller parfois jusqu’à les anéantir. Sa croyance étant; que s’il a l’impression de dominer l’autre, il sera le plus fort et donc plus en danger.

La Deuxième Guerre mondiale s’est terminée par la destruction d’Hiroshima lors de la première explosion nucléaire, alors la planète entière a réalisé toute l’étendue de la catastrophe. L’instinct de survie a de nouveau émergé des entrailles de l’homme et un mouvement vers la paix universelle a soufflé sur le monde.

Depuis ce jour, il demeure une certaine conscience collective sur la nécessité de la paix dans le monde, mais elle est constamment fragilisée et menacée par le terrorisme ainsi que les différents conflits entre les religions et les croyances.

Que nous regardions d'un point de vue psychologique ou spirituel, rapidement nous réaliserons que le pacifisme commence à l’intérieur de chacun d’entre nous. L’Idée même du pacifisme débute dans nos pensées, nos paroles, nos gestes quotidiens. Le pouvoir de la Pensée est insoupçonnable et peut aider chacun d’entre nous à choisir celle de l’espoir, de la vie au lieu de celle de la destruction et de la mort. La force de cette Pensée nous amènera progressivement vers des solutions à notre propre conflit intérieur.

Ce simple choix, que nous pourrons faire chaque jour de notre vie, alimentera la paix universelle et nous sentirons graduellement que nous faisons partir de la solution et non plus du problème.

Je vous souhaite que la prochaine année, ainsi que les autres qui suivront peut-être, soit plus pacifiste, un peu plus chaque jour.


France Valiquette



Nouvelle du vendredi 28 juin 2013.



Vernal Fall, Californie, 2013



Le parc Yosemite National Park dans toute sa splendeur.

Le parc Yosemite est la partie californienne du grand parc de Yellowstone que l’on retrouve sur quatre états américains, soit le Wyoming, le Nevada, le Montana et la Californie. Yosemite est devenu officiellement un parc national en 1890, ainsi que le premier parc au monde.

Pour débuter ce voyage, j’ai commencé par la Forest National Inyo dans la sierra afin d’aller voir où se cache un arbre surnommé le pin de Mathusalem, l’arbre le plus vieux de la planète. La Rocky Mountain Bristlecone où se trouvent les pinus longaeva < pin Bristlecone > dont certains ont plusieurs milliers d’années. L’âge de ces végétaux a été démontré par des tests au radiocarbone. Je me suis promenée dans les sentiers de cette forêt durant quelques heures avec recueillement et j’ai été impressionnée par l’énergie de ces êtres dont je ne connaissais l’existence que depuis janvier 2013. Ce fut une journée mémorable qui m’a profondément marquée.

Le lendemain, je me suis rendue dans une autre partie de la Forest National Inyo dans le bassin de Mono qui veut dire mouche dans la langue des Yokuts, les Indiens qui habitaient le sud de cette région. Le lac Mono est une large étendue d’eau alcaline et saline, aucun poisson ne peut y vivre, mais des crevettes d’eau salée et des mouches alcalines se sont adaptées à cette eau. Des milliers d’oiseaux migrateurs se nourrissent dans ce lac chaque année lors de leur halte dans cette région. À certains endroits près des rives, nous y retrouvons les tufas, qui sont de mystérieuses sculptures blanches, souvent de formes incroyables qui ont émergé du lac avec les années. Les deux îles entourant ce lac sont volcaniques et des sources d’eau chaude démontrent qu’une activité volcanique est toujours présente. Ce fut une autre journée de plus intéressante et enrichissante.

Après une nuit bien méritée, j’ai pénétré durant la matinée dans le parc de Yosemite par l’entrée de Tioga Pass. J’ai le cœur qui serre dans ma poitrine, car je suis émue de me retrouver devant des paysages si grandioses. Durant tout le voyage, je vais osciller entre 600 à plus de 4000 mètres d’altitude.

Je dois vous avouer que j’ai été profondément inspirée à certains moments par la force et l’énergie que j’ai ressentie à travers tout mon périple dans ce parc. C’était bien au-delà de ce que j’avais pu imaginer avant mon départ.

C’était à la fin du mois de mai et au début de juin et les fleurs aborigènes jaillissaient de partout et j’y ai même rencontré des fleurs de manuka ou fleur du pacifique. Le parfum de toutes ces magnifiques plantes me pénétrait et je ressentais de grands frissons de plaisir tout en écoutant les oiseaux gazouiller. On y retrouve également un bosquet de séquoias géants et au Glacier Point un paysage panoramique saisissant sur la vallée et les chutes de Yosemite et encore bien plus.

Dans une de mes randonnées, j’ai monté presque jusqu’au somment de Vernal Fall, 5044 pieds d’altitude et j’ai réussi à faire une photo d’un arc-en-ciel qui miroitait au-dessus de l’eau des chutes. J’étais toute trempée, mais je flottais de joie. J’ai aussi rencontré quelques animaux sur ma route qui ont bien voulu rester près moi quelques instants, sentant bien que je n’étais pas un prédateur.

Chaque matin, le soleil se levait et il m’accompagnait durant toute la journée et le soir venu, j’allais le voir se coucher derrière la montagne, près de la rivière Yellowstone. Cette rivière porte bien son nom, car le soleil y fait miroiter des reflets jaune doré et vert émeraude; de plus si je croyais qu’une rivière avait le pouvoir d’ensorceler les âmes, je ne pourrais imagine un cours d’eau plus envoûtant…

Le soir avant mon départ, j’étais seule près de la rivière et je méditais, quand est arrivé un homme à l’énergie bienveillante qui s’est approché de l’eau. Il m’a saluée discrètement et puis nous nous sommes mis à bavarder pendant un bon moment. C’était un Californien, dont les parents étaient originaires de Praque en Rébublique Tchèque. Il m’a exprimé son intérêt pour la langue française et sa beauté lyrique. Lors de plusieurs de mes voyages dans cet état de la côte ouest plusieurs personnes m’ont parlé de leur amour de ma langue maternelle. En nous quittant, nous nous sommes serré la main et il m’a dit : ― Quand j’entends la voix d’une femme qui parle le français, c’est comme si j’entendais la voix d’un ange à mes oreilles



J’ai malheureusement, perdu une grande partie de mes photos, dont les pins Bristlecone, les tufas du lac Mono et autres… J’ai heureusement réussi à en sauver une partie dont des éléphants de mer et des zèbres qui broutaient dans un champ avec les vaches. Ce voyage m’a encore une fois démontré à quel point l’humain est loin d’être aussi supérieur qu’il ne le pense quand nous apprenons à connaître les autres formes de vie sur la planète.

France Valiquette
Yellostone River, Californie 2013



Nouvelle du vendredi 3 mai 2013.


Un souvenir d’été.

Cette histoire m’a été racontée il y a de cela quelque temps, mais je ne l’ai jamais oubliée. Nous sommes à la fin des années soixante-dix et Caroline avait réussi à se faire accepter dans une nouvelle bande d’amis en falsifiant son âge. L’élu de son cœur avait de nombreux frères et sœurs et quelques-uns d’entre eux faisaient partie du groupe. Plusieurs des membres consommaient de l’alcool, de la marijuana et certains se laissaient aller parfois à des consommations excessives qui rendaient Caroline inconfortable. Jean Nil, un des plus jeunes frères de son copain, consommait peu de boisson alcoolisée et jamais de drogue. Il était différent des autres, par son physique, sa façon de s’exprimer, de vivre ses émotions et elle ne l’avait vu qu’une seule fois flottant dans une légère ivresse. Ils passaient de longues heures à philosopher ensemble pendant que son amoureux était endormi où bien cuvait sa bière en fin de soirée.

Par une belle journée d’été, plusieurs membres de la bande s’étaient retrouvés au bord d’un lac pour faire du canot et de la baignade. Caroline avait accepté un petit contrat de publicité pour la prochaine course de motocross qui devait avoir lieu quelques jours plus tard. Elle les avait quittés au début de l’après-midi, mais elle avait promis à Jean Nil qu’elle serait de retour vers 16 heures pour la course de natation. Elle savait qu’elle n’avait aucune chance de gagner, car Jean Nil était de loin le meilleur nageur de toute la région.

À sa grande surprise, son copain l’attendait déjà à la sortie de son travail et quand elle était montée dans la voiture, elle avait immédiatement senti qu’un évènement grave avait eu lieu durant son absence. Jean Nil s’était noyé. Il était parti en canot avec Simon. L’embarcation avait chaviré et Jean Nil avait coulé dans les eaux profondes et froides de la baie. L’accident avait secoué tout le monde; le groupe s’était dispersé à la fin de l’été et elle était partie étudier dans une autre ville.

Une bonne dizaine années avaient passé et puis un soir, elle avait raconté cette tragique noyade à quelques amis. L’un d’eux avait eu comme commentaire à la fin de son récit : « Es-tu bien certaine que c’était un accident »?

Elle avait passé la nuit suivante à réfléchir. Naturellement, l’autopsie avait déclaré une mort par noyade probablement due à un arrêt cardiaque. Elle s’était progressivement souvenue que Simon n’aimait pas particulièrement Jean Nil et qu’il pratiquait de la plongée depuis quelques mois. Simon était fort et costaud et cela se pouvait-il qu’il ait entraîné un camarade de la bande dans les abimes du lac, ne pouvant accepter sa différence. Caroline avait fermé les yeux et revoyait le visage de son ami la veille de l’accident qui était dévasté par la tristesse. Peut-être s’était-il laissé tout simplement engourdir par les eaux froides avant de glisser dans les abimes de lac.



France Valiquette



Nouvelle de janvier 2013.



Cover Coast Park, Californie, 2 janvier 2013

Une aventure

J’avais décidé pour terminer l’année 2012 de partir seule à l’aventure en Californie. Le but premier de mon voyage était de sentir et connaître encore mieux cet état de la côte ouest-américaine. Je crois que c’était la septième fois que je mettais les pieds sur cette terre. J’avais bien préparé mon voyage, mais l’univers a décidé de me mettre à l’épreuve afin de voir jusqu’à quel point j’étais prête à me dépasser pour trouver des réponses à tant de questions que je me posais depuis si longtemps.

Une amie qui a un MSc. en mathématique m’avait dit un jour que tous les symboles de cette science avaient été trouvés dans la nature et je n’avais jamais eu de doute à ce sujet. J’avais gardé des souvenirs flous de mon enfance où je me promenais avec ma chatte qui me suivait comme un chien dans les champs et la forêt. Je pouvais, en fermant les yeux, avoir encore les mêmes sensations, mais je n’arrivais toujours pas à faire certains liens entre eux. Je ressentais que ce voyage me permettrait de comprendre mieux la nature, mais je n’en savais pas plus.

Ma première épreuve a été quand je suis arrivée à l’entrée d’un parc et d’apprendre qu’il y avait de la neige sur la montagne où je voulais me rendre. La consigne était claire, je devais louer et mettre des chaines sur les roues de la voiture. J’avais lu certaines de ces informations sur leur site, mais je ne croyais pas que cela pouvait être nécessaire à cette période de l’année. J’ai donc fait demi-tour et me suis rendue à l’un des endroits qu’on m’avait indiqués pour faire la location.

J’ai exprimé à l’Indien qui m’a accueillie que je voulais louer des chaines pour quelques jours et que j’aimerais qu’il me montre comment les installer. Il m’a regardée des pieds à la tête, et puis il a hoché lentement la tête. Il est revenu plus tard avec un sac contenant le matériel. Il l’a ouvert et a commencé à m’expliquer comme les installer. Je n’avais toujours pas bronché, mais quand il m’a fait placer les roues d’une certaine manière, qu’il s’est allongé sur le sol et qu’il ne réussissait pas à attacher les extrémités des chaines ensemble, ma détermination a commencé à faiblir et j’ai énoncé, d’une voix brisée, que je n’y arriverais sans doute pas.

Pendant ce temps, un autre Amérindien, un peu plus jeune, était venu nous retrouver. Il a tourné la tête vers moi et il m’a demandé d’où je venais. Suite à ma réponse, il a semblé réfléchir quelques secondes et il a ensuite dit à l’autre homme de lui céder sa place, et puis il m’a énoncé d’un ton solennel : « je suis un professionnel », je vais vous montrer comment faire et vous allez y arriver ». Sa patience et sa gentillesse m’ont redonné de la force et je suis repartie avec le sac contenant les chaines, bien déterminée à retrouver la Giant Sequoia Forest.

La première fois, cela m’a pris un peu plus d’une demi-heure, mais cela valait beaucoup plus que tous les efforts que j’avais dû faire… et ce n’était que le début d’une série d’épreuves sur ma route et de grands moments de symbiose avec nos origines. Je sais aujourd’hui que je porterai à jamais, tout au fond de moi, une parcelle de l’énergie et de la connaissance que m’a donnée ce voyage.

France Valiquette



Décembre 2012.



Conte de Noël,

Cela faisait maintenant quelques années que nos trois intrépides amis trolls faisaient partie de l’équipe du seul vrai père Noël, celui qui avait toujours habité en Laponie dans le nord de la Norvège.

La situation économique était difficile dans bien des régions du globe et même les bonnes compagnies ne pouvaient plus leur vendre des jouets à prix modique comme par le passé. Le père Noël et ses lutins avaient commencé les préparatifs pour le grand jour beaucoup plus tôt que par les années passées. Depuis plusieurs mois, les trolls étaient sur la route, car ils devaient aller ramasser les jouets qui leur étaient donnés par les gens qui vivaient dans les quartiers riches. Ils les rapportaient à l’atelier du père Noël et les lutins avec leurs petits doigts agiles les remettaient à neuf ou presque. Dans l’équipe, il y avait même deux lutins qui s’étaient spécialisés dans les jouets électroniques.

