Voyage
Nouvelle du vendredi 17 juillet 2009.

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Voici une photo dont je suis particulièrement fière. Je l’ai réalisée à La Jolla en Californie. Elle symbolise le romantisme dans une de ses expressions les plus pures en communion avec la beauté de la nature. Si vous l’agrandissez, vous verrez que la belle sourit à son nouvel époux même s’il la tient suspendue dans le vide au bord de la falaise. La question qui m’est alors venue à l’esprit est celle-ci : « À quel homme accorderais-je une telle confiance? »

Et le visage d’Ekis m’est apparu. C’est un géologue Navajo que vous apprendrez à connaître dans
Mercedes Leroyer; partie 2, Arizona. Ekis est un homme qui vit en parfait équilibre entre les connaissances spirituelles de ses ancêtres et le monde scientifique moderne.

L’histoire oscillera entre l’Arizona et la Louisiane. Un ami cadien m’a dit un jour : « Comment peux-tu réussir à associer les bayous et le désert? » Je lui ai répondu en souriant : « Ce ne sont pas les lieux qui sont les plus importants mais bien les gens qui y habitent. »

Ce sont d’ailleurs deux peuples que l’on a failli exterminer.

Je vous souhaite de bonnes vacances à tous.

France Valiquette

Nouvelle du vendredi 16 janvier 2009.

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C’était la sixième fois depuis 2002 que je passais les Fêtes de la fin de l’année en Louisiane et, durant cette période, ce fut mon plus beau voyage. La température était exquise, oscillant entre les 20 et 25 C, avec un beau ciel bleu la plupart du temps. Le dernier ouragan, qui a passé sur la Louisiane en septembre dernier, a particulièrement touché la région de Breaux-Bridge et d’Henderson, près de Lafayette. Le restaurant chez Mulatre, l’endroit où Peter avait invité Mercedes à souper pour le premier de l’An ainsi que le Wiskey River, où il l’avait ensuite emmenée danser, ont eu leurs toitures arrachées par l’ouragan. J’ai alors fêté la réouverture des deux établissements avec mes amis cadiens. N’oubliez pas qu’en Louisiane, tout se fête avec de la bonne musique et de la danse.

J’ai bien profité de la nature, sans maringouins ou presque, et j’ai dansé tous les soirs. Un dimanche après-midi, au Wiskey River, j’ai continuellement occupé la piste de danse pendant plus de trois heures et demie avec Simon. Il est un danseur exceptionnel. Il fait de la course régulièrement et il a perdu trente-cinq livres dans les derniers dix-huit mois. Un de ses amis que j’avais déjà rencontré a développé une infection à une jambe et trois semaines plus tard, il était décédé. À partir de ce moment-là, il a réalisé la fragilité de l’être humain et il a décidé de vivre sa vie sainement et plus harmonieusement.

Au « Pot luck party jam », chez Deby, pour le premier de l’An, j’ai rencontré un acteur cadien, Pat Mire, un homme des plus sympathique et qui connait bien André Glandu qui a réalisé des documentaires sur la Louisiane.
J’ai été particulièrement touchée par les gens qui ne peuvent pas vraiment lire le français mais qui tenaient absolument à se procurer mon livre. J’ai été également émue par des jeunes qui vivaient une grande détresse et par le raciste qui est toujours présent; mais j’ai aussi senti les gens de race noire prendre de plus en plus leur place. Cela m’a fait chaud au cœur.

Les photos sont :
Wiskey River : Gino Delafose, le deuxième roi du zydeco après le grand Clinton Chénier…
Mulatre : Dane Thibodeaux, Breaux-Bridge, il joue de la guitare, du violon, de l’accordéon et il aime danser…
Wiskey River : Simon Reed, le meilleur danseur de zydeco que je connaisse. Dans ses bras, par moments, vous avez littéralement l’impression que vous flottez sur le plancher de danse...

France Valiquette



Nouvelle du vendredi 21 novembre 2008.

Je suis au Salon du Livre de Montréal 2008 au kiosque 349-A avec mon distributeur, la CDDL. Mon horaire est celui-ci : le jeudi, 20 novembre de 15 à 21 heures; le vendredi, 21 novembre de 15 à 21 heures; le samedi, 22 novembre de 15 à 21 heures et le dimanche de 9 à 15 heures.
Au plaisir de vous y saluer.