Les trois trolls venaient de décharger leur dernière récolte pendant que les lutins s’activaient à leur tâche. L’atelier ressemblait à un chantier de fourmis. Chaque lutin exécutait sa tâche avec précision et bonne humeur. Le père Noël avait permis à Gustav et ses deux amis de prendre quelques jours de congé, car ils l’avaient bien mérité. La pêche leur manquait et ils voulaient aller taquiner le poisson avant que les rivières ne soient à nouveau couvertes de glace.

Gustav, Édouard et Nelsans avaient rencontré un jeune adolescent troll qui avait été abandonné par ses amis parce qu’il bégayait et marchait trop lentement. Il faut dire qu’il était si petit et si maigre qu’il était normal qu’il n’ait pas beaucoup d’énergie. Le premier soir où il avait dormi à leur campement, ils avaient dû le réveiller deux fois, car il hurlait dans son sommeil, de peur sans doute. Nelsans avait toujours eu un cœur en or et il avait proposé que le groupe le prenne avec lui. Gustav avait d’abord hésité et puis, il s’était senti incapable d’abandonner leur nouveau compagnon, Alzard.

Gustav était le chef des écuries du père Noël. Il devait s’occuper du bien-être de ses rennes et quand il lui restait un peu de temps, il venait participer aux travaux de l’atelier. Ce jour-là, quand il avait ouvert la porte, il n’avait pas entendu le moindre bruit. Il s’était dirigé inquiet vers l’atelier et ils les avaient tous trouvés immobiles, le regard désemparé. Le père Noël ayant eu un grave malaise cardiaque la veille, quel malheur! Il devait rester au grand repos durant plusieurs semaines et sans doute davantage. Gustav se demanda pour la première fois quel âge pouvait bien avoir le vieux monsieur.

La fée des Étoiles s’avança lentement vers lui avec un sourire las et comme à chaque fois qu’elle s’adressait à lui, il se sentit rougir. Gustav était amoureux en secret de la fée des Étoiles.

-

Mon cher Gustav, mon frère aimerait que tu prennes sa place pour la prochaine fête de Noël.

-

Il voudrait que je sois le père Noël? Mais c’est impossible, je ne peux pas…

-

Tu dois accepter, car nous ne pouvons pas décevoir tous les enfants qui attendent le père Noël. Je vais te confectionner un magnifique costume et je te révélerai certains de ses secrets.

Tous les regards étaient tournés vers lui, et tous attendaient sa réponse. Il ne pouvait pas refuser, car sa lâcheté le poursuivrait comme un fantôme toute sa vie.

-

C’est un très grand honneur. Je m’engage à faire de mon mieux, mais je vais avoir besoin de l’aide de chacun d’entre vous pour réussir à accomplir ce grand défi.


Tous les lutins ainsi que ses amis trolls avaient hoché la tête et ensuite, ils s’étaient tous remis au travail, pendant que la fée des Étoiles avait entraîné Gustav avec elle.

Jour après jour, elle lui avait montré tout ce qu’il devait savoir et elle l’avait aidé à dépasser ses peurs de ne pas être à la hauteur de sa nouvelle responsabilité. Au début, Gustav était convaincu qu’il n’y arriverait jamais, mais progressivement, sa confiance avait augmenté. La joie qu’il ressentait d’avoir à passer de longues heures avec la fée des Étoiles lui donnait beaucoup de courage.

Le grand Jour était arrivé et malgré que l’on eût annoncé à la météo une grosse tempête de neige, Gustav, habillé en père Noël, était monté dans le charriot avec les autres trolls. Les lutins les suivaient avec leurs charriots qui étaient remplis de jouets.

Ils avaient réussi à faire toute la distribution des cadeaux aux enfants et à souhaiter de la paix à tous les gens qu'ils avaient rencontrés sur leur route. Le charriot du père Noël était le dernier à rentrer et il était resté pris dans la tempête. Gustav et ses trolls s’étaient protégés de leur mieux avec des couvertures et quand la neige avait cessé, ils s’étaient allumé un bon feu. Édouard avait fait chauffer la nourriture que la fée des Étoiles leur avait donnée avant leur départ. Tout en mangeant, Nelsans avait raconté à Alzard et aux animaux qui étaient venus les rejoindre comment il avait rencontré la fée des Étoiles pour la première fois.

Le père Noël était allongé dans son lit et il n’avait pas fermé l’œil depuis leur départ. Il se sentait complètement épuisé et quand enfin, tout au fond de lui-même, il avait fini par sentir que Gustav et les lutins avaient accompli leur mission, il avait fermé les yeux. Il s’était endormi paisiblement le sourire aux lèvres. Sa sœur, la fée des Étoiles, l’avait trouvé ainsi au petit matin, il avait quitté la terre et il était allé rejoindre ses ancêtres père Noël.


Fin



Conte de Noël, partie 1 (Décembre 2008)

Je vous souhaite un joyeux Noël et une Bonne Année 2013 et que la PAIX, l’AMOUR, la SAGESSE et la JOIE soient présents dans votre vie.





France Valiquette

Nouvelle du vendredi 19 octobre 2012.


La petite fille d’automne


Elle est venue au monde avec un retard d’environ trois semaines, dans la grande noirceur des derniers jours d’automne, d’une mère en colère et angoissée et d’un père retenu à l’extérieur de la ville…

La petite fille n’a pas eu d’allaitement et c’était sans doute beaucoup mieux comme ça. Le lait lui donnait des vomissements et de la diarrhée. Avant que sa mère et le médecin ne réalisent que la cause était sans doute le lait de vache, elle était devenue encore plus laide et s’était affaiblie.

Elle était née avec des cheveux noirs et de tout petits yeux qui étaient comme des billes aussi sombres que sa tignasse. Elle avait presque deux ans quand elle a finalement réussi à marcher; sa physionomie s’est progressivement transformée et les gens ont commencé à la trouver un peu plus jolie…

Elle avait senti très jeune qu’elle n’avait pas eu réellement de parents, sa mère vivant dans son monde de rancoeur et de peur et son père étant la plupart du temps au travail ou ailleurs. Elle avait heureusement eu la chance de vivre à la campagne et d’avoir des animaux près d’elle. Elle avait vécu ses premiers gestes d’affection et de réelle tendresse avec eux.

Et puis, le temps a passé et elle a commencé à leur parler, ainsi qu’aux arbres, car elle savait qu’eux, ils la comprenaient; sa famille s’était agrandie et elle se sentait moins seule.

Les années ont couru et puis un jour, la petite fille a décidé de prendre la terre comme mère et le ciel comme père, car elle savait qu’ils allaient toujours être présents partout où elle irait. Elle n’aurait qu’à ouvrir les yeux et son père serait là, à tendre la main et elle pourrait aussi toucher sa mère.

Les animaux étaient presque tous ses amis et elle respectait leur monde qui serait toujours si différent des humains…

Aujourd’hui, elle est devenue une femme qui a une relation harmonieuse avec sa véritable famille, celle qu’elle a choisie : l’Univers. Elle a aussi appris à composer avec les chimères de l’humanité, mais elle continuera toujours de croire que chaque individu peut décider de choisir comment il veut vivre ses véritables relations…





France Valiquette

Nouvelle du vendredi 21 septembre 2012.



Les Adirondacks.

Vers la fin du mois d’août, je me suis rendue dans les Adirondacks dans l’État de New York. J’ai ressenti un immense plaisir quand je suis montée jusqu’au sommet de la Whiteface Mountain. C’est, je crois, la plus haute montagne de l’est des États-Unis, elle s’élève jusqu’à 4 867 pieds. Je ne savais pas qu’il y avait un mont aussi élevé dans cette chaine de montagnes. À cette altitude, l’air était pur et le vent frais. L’étendue de la vaste forêt qui s’étendait à mes pieds était grandiose et je me sentais infiniment petite. Il semblerait que quand le temps est complètement clair, nous pouvons apercevoir Montréal.

La construction de cette pittoresque route a débuté en 1931 et s’est terminée par un sentier jusqu’au faîte de la montagne. Nous étions à cette époque dans la période de la Grande Dépression et ce projet a apporté du travail aux habitants de cette région de campagne. La route a été inaugurée en juillet 1935 par le président Roosevelt et en septembre de la même année, elle a été dédicacée à la mémoire de « the New York State Vétérans » de la Première Guerre mondiale.

Un autre moment de grâce a été quand j’ai marché dans un sentier qui m’a amenée sur une autre montagne où se trouvait une étendue d’eau noirâtre avec des marécages, ainsi que des arbres qui avaient terminé leur vie en s’écrasant sur la berge. J’étais complètement seule dans cette nature sauvage et je voyais les rayons du soleil qui se reflétaient sur cette étendue d’eau qui renfermait une grande partie des secrets d’un écosystème si précieux à l’équilibre de notre planète. J’ai eu une pensée pour mon père qui m’a appris toute jeune à aimer et respecter la forêt. Le soir, en revenant sur la petite route de compagne, j’ai eu la chance de voir un chevreuil et j’ai aimé croire… que c’était lui qui me faisait un clin d’œil.

Sous l’énergie bienfaisante de la Pleine lune, la soirée s’est terminée par un feu de camp qu’avait fait le propriétaire de l’endroit où j’habitais au Mountain Brook Lodge près de Wilmington. C’était un endroit simple, mais confortable et très convivial.

Je suis rentrée de mon escapade bien régénérée et le cœur léger.





France Valiquette

Nouvelle du vendredi 22 juin 2012.


JORDAN OFFICER, un guitariste génial.


J’ai rencontré Jordan il y a quelques années dans une fête d’un ami que nous avons en commun. À cette époque, j’avais déjà entendu à la radio la musique de Suzie Arioli Band dont il est le guitariste vedette et j’avais particulièrement apprécié le solo de l’un des guitaristes. Quelques semaines plus tard, j’avais remarqué, dans la programmation du Festival de Jazz de Montréal, que le Groupe Arioli allait y présenter un spectacle. Je me suis alors rendue au festival, car j’étais curieuse de l’entendre en concert.

La magie de leur musique a commencé à opérer vers la cinquième interprétation musicale; j’ai progressivement pu voir que l’énergie de Jordan en arrivait à ne faire qu’une avec sa guitare. La

première fois que j’ai pris conscience de ce phénomène, c’était en Louisiane dans un spectacle. Cette manifestation demeure très rare, mais d’une telle beauté : l’énergie de la musique et celle de l’homme fusionnées dans une grande communion.

Au Dièse Onze, à Montréal, pour le lancement de mon premier livre,
« Mercedes Leroyer; Louisiane, partie 1 », Jordan a accepté de se joindre au groupe Grouyan Gombo pour interpréter de la musique cajun. Ce fut le moment le plus agréable de la soirée et pour mon plus grand plaisir, la plupart des personnes invitées ont dansé. Je dois quand même vous avouer que j’avais présenté les musiciens en expliquant que la coutume en Louisiane est que si les gens apprécient la musique, ils dansent et s’amusent jusqu’à la dernière note.

Jordan a sorti son premier CD tout simplement intitulé : « Jordan Officer », contenant ses compositions en 2010 et il a gagné le prix Félix dans la catégorie Album Jazz Création de la même année. Il a commencé une tournée au Resto-Bar Le Verre Bouteille, musique qui s’est ensuite poursuivie à travers le Canada et en France. Jordan et ses musiciens l’ont terminée dans ce même endroit, car c’est au Verre Bouteille qu’il a fait ses débuts. Le spectacle a été génial et à la fin de la soirée, son gérant et moi, nous nous sommes entendus sur le fait que « Jordan portait sa musique »

Je vous reviendrai à l’automne et je vous souhaite une route parsemée de musique et de joie durant toute la saison estivale.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 27 avril 2012.

L’AMITIÉ

C’est un amour qui lie deux êtres sans aucune contrainte sexuelle ou familiale…
L’amitié se crée entre deux personnes partageant des buts semblables, des idéologies ou des passions…
Ces personnes se choisissent librement sans obligations...
L’amitié de chacun s’exprimant à travers les années par des gestes simples, de véritables dialogues et de l’authenticité, loin de l’égo…
Chacun demeurant libre de rompre la relation si le lien s’effrite, si le chemin que prend l’Un diffère trop de celui de l’Autre…
Le vide remplaçant le lien, et l’amitié devenant une simple relation sociale parmi tant d’autres…

« La véritable amitié; c’est de croire que c’est possible de se lier avec l’autre, en toute liberté ».



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 23 mars 2012.

La langue de nos origines.

Je me trouvais au début de mon adolescence quand j’ai commencé à ressentir le désir de bien m’exprimer dans ma langue maternelle, le Français. Je demeurais à cette époque en région. J’ai souvent vécu des moqueries venant de toutes les générations de la population de la ville où j’habitais. Bien parler… était malheureusement perçu comme du snobisme et je ne saisissais pas pourquoi à ce moment-là.

Les années ont passé et j’ai toujours conservé ce désir de vouloir bien parler. Puis un jour, j’ai réalisé que le langage faisait partie de nous, comme de rire ou chanter. Le goût de connaître d’autres langues c’est alors accru, car je réalisais que les mots pouvaient devenir une mélodie par leur résonnance phonétique.

J’aime voyager et les personnes que je rencontre sur ma route me demandent souvent mes origines. Comme beaucoup de gens ne connaissent pas l’existence du Québec alors, je leur réponds que je suis Canadienne-Française. Une fois, dans un train en partance de la Norvège vers la Suède, je me souviens d’un charmant monsieur qui m’avait dit en s’exprimant en anglais, non pas en norvégien : « Mais quelle langue parlez-vous donc, c’est tellement mélodieux à mon oreille »? Un autrefois en Nouvelle-Zélande, je me trouvais sur un bateau dans le fiord Milford Sound quand j’ai entendu cette question : « Mon copain et moi, nous nous demandions si vous êtes Française », je leur ai répondu en souriant, et imaginez ma surprise, car ils étaient des Californiens. L’un des deux était à son dernier cycle d’études en maîtrise sur la langue française. Il était tellement enchanté de pouvoir bavarder dans cette langue qu’il chérissait tant avec une Canadienne

Il y a environ deux ou trois ans, je discutais avec un de mes amis anglophones qui est parfaitement bilingue. Il me raconta que même aujourd’hui certains Canadiens anglais avaient peur de venir au Québec. Ils conservaient encore la croyance que les gens pouvaient refuser de les servir dans les endroits publics et que cela pouvait même aller jusqu’à l’insulte parce qu’ils ne parlaient pas le français. Je suis restée assez perplexe… et j’ai décidé d’écouter davantage les médias sur l’éternel conflit des langues et des cultures au Québec.

Généralement, je peux m’exprimer en anglais au Québec si je rencontre une personne qui à de la difficulté a parlé le français. La plupart du temps, la personne apprécie et elle essaie de continue en français et nous continuons la discussion dans les deux langues. Par contre, si je suis avec des anglophones qui parlent bien ma langue, nous parlons le français.

Durant mes voyages dans des pays où l’anglais est la langue nationale, j’aime m’exprimer dans cette langue dans les endroits publics afin de mieux m’intégrer à la population et d’apprendre à les connaître, car cela fait partie du but de mon aventure.

Sincèrement, je crois… que bien vivre sa langue ; que ce soit en la parlant, en l’écrivant ou même en la chantant demeure la meilleure façon de la transmettre dans la sérénité et de créer de l’intérêt pour elle.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 24 février 2012.


UNE FORÊT DE SÉQUOIAS GÉANTS.

En remontant à travers les années, je me revoyais avec mon grand-père maternel admirant un magnifique chêne derrière la grange de sa petite ferme. Je me suis approchée de l’arbre pour le toucher et soudain, la voix de mon aïeul me sembla lointaine; c’était la première fois que je sentais l’énergie et la force d’un arbre, j’avais été très impressionnée. Dans mon innocence d’enfant, je croyais que tout le monde ressentait cela; alors, imaginez ma grande surprise quand plus tard, j’ai réalisé que ce n’était pas le cas.

Je roulais dans le Sequoia National Park qui renferme les plus importantes forêts de séquoias du monde, les plus imposants de la planète. Une étrange sensation s’empara de moi ; comme du déjà connu, tout en sachant très bien que je n’étais jamais venue dans cet endroit. Je réalisais progressivement que cette forêt était comme celle de mes rêves d’enfant. Je me sentais profondément émue et incapable d’exprimer à l’univers toute ma gratitude.

Ces arbres peuvent vivre jusqu’à six mille ans. Leur écorce épaisse les protège du feu; celui-ci favorise même leur reproduction et ils résistent également aux attaques des insectes. Il ne faut cependant pas confondre avec les séquoias redwood qui abondent sur la côte, qui sont plus petits et qui vivent moins longtemps. C’est le peuple des Cherokees qui donna à ces arbres le nom d’un de leurs chefs : Sequoia. Ces arbres magnifiques ne se reproduisent naturellement que dans l’état de la Californie. Je marchais dans un sentier et j’étais entourée de « sequoiademendron giganteun » qui atteignent 90 mètres en moyenne et dont plusieurs d’entre eux ont une circonférence de 30 mètres à la base du tronc. Prenez quelques secondes pour essayer d’imaginer toute leur énergie, leur vitalité ainsi que la force magnétique qu’ils peuvent dégager.

J’ai enfin compris ce que voulait dire ces mots que l’on retrouve dans les écrits anciens : « l’Arbre de la connaissance ». Les végétaux sont les êtres les plus sensibles de la planète; alors, plus ils sont vieux, plus ils ont emmagasiné des connaissances incroyables. Certaines civilisations attachent une grande importance à leur sagesse et à leur puissance mystique. Les scientifiques font de nombreuses recherches pour mieux les connaître, mais leur transmission énergétique reste souvent impossible à déchiffrer pour eux et demeure un mystère...

Mon grand-père est décédé quand je n’étais encore qu’une petite fille, mais ce qu’il a eu le temps de me transmettre, je n’aurais jamais pu le trouver ailleurs qu’à travers sa relation avec l’Univers.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 20 janvier 2012.



LA POUSSIÈRE DE GRENAT.

Le parc de Pfieffer cache une magnifique plage de couleur pourpre. L’automne dernier, un bon copain connaissant ma passion pour la nature m’avait envoyé un diaporama sur des plages incroyables qui se trouvent à travers le monde. J’ai fait quelques recherches et j'ai retenu celle-ci que j’ai intégrée dans le voyage que je projetais de faire à la fin décembre.

Un voyage où le soleil m’attendait tous les matins pour une nouvelle aventure. J’avais demandé à Saint-Nicolas pour Noël de pouvoir trouver et de voir cette beauté de notre mère, la Terre. Tôt le matin, j’ai quitté San Francisco et suis descendue vers le sud en suivant la côte et c’est seulement en fin de journée, en prenant une petite route étroite et sinueuse que je suis enfin arrivée à l’endroit tant souhaité.

Le début du crépuscule se préparait et l’Astre divin allait finir par disparaître dans les eaux tumultueuses de l'océan Pacifique. Seulement de vous en parler, j’en ai presque les larmes aux yeux. Imaginez les reflets du soleil sur la poussière de grenat ainsi que le jeu des vagues agonisantes sur la plage. J’aurais voulu qu’il m’emporte avec lui dans la paix et la sérénité de ce merveilleux jour de Noël.

Le lendemain, j’ai passé une grande partie de la journée dans cet endroit à me laisser pénétrer par l’énergie que dégageait ce lieu mythique. J’ai quitté ce parc en lui disant un « au revoir », et j’ai demandé à l’univers de me permettre d’y revenir un jour.

J’ai réalisé à travers les nombreuses aventures que j’ai vécues dans ce voyage en Californie que ce que je désire maintenant le plus, c’est de sentir et comprendre les secrets de l’énergie de l’univers ainsi que toute l’intensité de la spiritualité que renferme le cosmos. Je crois que tout ce l’homme a inventé, les codes en existaient déjà dans l’univers. J’avais déjà lu cette pensée dans un écrit du grand philosophe bulgare, Mikhaël Aïvanhow; je le croyais, mais je saisis mieux maintenant ce qu’il voulait nous dire.




Laguna, Californie, 31-12-2011
France Valiquette

Décembre 2011.

Bonjour à chacun d'entre vous.


L’année 2011 m’a permis de terminer ma belle aventure de la trilogie sur le sud des États-Unis. Quand J’ai débuté mon premier livre, je ne savais pas encore où cela me conduirait, mais quelle richesse cela m’a apportée! Tous ces voyages et questionnements qui m’ont inspirée, ainsi que tous ces peuples qui habitent ces états américains m’ont fait découvrir tellement de nouvelles choses. Cela m’a permis de comprendre un peu plus la vie, comment je me situe à l’intérieur d’elle et où je veux continuer d’aller… Mon prochaine livre nous fera voyager en Nouvelle-Zélande.


Ce merveilleux endroit que l'on surnomme:

« Le paradis perdu ».


Je vous souhaite pour la prochaine année 2012 de l’Énergie afin de pouvoir vivre les projets les plus nobles qui vous habitent.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 25 novembre 2011.

LA LIBERTÉ.

Les quelques pas qu’il lui restait à marcher avant d’arriver au motel qui était situé sur le bord de la route nationale lui semblèrent durer une éternité tant la fatigue l’accablait. Philippe ne réussissait pas à savoir si c’était à cause de la pénible discussion qu’il avait eue au préalable avec son père ou les nombreux kilomètres qu’il avait parcourus durant la journée qui l’avaient mis dans ce triste état.

Il poussa la porte de l’établissement et aperçut un homme au crâne chauve derrière un comptoir qui l’accueillit avec un air jovial. Il lui demanda, d’une voix anxieuse, le prix de sa chambre la moins dispendieuse. L’homme le regarda plus attentivement et lui proposa une petite chambre pour à peine vingt dollars. Philippe soupira de soulagement et déposa l’argent sur le comptoir. Son père avait refusé de l’aider financièrement pour terminer son voyage et il avait pris la décision qu’il se débrouillerait dorénavant tout seul. Il voulait enfin connaître le goût de la vraie liberté.

Le lendemain, il se leva tôt et se rendit à la petite salle à manger où était servi le déjeuner, car la faim lui tenaillait le ventre. Il trouva le propriétaire qu’il avait rencontré la veille à son arrivée derrière le comptoir du restaurant dans un état frôlant la panique. Son épouse qui s’occupait généralement de préparer les déjeuners s’était réveillée avec une forte fièvre et il devait s’occuper de préparer les repas pour les clients. Philippe, sans prendre le temps de réfléchir, lui offrit son aide. Il se retrouva alors à la cuisine à faire cuire les œufs et les saucisses, à rissoler les pommes de terre et à trancher les tomates pendant que monsieur Thoiry servait les clients.

Les années passèrent et le motel était toujours aussi bien entretenu, mais il avait été vendu il y avait une bonne dizaine années à monsieur Philippe. En fait, il n’était jamais reparti de la petite ville où il s’était arrêté un soir pour dormir, excepté pour les voyages qu’il s’offrait une ou deux fois par année. Il se sentait un homme libre et il aimait son travail. Un violent orage avait éclaté vers la fin de l’après-midi et il fut surpris d’apercevoir une dame seule, complètement trempée, venir vers la réception. Il lui proposa sa meilleure chambre, celle ayant comme nom : « Autriche ». Elle le regarda étonnée et il lui expliqua en souriant que toutes ses chambres portaient le nom d’un pays qu’il avait déjà visité. Anne Daviault pénétra dans le royaume autrichien et fut étonnée de trouver des magnifiques photos de cette région qui ornaient les murs. Son regard se posa sur le bureau et elle aperçut un cartable simplement intitulé :

« Un voyage au pays de Sissi ». Elle ouvrit le document et découvrit à la première page une magnifique photo de l’impératrice d’Autriche.

Elle avait pris une douche bien chaude car la pluie l’avait glacée et s’était ensuite confortablement installée dans son lit. Anne plongea dans le manuscrit qu’elle parcourut du début à la fin.

Il se faisait tard et les clients ne viendraient plus avec cette pluie torrentielle qui continuait à balayer les routes. Philippe se préparait à éteindre les lumières de la réception quand il vit Anne surgir devant lui. Elle l’avait regardé avec insistance et avait fini par lui demander si c’était bien lui qui avait écrit le document qu’elle avait entre les mains. Au début, Philippe n’avait pas compris sa question et quand il l’avait enfin saisie, il s’était mis à rire.

Il lui expliqua qu’il adorait écrire ses souvenirs de voyage et que cela lui permettait de patienter jusqu’au prochain. Elle lui demanda s’il n’avait jamais pensé les envoyer à un éditeur et Philippe lui avait répondu qu’il l’avait déjà fait à deux reprises. Il n’avait jamais reçu de réponse; alors, il avait laissé tomber. Le lendemain, elle était repartie en lui demandant la permission de prendre trois manuscrits avec elle.

Quelques mois plus tard, en rentrant d’une incroyable aventure dans la forêt amazonienne, il avait trouvé une lettre d’Anne. Elle s’excusait du temps qu’elle avait mis avant de lui donner des nouvelles car elle avait dû s’occuper de sa fille gravement malade et qui était maintenant décédée du sida. Elle s’était remise au travail et avait réussi à trouver une maison d’édition qui acceptait de publier ses récits de voyage. Le directeur de l’entreprise espérait qu’il en aurait d’autres à lui proposer prochainement. Anne terminait en lui demandant ce qu’il en pensait.

Philippe s’était assis derrière son comptoir en rêvant déjà à cette nouvelle opportunité que pourrait lui donner sans doute ce revenu… inattendu.

Plus de liberté pour pouvoir faire ce qu’il aimait le plus, partir à la découverte d’autres mondes.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 21 octobre 2011.

Je suis allée voir le spectacle équestre de Cavalia : Odysséo. Du point de vue technique, la présentation était spectaculaire et le jeu des chevaux libres étaient remarquable malgré la grande nervosité que je sentais chez la plupart des chevaux, ce qui m’a attristée. Ces magnifiques animaux avaient exécuté leur travail sans joie avant de retourner dans leur tente-écurie près d’une autoroute où ils vivraient durant des semaines. À la fin des représentations, les chevaux auraient sans doute un peu de repos à la campagne avant de repartir pour une longue tournée.

J’ai eu la chance de voir dans différents pays des spectacles de chevaux à l’extérieur et je me rappelle celui d’Ebbs en Autriche où le soleil s’était réellement couché derrière les montagnes. Les chevaux étaient dans un paysage naturel et je les avais sentis heureux et disponibles à travailler… c’était alors renversant de les voir. Après le spectacle, on les avait conduits dans de grands enclos où ils étaient de nouveaux libres dans un habitat où ils pouvaient refaire leur plein d’énergie.

Je peux comprendre qu’à une autre époque, la vie de l’homme pouvait dépendre d’un cheval et que leur situation était souvent très précaire comme celle de leur propriétaire. Mais aux 21ième siècle, comment sommes-nous arrivés à traiter les animaux sans respect pour ce qu’ils sont réellement en les utilisant souvent comme des jouets. Il y a quelques semaines, j’ai aperçu sur le trottoir un chien avec un imperméable et je suis restée complètement sidérée. Ils sont devenus prisonniers de nos caprices et développent souvent de nouvelles maladies. Je pense que de savoir aimer un animal, c’est établir une relation en respectant leur dignité et leurs besoins réels…

J’ai souvenance d’un Navajo avec qui j’ai monté à cheval dans les canyons. Au retour de notre randonnée, la première chose qu’il a faite a été de leur donner à boire; après, nous les avons reconduits au pâturage et tous les autres chevaux sont venus à sa rencontre. Il m’a ensuite présenté à chacun d’entre eux avec fierté. C’était ses compagnons. Je me rappelle d’une petite jument qui s’appelait Katrina. Elle était née la journée où l’ouragan du même nom a dévasté une partie de la Louisiane.


« Le cheval rendra l’homme noble, si l’homme sait l’aimer ».



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 26 août 2011.

Quand j’étais enfant, vers huit ou neuf ans, assise sur la balançoire que mon père m’avait installée, je pouvais chanter pendant des heures des refrains que j’inventais. Ma mère n’aimait pas la musique; alors, je profitais de la liberté que me donnait l’été à la campagne pour vivre ma passion.

À l’adolescence, je m’enfermais dans ma chambre avec ma mini chaîne-stéréo pour écouter de la musique quand je ressentais de la joie ou de la grande tristesse. J’ai écrit sur la quatrième de couverture de mon premier livre : Mercedes Leroyer; Louisiane, partie 1 : « S’il n’y avait plus de musique, mon âme s’éteindrait ». C’est ce que je ressens au plus profond de mon être depuis mon enfance… car la musique m’a si souvent guérie de tant de maux.


Mercredi, le 27 juillet 2011.

Je me suis rendue au Centre Molson avec le sentiment que je passerais un bon moment musical. Le spectacle a commencé en retard car les gens ont souvent l’habitude d’arriver à la dernière minute et comme le Centre Molson était complètement rempli, cela a pris du temps avant que tout le monde soit bien installé. J’avais entendu à la radio que Sir McCartney donnait la plupart de ses spectacles sans entracte.

J’étais allée aux toilettes avant de me diriger vers mon siège, ce qui ne fut pas le cas de plusieurs personnes qui buvaient de la bière et qui se tenaient pliées en deux vers le milieu du concert, ne voulant rien manquer. J’étais placée à droite de la scène dans les estrades avec mes jumelles quand il a monté l’escalier devant moi pour se rendre sur la scène. Il portait un veston rouge de coupe un peu militaire et cela m’a fait sourire… une veste d’ailleurs qu’il n’a gardée que le temps de quelques chansons. Il portait également des bottes noires de style western avec des talons d’environ six centimètres de hauteur, ce qui lui permettait de glisser sur la scène et d’avoir l’agilité et la souplesse d’un félin.

Après sa troisième chanson, j’ai ressenti un étrange malaise. Je pouvais apercevoir le halo d’énergie de ses mains et j’étais captivée de le voir jouer de la guitare mais je ne pouvais mettre de mots sur ce que je vivais. Paul vint s’asseoir à un piano à queue qui était juste devant l’endroit où je me tenais; ainsi, il était dos à moi et je pouvais apercevoir ses mains qui se déplaçaient sur le clavier. Les larmes me vinrent aux yeux. Je venais de comprendre, même si je n’avais jamais pensé que cela puisse être possible. Le champ électro magnétique de ses mains était tellement puissant et si parfaitement maîtrisé que la note de musique commençait à vibrer une fraction de seconde avant qu’il eut posé ses doigts sur le clavier. J’étais renversée… Ce musicien vit intensément sa musique et surtout, il a toujours cru en elle depuis la nuit des temps. C’est pourquoi il la partage avec les autres avec une facilité incroyable.

Paul McCartney a rencontré John Lennon à l’adolescence; il jouait déjà de la guitare et du piano et composait sa musique. John, à cette époque, était plus influencé par la musique d’Elvis Presley et ce serait lui qui l’aurait amené à écrire et à composer sa musique. Après, s’est greffé George Harrison; ensuite, ils ont joué avec quelques autres musiciens et enfin est arrivé Ringo Star. Les Beatles sont nés et leur musique a révolutionné le monde.

Ma croyance est qu’il y avait très certainement un autre membre du groupe qui avait une perception de la musique assez similaire à celle de Paul.



France Valiquette

Nouvelle du mardi 21 juin 2011.

Je vous souhaite un agréable été et pour l’égayer, je vous offre une chanson du dernier album, Grand Isle de Steve Riley & the Mamou Playboys un des meilleurs bands de la Louisiane. Vous y trouverez cette surprenante interprétation de la chanson de madame Édith Piaf « Non, je ne regrette rien » qui est, à mon humble avis, très réussie.

www.mamouplayboys.com

Je vous reviens cet automne avec mon prochaine livre.

« CALIFORNIE; MERCEDES LEROYER, PARTIE 3 ».





France Valiquette

Nouvelle du vendredi 20 mai 2011.

Une maison écologique
« The Holy Cross, Projet »

La phénoménale, Ruthie Foster,


Je suis de retour depuis à peine quelques jours de la Louisiane. Je me suis rendue à la Nouvelle Orléans et j’ai pris le temps d’aller visiter le projet de la fondation The Holy Cross, Projet « Global Green U.S.A. » parrainé par l’acteur américain bien connu Brad Pitt. J’ai enfin pu voir la brèche qui s’était produite dans la Levée durant l’ouragan Katrina et j’ai pu constater les réparations qui y ont été faites. Après toutes ces années, j’ai eu la surprise d’apprendre ce qui avait causé vraiment une bonne partie des dommages. Un bateau a heurté la Levée probablement durant l’ouragan et cela a considérablement aggravé l’inondation qui s’était produite à l’époque. Le site est pratiquement nettoyé. Les maisons qui se trouvaient à cet endroit avaient été évaluées en moyenne à soixante mille dollars que le gouvernement américain a remboursés aux propriétaires possédant la preuve de la propriété de leur terrain.

La fondation créée par Brad Pitt avait lancé un concours international d’architecture pour des plans de constructions qui pourraient résister aux assauts répétés de la nature dans cette région. Des maisons écologiques sont maintenant construites pouvant mieux s’adapter au climat. Les murs sont en béton, donc plus solides; des panneaux solaires emmagasinent l’énergie, des réservoirs recueillent l’eau de la pluie et les bois utilisés supportent mieux l’agression des insectes et des moisissures. Ce sont des bâtisses qui respectent le style de la Nouvelle-Orléans que j’ai trouvé très bien aménagées et jolies.

Les anciens propriétaires de ces terrains peuvent avoir ces maisons écologiques valant environ cent cinquante mille dollars pour la somme que le gouvernement leur a remboursée sur leur ancienne demeure. La fondation assume la balance du coût de la propriété. Après toutes ces années de difficultés et d’épreuves, pour tous ces gens, cette terrible expérience se transforme en quelque chose de positif.

Pendant mon séjour, j’ai participé à trois festivals. Le premier : le Festival International de Louisiane à Lafayette; le second : le New Orleans Jazz Fest & Heritage Festival et le dernier : le Festival des Écrevisses à Breaux Bridge. J’ai vécu de beaux moments de joie, des envolées musicales qui vous chavirent l’âme et plusieurs autres pas de danse à mon actif.

Une dernière bonne nouvelle; Zachary Richard a chanté durant une trentaine de minutes sur la plus grande scène au Jazz Fest. C’était, je pense, sa première apparition musicale depuis son accident vasculaire cérébral et une de mes amies qui le connait depuis longtemps lui a fait une accolade après son spectacle et elle m’a certifié… qu’il allait beaucoup mieux. Je n’ai malheureusement pas assisté à sa prestation car je n’étais pas à la Nouvelle-Orléans ce jour-là.

Le spectacle qui m’a le plus fait vibrer était celui de Ruthie Foster au Jazz Fest à la tente du blues. J’avais connu cette chanteuse et excellente guitariste au Festival de Jazz de Montréal il y a quelques années. Ruthie a entraîné avec sa musique toute la foule et cela a été mon plus beau moment musical de ce voyage agrémenté par le parfum des fleurs louisianaises sous un merveilleux ciel bleu du printemps.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 22 avril 2011.

Pour la Fête de Pascale,

J’aimerais vous raconter cette belle histoire ou légende de Sainte Agnès.

« En 304 après J.C., Sainte Agnès a été décapité.

Elle était une jeune fille romaine qui avait adhéré au Christianisme et que le fils du gouverneur romain voulait comme femme…

Elle avait refusé…

Le fonctionnaire romain avait ordonné qu’elle soit forcée à se prostituer dans le temple romain pour la punir de sa foi chrétienne…

Elle avait été amenée dans une maison close et avait été complètement dépouillée de ses vêtements…

Selon la légende, ses cheveux auraient poussé durant la nuit afin de couvrir sa nudité…

En raison de différents évènements surnaturels, elle avait été considérée comme sorcière… »

Agnès serait donc passée de sorcière à sainte dans l’espace de quelques siècles.

J’imagine que cela doit faire partie des vrais miracles de la vie!



Joyeuse Pâques.

France Valiquette

Nouvelle du vendredi 25 mars 2011.

La peur est-elle devenue votre ennemie?

À l’âge de sept ou huit ans, je demeurais à la campagne près d’une rivière et mon père travaillait souvent à l’extérieur. J’avais entendu des voisins raconter qu’il y avait un vagabond qui se promenait dans les environs. Mon père n’était pas le genre à avoir peur des étrangers, mais comme il était souvent parti de la maison, la peur s’était glissée sournoisement en moi. Déjà que je n’étais pas très brave dans la noirceur, il y avait maintenant le spectre de cet homme qui rôdait...   Le jour, je continuais mes longues promenades avec ma chatte et mon chien sur le bord de la rivière et dans le petit boisé, mais le soir, j’avais de plus en plus peur.

Un après-midi où je revenais d’avoir été cueillir des framboises, j’avais aperçu au loin l’ombre d’un vieil homme courbé, mais je n’en avais parlé à personne. Le lendemain matin, à mon réveil, j’avais décidé de demeurer un peu plus longtemps dehors à la brunante. Chaque fin de journée, je travaillais à apprivoiser la noirceur, je rentrais tremblante à l’intérieur de la maison avec la peur qui me serrait le ventre, mais chaque soir, je réussissais à rester quelques minutes de plus dans l’obscurité. Puis, progressivement, ma frayeur a diminué. Une nuit, en cachette, après que tout le monde eut été endormi dans la maison, j’avais réussi à aller admirer les perséides du mois août.

Quelle belle victoire pour une petite fille que l’on traitait de peureuse! Je n’ai jamais su réellement si, cet été-là, il y avait eu un itinérant dans la région, mais j’avais appris que nous avions un pouvoir sur nos peurs.

Les années ont passé et j’ai été souvent confrontée à toutes sortes de peurs…   J’ai continué de vouloir déchiffrer celles qui pouvaient être réellement justifiées de celles qui étaient irrationnelles. Dans différents moments dans ma vie, je me suis retrouvée dans des situations de véritable danger et j’ai eu la chance de le ressentir dans chaque fibre de mon corps.

Je vais vous en donner un exemple : « Lors de mon dernier voyage en Nouvelle-Zélande, dans la ville de Christchurch, il y a eu des secousses sismiques, et la deuxième a été plus importante. J’étais dans un marché d’alimentation quand j’ai perçu qu’un tremblement de terre allait venir. D’ailleurs, je ne fus pas la seule à le ressentir, car d’autres personnes se sont déplacées dans le milieu de l’allée durant les mêmes secondes. Instinctivement, j’ai écarté un peu les jambes pour avoir plus d’équilibre, et j’ai laissé consciemment passer la secousse à travers moi, sans résister, pendant que je regardais les objets qui se trouvaient sur les tablettes s’écraser sur le sol. À la première secousse dans la nuit, j’avais eu peur, terriblement peur car je ne savais pas ce qui se passait. Cela m’a pris plusieurs semaines avant de réussir à dégager complètement toute cette tension dans mon corps qui était reliée à la trop grande décharge d’adrénaline libérée par mes surrénales ».

Exactement cinquante-huit jours plus tard, dans le centre-ville de Christchurch où j’avais demeuré dans un hôtel, il y a eu un tremblement de terre qui a causé un véritable désastre et tué plusieurs personnes. Quand j’ai vu les images de la catastrophe sur internet, mon corps s’est à nouveau crispé par réflexe, mais j’ai réussi dans les heures qui ont suivi à me défaire de la raideur dans mes épaules et dans mes jambes car le danger n’était pas réel.

Une grande partie de ma vie, particulièrement durant mon adolescence, les gens me répétaient sans cesse que j’étais trop sensible. Aujourd’hui, je considère que mon intuition est l’une de mes plus grandes richesses. Le fait de pouvoir reconnaître souvent une situation qui représente un véritable danger me protège, car si la peur nous paralyse, l’angoisse ou pire encore, nous diminuons ainsi notre qualité de vie.

J’ai développé ce précieux atout à travers les années grâce à ma sensibilité et ma détermination de vouloir vivre librement sans être toujours envahie par des peurs utopiques.

J’ai lu un jour cette phrase…   qui m’a beaucoup interpellée :

« Une vie vécue dans la peur est une vie à moitié vécue »

Joyeuse Pâques.

France Valiquette

Nouvelle du vendredi 18 février 2011.

La plage sauvage de Oakura, Nouvelle-Zélande


Je me suis rendue à l’autre bout du monde durant un peu plus d’un mois en décembre et janvier derniers pour y faire des recherches pour un prochain livre. J’ai célébré le solstice de l’été au pays de l’Aotearoa « Nouvelle-Zélande » dont le premier peuple a été et est toujours les Maoris. J’avais déjà visité ces îles à deux reprises par le passé.

C’est un endroit d’une beauté presque inimaginable pour les amoureux de la nature. Nous retrouvons dans l’île du nord, celle qui est la plus industrialisée, la première ville du pays Auckland. Ces terres renferment des geysers dans la région de Rotorua, la capitale des Maoris. Il y a également les grottes de Waitomo, plusieurs volcans, le parc national de Tongariro où se trouve la quatrième plus belle montagne au monde ainsi que des plages magnifiques. À l’autre bout de l’île se trouve la ville de Wellington, la capitale qui est reconnue pour ses intérêts artistiques et c’est dans son port que l’on peut prendre le bateau pour une traversée de trois heures dans l’île du sud. C’est dans cette même région que nous y retrouvons « Les circuits du Seigneur des anneaux ».

La Capitale Christchurch est située sur ce qui est appelée la « terre de feu » dans l’océan Pacifique. Dans cette île, on y retrouve des fjords dont on a su protéger l’authenticité et la pureté des paysages. Je les ai trouvés encore plus spectaculaires que ceux de la Norvège que j’avais pourtant beaucoup appréciés. Ensuite, on y retrouve des glaciers ainsi que des montagnes à vous couper le souffle sur des kilomètres de côtes sauvages. Sur les plages de Kaikoura, on peut observer des otaries et plusieurs autres espèces d’oiseaux dont l’albatros royal. Cet oiseau est celui qui possède les plus grandes ailes au monde et il peut passer jusqu’à trois jours à voler en mer. L’élevage des moutons est très répandu. Il y a ceux pour la laine et ceux pour la viande. Je dois vous confier que je trouve qu’ils ont une vie merveilleuse car ils vivent pour la plupart sur le flanc des montagnes avec le souffle de la mer qui vient faire frémir leurs belles frimousses toutes bouclées. Les autres animaux d’élevage vivent dans la plus grande liberté dans les prés.

L’écologie est bien intégrée dans la façon de vivre des Kiwis et leur culture produit des fruits délectables ainsi que des légumes savoureux. Je n’avais jamais mangé de fruits aussi bons. Lorsqu’un Néo-Zélandais, « un Kiwi », m’a tendu un abricot qu’il venait de cueillir de l’arbre, j’ai alors enfin compris la chute du paradis terrestre… car si j’avais été à la place d’Adam, cela n’aurait pas été à cause d’une pomme que j’aurais pu glisser dans le péché… mais bien pour cet abricot. Sa sensualité, son parfum ainsi que sa texture dans ma bouche m’ont presque menée à l’extase…

La Nouvelle-Zélande est considérée comme étant parmi les nouveaux pays émergeants de producteurs de vin d’excellente qualité. Il est inutile de vous dire que le vin est à l’honneur un peu partout mais ne vous inquiétez pas, ma consommation est demeurée très raisonnable.

J’ai grimpé et marché durant des kilomètres, pris des photos, rempli des carnets de notes mais ce que j’ai fait de mieux : « C’est de laisser pénétrer l’énergie de ces lieux dans toutes les cellules de mon corps ainsi que dans les tréfonds les plus secrets de mon esprit afin de pouvoir me régénérer en profondeur ». Ce qui m’a permis de réussir à dépasser certaines de mes frontières et je connais maintenant ce que veut dire : appartenir à une terre… l’Aotearoa ( pays du long nuage blanc ) a gardé une partie de moi en son sein.



La montagne sacré de Tongariro, Nouvelle-Zélande




France Valiquette

Nouvelle du vendredi 17 décembre 2010.

J’aimerais vous parler de la rencontre d’un homme né en Nouvelle-Écosse, à Cap Sable, dont les origines sont sénégalaises. Sa famille en est à sa neuvième génération au Canada; il s’appelle Paul Fehmiu-Brown. Il est historien, auteur et a écrit une trilogie sous forme de roman sur l’esclavage des Noirs au Canada. Je connaissais ce triste spectre de notre histoire mais je n’avais jamais rencontré de personnes pouvant me parler avec une aussi grande justesse de ces êtres déracinés de leur pays, déshonorés et souvent maltraités sur le territoire canadien. Surtout, ne croyez pas que le Québec a été différent car le premier esclave est arrivé en 1628 et son maître était un père Jésuite du nom d’Olivier Lejeune. Après toutes ses longues années sur notre continent, Paul est particulièrement attristé quand ses élèves de l’université du Québec à Montréal, l’UQAM, lui demandent encore aujourd’hui : « De quel endroit venez-vous »? Ce qui demeure surprenant dans tout cela, c’est qu’il parle la langue française comme la majorité de tous les autres Québécois mais la plupart de gens ne le reconnaissent pas comme un Canadiens Français.

Je vous suggère comme lecture « Ces Canadiens oubliés, Tomes 1,11 et 111 » de Paul Fehmiu-Brown aux éditions Livres 5 continents.

Je voudrais vous transporter maintenant dans le monde d’un autre auteur, cette fois-ci né à Bathurst au Nouveau-Brunswick, Réjean Roy. Un Acadien résidant à Montréal depuis plusieurs années. Le livre dont j’aimerais vous entretenir est un roman dont l’histoire a été inspirée d’un fait vécu, « Amère Liberté ». Le livre raconte l’histoire d’une jeune fille souffrant d’épilepsie dont les préjugés et la discrimination l’ont amenée à vouloir prouver aux autres qu’elle était comme eux. La douleur qu’elle a vécue reliée au jugement d’autrui, faussa sa perception de son problème de santé, ce qui l’amena à prendre une mauvaise décision qui lui couta la vie.

Pour ceux qui voudrait connaître son histoire, « Amère liberté », Réjean Roy, Les éditions de l’Étoile de la mer.

Je termine sur une note plus joyeuse. Ce fut avec beaucoup d’émotion que j’ai écouté la lecture d’un extrait de « Arizona; Mercedes Leroyer, partie 2 » à la bibliothèque du Mile-End. Lise Gascon, spécialiste en création théâtrale, a lu un passage sur un rituel de la mort du peuple des Navajos, cette partie de mon livre se déroulant dans un hôpital de la Nouvelle-Orléans. C’était la première fois que l’on donnait vie à mes personnages avec une telle intensité et justesse. Cet événement littéraire avait été organisé par la CDDL « Coopérative de distribution et de diffusion du livre » et a eu lieu le 4 décembre à la Bibliothèque du Mile-End sur la rue de l’Avenue du Parc à Montréal.

Je vous reviendrai en février 2011 pour la prochaine nouvelle.




Nouvelle du vendredi 19 novembre 2010.

J’ai été élevée en région et mon père était un garde forestier. La nature et les animaux sauvages étaient toute sa vie. J’étais haute comme trois pommes et il m’emmenait déjà avec lui à la pêche et plus tard, ce fut l’initiation à la chasse. Il m’a enseigné le tir alors que j’étais adolescente.

J’étais partie avec un ami à la chasse à la perdrix un bel après-midi d’automne. Il venait de s’acheter un nouveau petit bijou. C’était un fusil de calibre 12, semi automatique dont le bois au verni satiné brillait sous le soleil. Le copain « s’en pétait les bretelles » comme on disait dans mon coin de pays. Après avoir raté deux perdrix, son enchantement avait un peu diminué… il se tourna vers moi, me tendit son arme et me dit : « Si tu descends la prochaine que l’on voit avec mon fusil, je te l’échange contre le tien ». J’ai résisté à sa proposition durant quelques minutes, mais seulement pour la forme, et puis, j’ai accepté. Nous avancions lentement dans le vieux chemin quand j’ai entendu une gélinotte huppée qui s’envolait dans le sous-bois. J’ai déposé un genou sur le sol humide, épaulé le fusil, et quand elle est sortie de la forêt, alors j’ai anticipé sa trajectoire en pointant au-dessus de sa tête et j’ai tiré. Elle est tombée en voletant et je me suis mise à courir afin d’aller vérifier si elle était bien morte. Mon père m’avait appris que l’on pouvait chasser pour se nourrir mais que cela était absolument inconcevable de laisser souffrir inutilement un animal blessé. Avec un regard solennel, mon compagnon d’aventure vint me rejoindre, déposa la perdrix dans la gibecière qu’il portait à son épaule et en souriant il me dit : « Il est fait pour toi ». Je serrai dans mes mains ce cadeau inattendu. J’étais devenue en ce début de novembre, l’heureuse propriétaire d’un magnifique Beretta avec, gravé sur sa culasse, deux canards et possédant une gâchette en or… Cet ami était pourtant un excellent tireur à la carabine et au revolver. Cette journée se termina sur une bonne note pour lui car il a réussi à abattre un lièvre avec mon vieux fusil Remington.

Mon père est décédé. J’ai laissé la chasse, mon mentor n’était plus. J’ai fait du tir à la cible au revolver durant quelques années et puis j’ai cessé. J’avais gardé ma collection d’armes, et un bon jour, j’ai tout vendu, excepté mon revolver Smith and Wilson de calibre 38 à canon court.

En rentrant du travail, un soir de novembre 2009, j’ai trouvé un message de la sûreté du Québec me demandant de les rappeler. Le registre des armes à feu avait changé leurs règlements pour ce type d’arme à autorisation restreinte. L’agent à qui j’ai parlé m’a informée que j’avais deux alternatives si je voulais le garder; je devais de nouveau faire partie d’un club de tir ou demander un permis de collectionneur. Pour la deuxième possibilité, cela représentait plusieurs heures d’étude afin de pouvoir réussir l’examen théorique sur les armes de cette catégorie. En mars 2010, j’ai téléphoné à la police de ma municipalité et un agent est venu chez moi pour chercher mon revolver. Le policier, voyant ma tristesse de me séparer du dernier vestige d’une époque révolue, me raconta qu’il en avait possédé un, presque identique, et qu’il avait fait le choix tout comme moi de le faire détruire.

Je termine avec cette petite histoire qui m’est arrivée avec mon père. Nous étions allés à la pêche et nous avions attrapé plusieurs belles truites mouchetées. De retour à son petit chalet de pêche et de chasse, mon père était allé nettoyer les poissons dehors pendant que je lavais les légumes afin de préparer notre repas du soir. J’entendis un grognement; j’ai levé la tête pour regarder par la fenêtre et j’ai aperçu un ours noir qui se dirigeait vers les truites… ainsi que mon père. J’ai attrapé la carabine qui était accrochée au mur, ai pris quelques cartouches et suis sortie dehors pour venir à son secours. Mon père gesticulait dans tous les sens et parlait très fort à l’ours qui était monté sur ses deux pattes arrière. L’animal sembla hésiter, puis il redescendit sur ses quatre pattes, se retourna lentement et rebroussa chemin vers l’orée du bois. J’avais les jambes tremblantes pendant que mon père venait vers moi en ayant pris soin au préalable de ramasser les truites. Il riait en me disant : « Tu imagines; il a bien failli manger notre souper, qu’il s’en attrape tout seul du poisson! ». J’ai regardé mon père et je savais que tout comme moi, il n’aurait pas aimé que ce bel animal soit tué inutilement.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 22 octobre 2010.

Le Salon du Livre de la Péninsule acadienne fut une merveilleuse aventure. Les gens avaient souvent de nombreux livres dans leurs bras qu’ils serraient sur leur cœur; et que dire de l’hospitalité légendaire acadienne! Que ce soit au Nouveau-Brunswick, en Louisiane ou au Québec, cela m’impressionne toujours. Je considère que le travail que les bénévoles ont accompli durant ce salon du livre était exemplaire et est une partie importante de la grande réussite de ce bel événement littéraire.

J’ai rencontré un environnementaliste et écrivain québécois des plus sympathique, Serge Fortier. Un homme pacifique qui avait assisté à différentes rencontres sur le gaz de schiste et qui m’a drôlement éclairée sur le sujet. Un autre monsieur acadien de Shippagan dont j’ai malheureusement oublié le nom m’a offert une carte de la revue « National Geographic ». Elle illustre les puits de pétrole et les 3 500 plates-formes se trouvant dans le Golfe du Mexique. La carte explique également les écosystèmes marins de ces côtes. Ce partage de valeur et de respect de la nature m’a profondément émue et je remercie la vie d’avoir mis ces personnes sur ma route.

Le Hasard… m’a permis de faire la connaissance d’un auteur de livres pour enfants de cette région, également musicien qui a comme projet d’aller enregistrer un CD à Nashville. Ryan McIntyre est Irlandais. Dans la partie 3 de « Mercedes Leroyer », vous allez retrouver l’histoire d’un Irlandais de Nashville qui a fui vers la Californie mais qui y reviendra pour un festival de musique. J’ai écrit ce chapitre de mon livre le printemps passé.

Les longues heures de voiture pour me rendre à Shippagan ont été vécues dans la bonne humeur. J’ai écouté la musique du dernier album intitulé « AmerIcana », produit à Nashville, de Rock Voisine. Mon autre coup de cœur a été le dernier CD d’Eric Clapton paru à la fin septembre. C’est un pur plaisir musical pour mon oreille et sous la chanson « Autumn Leave », les coloris de l’automne sur le chemin du retour défilaient sous mes yeux éclairés par l’astre divin, le Soleil.



France Valiquette

Stand au Salon du Livre de la Péninsule acadienne. Serge et France


Nouvelle du vendredi 24 septembre 2010.

Nous allons bientôt célébrer la fête de L’Action de grâce. Pour le peuple des Navajos, cette fête est un moment important pour remercier leur mère, la Terre et ses amis le soleil, l’eau et le vent. Notre noble Terre qui, dans ses entrailles, nourrit toute les formes de vie, les végétaux qui sont les êtres les plus sensibles qu’elle porte, les animaux qui luttent pour leur survie et pour se reproduire tout en gardant l’harmonie avec la nature et… ceux que l’on surnomme les hommes. Les traditions de respect et d’amour envers la Terre qui sont transmises à leurs descendants par certains peuples sont d’une grande valeur et essentielle à l’équilibre de notre planète.

J’ai pris quelques jours de congé au début de septembre et je me trouvais dans la baie de Narragansett dans le Rhodes Island lors du passage de l’ouragan Earl. Heureusement, cela n’a pas été trop difficile, ce fut seulement une soirée de forte pluie et de grands vents. Le lendemain, celui-ci demeura, mais sous un magnifique ciel sans nuages. À la fin de cette belle journée, je me suis rendue admirer les derniers rayons de soleil près de l’océan après avoir entendu quelques chansons et regardé des danses traditionnelles irlandaises à un festival à Newport. Les vagues étaient impressionnantes, d’une forte intensité et plusieurs personnes s’en émerveillaient. Une grande tristesse m’a alors envahie; pourquoi, mais pourquoi nos océans sont-ils devenus si pollués, si nous les admirons à ce point ?

Je crois que je n’ai pas besoin de vous rappeler la détérioration de notre planète durant cette dernière décennie. Nous la traitons comme certains maîtres, jadis, traitaient leurs esclaves. La différence entre nous et ces tyrans, c’est que nous ne pourrons pas acheter une autre Terre pour les générations futures. Nos descendants vont devoir s’adapter à ce que notre inconscience matérialiste va avoir créé. Je me demande chaque jour comment l’être humain supposément « le plus intelligent » de la planète peut continuer de perpétuer autant de destruction sur son passage. Nous avons pu pourtant constater que différentes civilisations avaient complètement disparu parce qu’elles avaient toutes été détruites pour avoir voulu acquérir de plus en plus de pouvoir et pour satisfaire leur orgueil.

Je nous suggère de prendre quelques minutes de réflexion sur ce que représente pour chacun de nous « faire une action de grâce pour la terre » quotidiennement. Et si… nous manquons d’idées, nous pourrions prendre exemple sur certains peuples ainsi que sur les animaux, les vrais, pas ceux que nous traitons comme s’ils étaient nos enfants.

Je serai à Shippagan avec les Acadiens du Nouveau-Brunswick pour rendre grâce à notre mère la Terre au Salon du livre de la Péninsule Acadienne.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 27 août 2010.




J’ai écrit sur la pochette de mon premier livre : « S’il n’y avait plus de musique, mon âme s’éteindrait ». J’ai finalement compris, suite à l’écriture de cette phrase, que c’était certains artistes, en interprétant leur musique, qui me permettaient de nourrir mon âme de l’énergie du son qui fait vibrer leur instrument.

Ma plus belle découverte de l’été s’est passée au Festival Folk sur Richelieu et a été le groupe de **KLEZTORY**.

Il interprète de la musique Klezmer, celle des musiciens juifs itinérants qui parcouraient l’Europe de l’Est du 19e au 20e siècle. La musique de ces différents pays se côtoie : Pologne, Roumanie, Ukraine, Turquie, Hongrie, Grèce ainsi que des airs d’origine tsigane. J’ai apprécié chacun des musiciens mais c’est sous le violon d’Elvira Misbakhova, d’origine russe, que mon cœur s’est complètement ouvert à la richesse de cette musique que je connaissais déjà depuis plusieurs années. Le soleil s’est couché sous la magie de son violon ; un souvenir mémorable gravé à jamais dans ma mémoire.
www.kleztory.com

Mon deuxième coup de cœur était au Festival International de Jazz de Montréal et c’était le **BILLY’S BAND**.

C’est un groupe qui ne jure pratiquement que par Tom Waits. Les membres du band sont d’origine russe et leur musique vacille entre le blues et des ballades aux sonorités slaves. Leurs histoires nostalgiques étaient racontées de façon intimiste et la richesse de leurs interprétations m’a fait glisser dans leur univers; ainsi, j’ai complètement perdu la notion du temps et de la réalité.
www.billys’sband.com

Cette aventure s’est passée à l’Astral avec le **CORKY SIEGEL’S Chamber Blues**. Le groupe interprétait du Blues style Chicago accompagné d’une musique de chambre initiée par l’harmoniciste et compositeur Corky Siegel. Même avant la fin de la première pièce de musique, la salle était conquise. Nous étions transportés dans une atmosphère où les musiciens arrivaient à faire « parler et chanter » leur instrument. Une violoniste japonaise a interprété la première partie d’une pièce musicale sur un instrument traditionnel de son pays que, je crois, les Geisha apprenaient à jouer. Un silence plus que religieux flottait dans la salle ; c’était un pur moment de grâce.
www.corkysiegel.com


Vous pouvez me partager vos coups de cœur musicaux en cliquant
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France Valiquette

Photo : Groupe Kleztory

Nouvelle du vendredi 18 juin 2010.
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Il y a quelques semaines, je me rendais à la banque après une expérience merveilleuse. J’avais comme toutes les semaines joué avec une jument Haflinger selon la méthode de Parelli. C’est l’art d’apprendre à connaître la façon de vivre grégaire des chevaux et de s’y intégrer, ce qui signifie qu’ils finissent par nous prendre pour des amis et non pour des abuseurs ou bien des personnes représentant de véritables dangers pour eux. L’affection que me démontre ce cheval par moments me déstabilise complètement. J’ai inscrit sur la pochette de mon deuxième livre ; « Le cheval rendra l’homme noble, si l’homme sait l’aimer ». Mais aujourd’hui, je pense qu’ils peuvent également nous aider à vivre plus en harmonie en société.

Je sortais de la banque quand j’ai vu un homme dans la jeune vingtaine, costaud et habillé «vintage», injurier un monsieur ayant passé depuis longtemps le cap de la soixantaine et qui essayait de lui répondre d’une voix forte mais remplie de peur. Le jeune monsieur avait stationné sa BMW rouge dans un endroit interdit et accusait le vieil homme de l’avoir égratignée… Ma voiture était stationnée près de «l’accusé» et je me tenais à l’arrière de mon véhicule avec la ferme intention de protéger le «malfaiteur». Une dame est sortie de l’établissement et a demandé au propriétaire de la voiture rouge ce qui se passait, ce qui a eu pour effet de lui faire hausser davantage le ton et recommencer ses injures. Honteuse, la dame est montée dans la BMW. Une camionnette est arrivée et son conducteur a demandé à l’homme s’il désirait qu’il téléphone à la police; alors, celui-ci lui a répondu d’une voix conciliante que ce n’était qu’une petite égratignure. La fourgonnette est repartie et il est revenu donner un dernier assaut verbal rempli de haine. Le vieux monsieur lui avait répété d’appeler la police et cela avait eu l’effet d’une gifle. Il lui a crié en se rapprochant dangereusement de lui que s’il n’avait pas été aussi vieux, il lui aurait réglé son compte. La flamboyante voiture a finalement quitté le stationnement en trombe et le monsieur près de moi est remonté dans son auto en oubliant de se rendre à la banque.

Je me suis assise à mon tour dans mon véhicule et j’ai fermé les yeux en me demandant pourquoi cet être qui semblait favorisé par la vie avait développé autant de peur camouflée sous une telle colère. J’ose à peine penser comment il réagira un jour quand un de ses enfants le confrontera à sa douleur initiale. N’oublions pas que la colère se retrouve dans des blessures profondes et qu’il nous est profondément important de reconnaitre cette émotion pour pouvoir travailler sur sa véritable origine afin d’être porteur de paix… non de violence.

Bon été à tous. Je serai de retour au mois d’août.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 14 mai 2010.
Harlan Johnson, artiste peintre né à Halifax, vivant à Montréal depuis de nombreuses années.

Cette toile faisait partie d’une exposition qui à été présentée en 2008 et 2009 à Montréal et à Lafayette en Louisiane.


Nous avons tous entendu parler de l’explosion de la plate-forme de pétrole au large de la Louisiane et de son impact écologique mais nous avons rapidement oublié les onze décès suite à cette tragédie. J’avais déjà vu de ces plates-formes et j’avais une vague idée de leur fonctionnement comme beaucoup d’entre vous. Dans mon premier voyage en Louisiane en 2002, j’en ai aperçu une de la côte et à nouveau ma curiosité a été piquée. Durant mon second séjour dans ce charmant état du sud, j’ai eu la chance de discuter avec des Louisianais qui travaillaient sur ces îlots flottants.

Ils quittent leurs familles très tôt le matin pour se rendre sur la côte et monter dans un hélicoptère qui va ensuite les déposer sur les plates-formes. Ces hommes demeurent sur ces lieux de sept à dix jours. Une journée de travail est en moyenne de dix à douze heures. Leur alimentation est souvent médiocre et ils dorment à quatre dans des pièces exiguës dont la propreté laisse souvent à désirer. Ils sont en général bien payés et pour ceux qui acceptent des tâches plus dangereuses, la paye est encore meilleure. Ces hommes sont isolés, enfouissent leurs peurs au plus profond d’eux-mêmes. Ils désirent gagner le plus d’argent possible; alors, certains prennent des risques inutiles pour avoir des bonus. Un employé qui se distingue sera un des premiers sur la liste de rappel de la compagnie si le travail se fait plus rare.

Pendant ce temps, leurs conjointes, travaillant généralement à l’extérieur du foyer, doivent s’occuper seules des enfants et de toutes les autres besognes de la maison. À leur retour dans leurs familles pour quelques jours, ces hommes souhaiteraient retrouver leur femme, ainsi que leurs enfants, souriants et affectueux. Ils aimeraient naturellement ne pas trop entendre parler des soucis et des problèmes qui sont arrivés durant leur absence. Malheureusement, c’est rarement cette réalité qui les attend. Alors, l’alcool devient souvent leur refuge durant leurs congés. Après quelques années de cette vie, le divorce guette plusieurs de ces couples. Et certains hommes recommencent leur vie avec l’espoir qu’une autre femme saura mieux les comprendre et les aider à chasser leur vin triste.

Derrière le pétrole, il y a les industries pétrolières, les gouvernements et nous… Que sommes-nous prêts à faire dans notre vie de tous les jours pour changer notre relation abusive envers cette substance ? Pensons-nous à éteindre le moteur aussitôt que notre véhicule est en arrêt ? Utilisons-nous la climatisation avec modération durant l’été ? L’hiver, avons-nous banni de nos voitures les systèmes anti-démarreur si polluants ? Avons-nous acheté une voiture moins énergivore ou réfléchissons-nous à ce projet?

Nous savons tous que si les peuples s’engagent à changer leurs habitudes, les gouvernements et les industries finiront par emboîter le pas et la planète Terre qui nous a accueillis depuis notre naissance s’en portera mieux.

Une loi de la physique dit : « Un grain de sable peut créer une tempête magistrale ».

        « Voulez-vous être un de ces grains de sable qui créera un univers plus sain? »



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 23 avril 2010.
France avec deux guitares en verre soufflé Grey Barnhill Musiciens de la rue


J’ai passé mon congé de Pâques sous le ciel bleu de Nashville, Tennessee. Je voulais assister au Tin Pan South Songwriter Festival qui a lieu une fois par année en avril parce que c’est un festival de musique d’auteurs compositeurs. Nashville est une petite ville des plus sympathiques du sud des États-Unis; la musique est son mentor. Dans le centre-ville, nous y retrouvons, à certaines intersections près des feux de circulation, de la musique qui est diffusée pour agrémenter notre attente. Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas seulement un endroit de musique country car nous y retrouvons aussi du folk, du jazz, du blues, du rock, du bluegrass, du classique et plus encore.

Le spectacle qui m’a le plus fait vibrer était au Edgehill Studios Café. C’est une petite salle de spectacle qui nous permettait de nous sentir au cœur de la musique. Je ne pourrais absolument pas vous dire lequel de ces musiciens était le plus talentueux entre Grey Barnhill, Doug Johnson, Denis Malkosky et Chas Sandford. Ils ont également invité, durant leur spectacle, quatre autres musiciens à tour de rôle à venir chanter et jouer avec eux et naturellement, ils ont tous ensemble terminé la performance. Des voix magnifiques ainsi que d’excellents musiciens. Inutile de vous dire que je flottais quand je suis sortie du spectacle, c’était une soirée mémorable. Ce que je percevais de ces artistes, c’était leur attachement inconditionnel pour la musique qui leur donnait une confiance tranquille et une générosité sans frontière de langue, de race… avec le public.

À Nashville la musique « live » commence en fin de matinée dans les cafés, restos-bars et des musiciens jouent également dans les rues. Vous pouvez entrer et sortir de ces endroits sans payer de frais d’entrée et prendre de consommations. Les gens sont gentils et chaleureux. La politesse et la courtoisie des Sudistes sont toujours très agréables et comme toujours, les Canadiens sont particulièrement les bienvenus.

Le samedi soir, après avoir écouté différentes tendances musicales, je me suis retrouvée dans un Irish Pub comme il m’arrive de le faire dans plusieurs de mes voyages d’ailleurs. Il y avait trois musiciens irlandais. Le soliste, Mulls Mulligan, a réussi à me faire monter les larmes aux yeux en interprétant une belle chanson nostalgique de son pays d’origine parlant d’amour et de liberté.

Nashville est la première ville du sud à avoir accepté les Noirs aux études supérieures. J’ai aussi visité l’incontournable Country Music Hall of Fame que j’ai beaucoup apprécié et qui a sensiblement amélioré ma connaissance de cette musique. Vous y trouvez également le RCA STUDIO B, 27 MUSIC SQUARE W. « Ce lieu aurait produit plus de tubes que n’importe quel autre studio du pays », selon Lonely Planet.



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 19 mars 2010.


J’aimerais vous entretenir sur l’un des sentiments les plus nobles que la terre ait porté, « l’amitié ».






L’amitié n’est aucunement motivée par la sexualité et si on y en retrouve une influence, cela demeure secondaire. C’est une relation rare que vivent deux personnes en toute simplicité en dehors de toute forme d’ego et de dépendance. C’est un désir profond d’entretenir un lien authentique et vrai avec une personne qui peut avoir une feuille de route très différente de la nôtre mais dont nous partageons certaines valeurs fondamentales. Seul l’âge du cœur a de l’importance. Deux amis ressentent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre dans les moments réellement difficiles tout au long de leur engagement mutuel dans cette merveilleuse aventure.

Nous avons de nombreuses relations amicales qui comblent nos vides affectifs et nos moments de solitude que nous changeons au fils du temps selon nos variations d’humeur. Nous avons également beaucoup de relations sociales que nous entretenons souvent par politesse et pour se donner l’impression d’être bien entouré. Un ami ne remplacera jamais un parent dont nous ne nous sommes jamais sentis réellement aimés ou compris. Un ami, nous le choisissons avec notre intuition venant des profondeurs de notre cerveau reptilien et nous nous sentons libres durant toute la relation. Notre famille est présente dès notre naissance; nous en sommes dépendants pendant de longues années et certaines personnes en demeurent même prisonnières.

Comme nous vivons dans une époque d’individualisation et d’égocentrisme, l’amitié a perdu beaucoup d’importance; incidemment, je crois même que cela diminue profondément notre qualité de vie.

La véritable amitié est l’une des plus belles choses à vivre malgré tous les obstacles rencontrés sur notre chemin.



France Valiquette

Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate




« Arizona; Mercedes Leroyer, partie 2 »

2ième tirage


Le 2ième tirage du second tome de la romancière France Valiquette, Arizona; Mercedes Leroyer, partie 2, sera disponible en mars 2010.

Ce livre vous entraînera avec toute son intensité dans le mystère de ces deux états du sud des États-Unis, : la Louisiane et ses bayous ainsi que l’Arizona et ses cayons.

« Arizona; Mercedes Leroyer, partie 2 »
L’histoire se situe entre la Louisiane et l’Arizona, mettant en scène les Cadiens et les Navajos, deux peuples qui à priori n’ont peut-être que peu de choses en commun, sinon le fait d’avoir failli être exterminés. La trame de l’histoire nous ramène à quelques jours avant le départ de Mercedes et de Peter, son amoureux, pour l’Arizona, quand soudainement ce dernier rompt sa relation avec elle, sans explications. Mercedes décide quand même de se rendre seule dans la réserve des Navajos. Son amour des chevaux l’amènera à tisser des liens profonds avec eux, ainsi qu’avec Ekis, un géologue attachant et sensible qui vit en parfait équilibre entre les connaissances spirituelles de ses ancêtres et le monde scientifique moderne, et qui l’initiera à leurs coutumes. Mercedes, l’incarnation de tous les possibles, tentera de comprendre comment les Navajos ont réussi à vaincre l’adversité et à s’en sortir, au lieu de s’effondrer.

France Valiquette, auteure et thérapeute, a trouvé un tout nouveau sens à sa vie au début des années 1990. Avec ses nombreux voyages en Louisiane et en Arizona, elle est toujours à la recherche du cœur d’un peuple à travers sa culture, ses coutumes et surtout sa musique. Durant ses voyages en Arizona, l’ouverture du coeur et la gentillesse des Navajos lui ont permis, avec sa perception toute personnelle, d’écrire la partie 2 de la trilogie de Mercedes Leroyer.



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Nouvelle du vendredi 22 janvier 2010.



Je me suis rendue en Louisiane durant les vacances de la fin de l’année. Le 29 décembre, j’ai retrouvé mon vieil ami cadien, Norbert, au lac Martin vers 13 heures. Il était un peu fébrile car il arrivait du bayou et il avait vu un alligator, ce qui est très rare en cette saison. J’ai monté dans la chaloupe et nous sommes partis très enthousiastes à la recherche de la fabuleuse bête.

Jusqu’à ce jour, je n’avais réussi à prendre qu’une belle photo d’un bébé; autrement, nous ne voyions qu’une tache brune sur l’eau… et nous pouvions penser que c’était un bois flottant!!! La seule fois où je m’étais retrouvée à quelques mètres de ce majestueux reptile avec la possibilité de prendre un bon cliché, je n’avais pas de caméra. J’étais partie observer les hérons blancs et les spatules roses durant leur période d’accouplement et en regardant les oiseaux avec mes jumelles, j’avais entendu un glissement sur le bord du bayou. J’avais ressenti un frisson dans l’échine du dos car en Louisiane, nous devons rester également vigilants à cause des serpents. Il était énorme. Je suis restée à l’observer une quinzaine de minutes; puis, d’autres personnes sont arrivées et il a fui.

L’alligator se trouvait dans une zone du bayou où se rendait plus rarement Norbert. Il l’a retracé assez facilement et selon mon ami, il était dans une demi-dormance, ce qui nous a permis de nous rapprocher de lui facilement. Le reptile devait avoir entre quinze à vingt ans et peser environ soixante livres; ces bêtes peuvent vivre plus de cent ans. J’ai réussi à prendre quelques photos pour immortaliser ce moment privilégié et ensuite, nous avons décidé de le laisser se reposer en toute quiétude.

Nous nous sommes aventurés dans ce coin du marais et le moteur du bateau s’est coincé dans la végétation du bayou. Norbert a réussi à le dégager et quand il a voulu rebrousser chemin, il ne reconnaissait plus le bon canal à travers les roseaux. La chaloupe s’est prise à nouveau, mais cette fois, en plus de la végétation de plus en plus dense, le niveau de l’eau à cet endroit était moins profond. Après avoir essayé avec un aviron de dégager l’embarcation, mon ami a décidé de pousser le moteur à plein régime. La secousse a été telle que l’avant de la chaloupe s’est soulevé dans les airs; j’ai alors été éjectée de mon siège et projetée dans le fond du bateau. Je me suis relevée sans trop de mal sous le regard ahuri de mon compagnon mais dans les minutes qui ont suivi, nous avions les yeux rivés sur le plancher de l’embarcation surveillant si l’eau s’infiltrait. Après ce moment de tension intense et de peur, plusieurs autres tentatives pour se sortir de l’impasse furent tentées et alors le moteur s’est mis à chauffer après avoir projeté un mélange d’eau et de boue derrière son hélice. Norbert, chaussé de ses grandes bottes, a alors décidé de mettre un de ses pieds dans l’eau pour tenter de faire avancer plus facilement la chaloupe et au deuxième essai, nous avons fini par nous sortir progressivement de notre prison de fantômes végétaux du marais. Je gardais toujours un œil sur le plancher de la chaloupe car nous avons ensuite été coincés sur un arbre mort, ce qui nous a demandé encore beaucoup efforts pour se frayer à nouveau un chemin.

Quand nous avons enfin réussi à retrouver le canal, nous nous sommes arrêtés pour nous reposer et Norbert a alors sorti son « Moon shine ». Il m’en a versé une petite quantité dans un verre et lui qui ne boit jamais d’alcool. avec une forte concentration, il s’en est versé une rasade. Mon bon ami a déjà eu un sérieux problème d’alcool à son retour de la guerre et depuis longtemps, il ne boit plus que quelques bières occasionnellement. Je le sentais épuisé et il nous restait encore tout le lac à traverser avant le crépuscule.

Cette aventure m’a permis encore une fois de réaliser à quel point la vie devait avoir été difficile et dangereuse et je voudrais souligner comment grand étaient le courage et la détermination de survivre des Acadiens quand ils sont arrivés complètement démunis en Louisiane.



  France Valiquette

Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate




« Arizona; Mercedes Leroyer, partie 2 »

Retrait du marché momentané


Montréal, le lundi 14 décembre 2009 – Suite à la parution en octobre dernier du second tome de l’auteure France Valiquette, Arizona; Mercedes Leroyer, partie 2, une importante erreur informatique s’est malencontreusement glissée lors de la dernière étape de l’impression du livre qui sera retiré du marché. Les corrections nécessaires seront apportées avant que le livre ne soit imprimé à nouveau. Les Éditions Manuka et ses collaborateurs prévoient une deuxième édition dans les prochains mois.

Les gens qui souhaitent échanger leur copie pourront le faire en contactant directement l’auteure.

Les Éditions Manuka et France Valiquette en sont sincèrement désolés.

« Arizona; Mercedes Leroyer, partie 2 »
L’histoire se situe entre la Louisiane et l’Arizona, mettant en scène les Cadiens et les Navajos, deux peuples qui à priori n’ont peut-être que peu de choses en commun, sinon le fait d’avoir failli être exterminés. La trame de l’histoire nous ramène à quelques jours avant le départ de Mercedes et de Peter, son amoureux, pour l’Arizona, quand soudainement ce dernier rompt sa relation avec elle, sans explications. Mercedes décide quand même de se rendre seule dans la réserve des Navajos. Son amour des chevaux l’amènera à tisser des liens profonds avec eux, ainsi qu’avec Ekis, un géologue attachant et sensible qui vit en parfait équilibre entre les connaissances spirituelles de ses ancêtres et le monde scientifique moderne, et qui l’initiera à leurs coutumes. Mercedes, l’incarnation de tous les possibles, tentera de comprendre comment les Navajos ont réussi à vaincre l’adversité et à s’en sortir, au lieu de s’effondrer.

France Valiquette, auteure et thérapeute, a trouvé un tout nouveau sens à sa vie au début des années 1990. Avec ses nombreux voyages en Louisiane et en Arizona, elle est toujours à la recherche du cœur d’un peuple à travers sa culture, ses coutumes et surtout sa musique. Durant ses voyages en Arizona, l’ouverture du coeur et la gentillesse des Navajos lui ont permis, avec sa perception toute personnelle, d’écrire la partie 2 de la trilogie de Mercedes Leroyer.



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Nouvelle du vendredi 18 décembre 2009.

La vie me conduit sur des routes souvent étranges et je me demande toujours, en lisant un roman, si quelque part dans l’univers, un être n’a pas vécu quelque chose d’un peu similaire…

Dans les dernières semaines, le jeune neveu d’un ami a été assassiné, le père de deux belles adolescentes que je connais s’est suicidé et dans le métro, j’ai rencontré un jeune homme dans un état lamentable, devenu ainsi à cause de médicaments qu’on lui a prescrits pour bien fonctionner… à l’école alors qu’il était enfant. Comme vous pouvez le remarquer, ce sont toutes des personnes de sexe masculin et depuis plusieurs années, les statistiques démontrent qu’ils sont souvent en détresse émotionnelle ou en difficulté.

Sincèrement, je pense que nous portons tous une certaine responsabilité sociale et que cela serait important de regarder ce que nous pouvons faire pour améliorer nos croyances entre les générations et les sexes.

Vous êtes-vous déjà demandé à quel âge vous avez eu l’impression d’avoir perdu votre jeunesse? Je crois que ce moment arrive parfois très tôt dans la vie quand les peurs commencent à nous paralyser et que nos pensées glissent dans l’avoir et le paraître plutôt que vers l’être et la conscience sociale.

J’aimerais vous inviter à réfléchir à vos idéaux ou du moins à un qui était particulièrement important pour vous et que vous avez rangé dans un tiroir. Engagez-vous à le réaliser tout en respectant votre énergie et vos possibilités. Vous serez sans doute surpris de sentir à nouveau la fierté et la joie de vivre. Le partage simple et vrai entre deux êtres est souvent l’ébauche d’un moment marquant… aussi court soit-il. Nous avons besoin à tout âge de croire en l’amitié et en l’amour. Un sourire, un regard complice, une parole peuvent être le pont pour faire prendre conscience à une personne qu’elle a une vie à vivre et qu’elle est importante pour la société si elle le décide.

Nous terminons une décennie pour en commencer une autre; alors, j’aimerais que nous joignions nos efforts pour êtres de ceux qui la créeront positive… et meilleure.

Avec tout l’amour et la paix que je travaille à cultiver chaque jour dans mon cœur, je vous souhaite :

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE



France Valiquette

Nouvelle du vendredi 18 septembre 2009.

J’ai pris une semaine de vacances au début du mois dans le Rhode Island à Newport et Charleston. Le soleil était au rendez-vous tous les jours et je n’avais pas ainsi passé de temps près des côtes de l’océan Atlantique depuis plusieurs années. Je préfère la douceur et l’intensité de l’océan Pacifique. L’eau était chaude mais j’avais une sensation désagréable en me baignant; alors je me suis arrêtée. J’ai fermé les yeux et j’ai enfin compris que c’était l’énergie de la mer qui avait changé. La pollution faisait son œuvre malveillante, ce que j’avais connu il y a quelques années n’existait déjà plus.

Je pense que si le cycle de destruction continue d’évoluer à ce rythme, les fruits de mer ne seront plus réellement comestibles dans un avenir rapproché; et ensuite viendra le moment pour les poissons... Pourquoi l’Atlantique est-il plus perturbé que le Pacifique? Je suis loin d’être une spécialiste mais je pense qu’il a été et est toujours utilisé à des fins commerciales d’une façon plus intensive et abusive.

Le Pacifique a été un peu plus épargné et les magmas en fusion dans les tréfonds de ses eaux aident-ils à conserver un certain équilibre. Faudrait entendre l’opinion des scientifiques à ce sujet. Je sais, comme la plupart d’entre vous, que nous sommes dans une période de grands changements atmosphériques et l’humanité en porte, pour une large part, la responsabilité. La grande question est : «  Sommes-nous vraiment conscients de l’adaptation que notre corps et notre esprit va avoir à faire face dans les prochaines années pour pouvoir conserver un équilibre et un bon système immunitaire »?

Charleston accueillait, pour la 12ième année, le New England’s Hottest Festival of Root Music & Dance. La musique fut excellente et le groupe The Duhks du Manitoba s’est exprimé en partie dans la langue Française en présentant leurs chansons à mon grand plaisir. Ce band fut une belle découverte pour moi.

Un soir où je m’étais isolée de la foule durant un moment, j’ai entendu a capella une chanson celtique pendant que j’admirais les rayons de la pleine lune sur le lac. C’était un moment de grâce… la voix humaine en parfaite harmonie avec le ciel et la terre. Voilà un autre trésor que je conserverai jusqu’à la fin de mes jours tout au fond de ma mémoire et qui me soutiendra dans les jours de grisaille.

Je termine en vous invitant à vous rendre sur www.playingforchange.com pour voir et écouter « Stand by me » interprété par différents musiciens à travers le monde. J’ai eu la chance d’être un jour dans plusieurs des lieux où ils se produisent. À leur façon, ils partagent leur amour de la musique pour la paix et l’harmonie dans le monde…

« S’il n’y avait plus de musique, mon âme s’éteindrait »

France Valiquette

Nouvelle du vendredi 14 août 2009.

Depuis quelques années, mon niveau de conscience relié à l’égocentrisme s’est beaucoup développé. Avec le plus de discernement possible, je travaille à comprendre comment nous pouvons arriver à un tel comportement.

Quand nous sommes dans notre besoin de reconnaissance, de performance et d’être aimé envers et contre tous… l’autre a peu importance et nous nous en servons pour combler notre vide intérieur; et ce vide, réapparaissant toujours sous différents visages, nous le compensons avec les biens matériels, la nourriture, l’alcool, la maladie etc.

Comment sommes-nous devenus si indifférents aux autres? À quel moment de notre vie avons-nous pris cette tangente, commencé à fermer les yeux, à nous éloigner de notre désir de vivre ? Pourquoi sommes-nous emmurés dans notre tour d’ivoire avec la pensée que c’est toujours de l’autre que vient le problème, plutôt que de réfléchir à ce que nous avions à sentir et comprendre des évènements qui se produisent sur notre chemin de vie ?

Cela m’attriste profondément de voir que les sentiments de « bonté » et de véritable « empathie » ne sont plus tellement à la mode. La peur est-elle en train de détruire la possibilité de vivre de véritables relations d’amitié ou d’amour, nous faisant complètement passer à côté de la vie?

Je vous invite à prendre le temps d’une réflexion sur l’importance de la véritable générosité dans notre quotidien et comment nous pourrions améliorer notre vie et celle de nos contemporains en étant plus présents aux véritables valeurs humaines...

France Valiquette

Nouvelle du 20 mars 2009.

Il y a quelques jours, soit le 8 mars comme à chaque année, nous avons eu la journée de la femme. Je dois cependant admettre que cela fait déjà plusieurs années que je me pose des questions sur la pertinence de cette fête. Je suis d’accord pour commémorer la mort de Martin Luther King, celle de Jésus de Nazareth ainsi que la journée de la paix mais cette journée de la femme m’apporte un certain malaise à chaque année. Je trouve que cette journée n’a rien à voir avec la pertinence des relations et des sentiments qui peuvent exister entre les hommes et les femmes, que ce soit en amitié ou en amour.

À mon humble avis, être une femme est un état d’être qui se reflète dans notre façon de vivre et l’apparence de notre corps physique. J’ai toujours été de celles qui aimaient les hommes, particulièrement ceux qui sont bien dans leur yang ( logique et force ) et en harmonie avec leur yin ( intuition et sensibilité ). Je ne les ai pas toujours aimés de la bonne manière mais je me suis rachetée depuis. J’ai eu ma période au début de la vingtaine où je voulais les dominer. C’est une relation avec un homme qui m’a beaucoup aimée et qui est décédé aujourd’hui qui m’a fait réaliser ce comportement. Je me suis séparée de lui et j’ai ressenti de la honte durant quelque temps. J’ai compris que quelques-unes de mes peurs envers les hommes m’avaient été inculquées par la société et je me suis engagée à les apprivoiser. J’ai vécu des expériences où je me suis sentie agressée par le comportement de certains hommes mais c’est généralement l’un des leurs qui venait à ma rescousse. Par ailleurs, j’ai été souvent attristée par les réactions hargneuses et dévalorisantes de la femme envers le sexe masculin.

Nous savons tous que les hommes et les femmes sont différents. C’est dans cette différence que l’intérêt se trouve et que nous pouvons trouver la richesse de véritables relations amoureuses et amicales. Si une relation est sous l’emprise de la domination, nous avons alors un bourreau et, par conséquent, une victime qui se définit par une co-dépendance malsaine. Nous entretenons une énergie de conflit et de guerre plutôt qu’une énergie dans laquelle pourrait transparaître le calme et la paix.

Voilà, j’attendrai vos commentaires qui pourront sûrement m’éclairer dans ma quête de la véritable liberté intérieure.

Vous pouvez me joindre en tout temps en cliquant sur
« contacter » ; de plus, voici les coordonnées du premier Musée de la Femme au Québec. www.musédelafemme.com

France Valiquette

Conte de Noël, décembre 2008.

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Conte de Noël,

Nous sommes en Laponie dans le Nord de la Norvège à quelques jours de Noël. La veille, Gustav, le chef d’une petite bande de trolls, avait fait l’inventaire des victuailles et il avait réalisé qu’il ne restait que quelques galettes de seigle comme provisions.

Il avait réfléchi toute la nuit et, au petit matin, avait décidé de se rendre à l’atelier du père Noël, le seul vrai père Noël qui avait toujours vécu, de père en fils, dans le nord de son pays.

Toute l’équipe, composée du père Noël, de la fée des Étoiles et des nains, travaillaient de longues heures afin d’être prêts pour la visite des foyers lors de la distribution des présents. Le père Noël commençait trois jours avant la grande Fête car il y avait maintenant beaucoup plus d’enfants sur la Terre.

Les rennes qui devaient tirer son chariot seraient donc sans surveillance.

Gustav avait décidé qu’il irait en voler un pour avoir de la nourriture durant l’hiver. Ses amis et lui étaient partis tôt le matin et avaient marché une bonne partie de la journée pour se rendre à leur destination. À cette période de l’année dans le Grand Nord; il faisait noir tout le jour, alors ils n’auraient pas à attendre la nuit pour capturer le renne. Ils avaient mangé le peu de nourriture qui leur restait avec de l’eau chauffée sur le feu avant leur départ. Gustav sentait les forces de ses deux amis s’affaiblir et essayait de les encourager de son mieux quand il aperçut une petite bourgade où l’on pouvait voir sortir de la fumée des cheminées des maisons. Ils s’approchèrent de l’une d’entre elles et virent une dame qui transportait une grande marmite fumante.

       - Madame, le fumet de votre chaudron sent tellement bon!
Qu’avez-vous cuit à l’intérieur ?

La dame s’arrêta et les regarda à tour de rôle avant de leur expliquer :

       - Le premier ingrédient de mon potage est de l’amour. Ensuite, j’ai ajouté une grosse portion d’amitié et j’ai assaisonné le tout avec une épice que l’on nomme de la joie qui, semble-il, vient du fin fond du cœur humain.

Une moue apparut sur le visage de Gustav suivit d’un sourire triste.

       - Vous voulez goûter à mon délicieux plat ? demanda la dame.

Le plus jeune des trois, qui se nommait Nelsans, se dit qu’il valait mieux mourir de faim en sentant de l’amour à l’intérieur de lui plutôt que de la haine et accepta le bol que lui tendit la main de la femme. Les deux autres trolls finirent eux aussi par accepter l’assiette qui leur était généreusement offerte. Dès les premières bouchées, ils sentirent un apaisement de la faim et quand ils eurent fini de manger, toute leur énergie était déjà revenue. Gustav releva la tête de son bol pour remercier la dame et il vit qu’elle s’était transformée en fée des Étoiles. Il baissa à nouveau la tête, se sentant rempli de remords et de culpabilité. Nelsans dit à la fée des Étoiles:

       - Votre potage est le meilleur que je n’ai jamais mangé et je vous en remercie infiniment. Mes amis et moi pourrions aller vous aider pour la préparation de la grande tournée du père Noël et peut-être accepterez-vous de nous donner à nouveau votre mets qui va nous permettre de devenir plus compatissants.

Gustav fut alors nommé chef des écuries des rennes et il s’engagea à prendre soin d’eux et à les protéger jusqu’à la fin de ses jours.


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Je me suis rendue en Norvège en 2001. Ce pays restera toujours pour moi un des plus beaux au monde; la nature est d’une telle beauté et les paysages sont d’une grande pureté. La Norvège est un pays ou l’écologie prédomine depuis plusieurs années. Depuis ce voyage dans ce pays, un petit troll est placé sur le rebord d’une de mes fenêtres de ma maison pour la protéger, selon une des coutumes de ce pays.



JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE
QUE LA JOIE DE VIVRE ET LA PAIX SOIENT SUR VOTRE ROUTE.
FRANCE VALIQUETTE

Nouvelle du vendredi 15 août 2008.

J’ai entendu Micheline Lanctôt, la réalisatrice et comédienne en entrevue, parler de la beauté. Elle exprimait que la beauté prenait sa réalité quand elle nous amenait à sentir différentes émotions ou sentiments. Même enfant, je la recherchais et à mon plus grand émerveillement, je le trouvais dans la nature. Aujourd’hui, je reconnais la beauté dans différentes formes de vie : humaine, animale, végétale et minérale. La beauté, la vraie, celle qui fait vibrer mon âme et me garde sur le sentier de la lumière, me permet également de cohabiter plus facilement avec mon côté obscur ainsi que celui des autres.

J’étais à Bâton-Rouge, en Louisiane, dans un petit resto-bar modeste. Un homme noir, usé par la vie, un verre de whisky à la main et une cigarette dans l’autre, vint rejoindre les musiciens qui s’installaient pour le spectacle. Nos regards se croisèrent une fraction de seconde et j’ai eu soudainement envie de connaître sa musique. Dès le moment où il a commencé à jouer de sa guitare et à chanter, il est devenu d’une grande beauté.

Ce soir là, j’ai ressenti en l’écoutant une immense joie aussi que beaucoup de tristesse et j’ai eu la sagesse de partir avant qu’il n’ait trop bu et qu’il noie sa beauté. Il est probablement décédé aujourd’hui mais je ne l’oublierai sans doute jamais.

Je vous invite à venir sentir la beauté et à la laisser pénétrer en vous plutôt que de simplement la voir.
France




Petite histoire d'une randonnée...

L'aventure a commencé après cette question écrite à Zachary Richard. Comment sentirais-je l'âme de la Louisiane? Zachary m'a simplement répondu: « Si tu veux sentir l'âme de la Louisiane tu dois y aller souvent » et il m'a donné quelques conseils pour y arriver.

L'étincelle c'est produit à mon premier voyage en décembre 2002 sous le violon de David Greely. Ce musicien membre du meilleur band cajun de la Louisiane, Steve Riley and the Mamou Playboys. David m'a fait plonger dans l'âme de sa chère Louisiane. Je me suis rendu plus de douze fois dans ce pays que j'ai appris à, profondément aimer. Delà m'est venue l'idée de partager une parcelle de moi-même à travers mon héroïne, Mercedes Leroyer. Cette femme de cœur qui oscille entre le Québec et la Louisiane...

Abrebayou


Remerciements


À …
Tous les musiciens de la Louisiane qui ont chaleureusement partagé leur amour de la musique avec moi.

À…
Blake Oliver pour sa loyale amitié et sa passion pour la musique.

À Curley Flurence, shérif à Lafayette, pour sa précieuse collaboration.

À …
Norbert Leblanc « authentique chasseur d’alligator » que j’ai rencontré à mon premier voyage en 2002. Une belle relation s’est tissée entre nous, passionné de la nature. Norbert est mon seul personnage non-fictif de ce livre. Il propose maintenant des excursions en chaloupe sur le lac Martin.

À …
François Lessard, mon merveilleux guide du cratère de Charlevoix

À …
Harlan Jonhson, le premier musicien accordéoniste cajun Montréalais que j’ai rencontré. Il est en amour avec la Louisiane depuis de très nombreuses années.

À …
Silvie Delorme, cette femme dont la sensibilité est d’une richesse sans fin …

À …
Denise Desjardins que je connais depuis presque toujours. Elle m’a accompagné de la conception de l’idée jusqu’à la naissance de Mercedes Leroyer.

À vous tous…
Acceptez toutes mes amicales remerciements.

France Valiquette