Nous étions le 6 septembre 2008 et je me trouvais en Arizona. Mon humeur était plus qu’excellente et mon cœur était rempli de sollicitude envers la vie qui me permettait encore une fois de faire un si beau voyage. Le soleil descendait derrière un canyon et je me rendais à une fête du peuple des Navajo, le couronnement de la Reine. C’est une fête qui se veut un hommage et une reconnaissance à la valeur de la femme pour ce peuple. Lors de leur grande fête annuelle, ils viennent de partout à travers les États-Unis et même du Canada pour partager leurs valeurs culturelles et spirituelles ainsi que leur vision de l’avenir tout en festoyant. Leur réunion se fait sans alcool car c’est interdit sur la réserve qui s’étend sur quatre états : l’Arizona, le Nevada, le Nouveau-Mexique et l’Utah.

Je venais de pénétrer sur le site des festivités quand j’ai aperçu un homme d’une forte constitution qui tombait sur le sol de terre battue rouge, du sang giclant de sa tête. Je me suis mise à courir à toute vitesse pour l’aider. J’ai pressé sur sa blessure avec un tissu propre que m’a tendu une personne et j’ai réussi à calmer l’homme et à arrêter l’hémorragie en attendant les secours. Son premier regard était apeuré en réalisant que j’étais une femme blanche, mais au son de ma voix, ses muscles se sont décontractés et j’ai senti qu’il commençait à me faire confiance. Deux agents de sécurité sont alors arrivés. Je leur ai expliqué la situation et l’un d’eux m’a aidée à prendre soin du blessé pendant que l’autre demandait du secours. Les policiers ont fini par arriver et, en me relevant pour les laisser travailler, j’ai aperçu des dizaines de visages Navajo rivés sur moi, dont certains ont esquissé un sourire de remerciement. J’ai croisé des regards et j’ai été touchée par ce que j’ai vu. J’étais tachée de sang et de sable mais cela n’avait aucune importance car j’étais fière d’avoir pu soulager un peu cet homme.

Il y a très peu d’étrangers non indiens qui viennent à leur fête mais je me sens bien avec eux et en sécurité.
Le raciste n’existe que si la peur domine… et que la différence ferme notre cœur à l’amour universel.

France Valiquette




Nouvelle du vendredi 17 octobre 2008.


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En septembre dernier, je me suis rendue en Arizona pour la troisième fois. C’est le pays des canyons où vivent les Navajo, un grand peuple fier et courageux qui, tout en conservant leurs valeurs spirituelles, ont aussi le regard tourné vers l’avenir. Leur réserve s’étend sur quatre États. Ils ont leur propre système de loi, de santé et leur université. C’est une entité indépendante dans les États-Unis. Ils ont presque été exterminés au siècle dernier; c’est un point que les Navajo ont en commun avec les Cadiens et qu’ils partagent avec eux. La beauté ainsi que l’immense paix que dégage leur territoire sont inexprimables pour l’écrivaine que je suis.

L’histoire de mon prochain livre, Mercedes Leroyer (deuxième partie), se déroulera entre la Louisiane et l’Arizona, plus particulièrement avec le peuple des Navajo.

Peter Dugas, après deux ans de relation amoureuse avec Mercedes, décide de rompre sans aucune explication et ce, juste avant leurs vacances. Mercedes, se retrouvant seule, décide alors de partir sur la réserve des Navajo pour connaître leurs coutumes et leur culture. Gabriel, le fils de Peter, de même que Ben, devenu un jeune musicien de prestige en Louisiane, sont très inquiets du comportement de Peter. Ils essaient de prendre contact avec Mercedes et, après plusieurs tentatives infructueuses et le désespoir au coeur, décident de partir à sa recherche en Arizona.

L’écriture du livre suit son cours et tire à sa fin. Ensuite, viendront les long mois de correction. Mais j’ai bon espoir que sa parution aura lieu à l’automne 2009.

France

Nouvelle du vendredi 21 mars 2008.

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C’était en avril 2005, le soleil brillait sur un ciel splendide. Il faisait plus beau et chaud que j’avais prévu. Après de longs mois d’hiver, quel plaisir de célébrer Pâques sous des cieux plus cléments. Blake Oliver m’avait invitée dans leur petit studio de musique à Bâton-Rouge pour assister à une de leur pratique. Le groupe The Terms se préparait à ce moment-là à sortir un premier CD et c’était le début des récitals qui commençaient. Le Jeune band était très fier qu’une Canadienne française s’intéresse à leurs compositions et interprétations. J’ai pu connaitre avec eux une autre vision de la Louisiane ainsi que les perceptions et rêves de cette génération que plusieurs étrangers ignorent.

Les fêtes de Pâques pour les Cadiens, c’est aussi le temps des grands rassemblements pour faire des barbecues et bouillir des écrevisses. J’étais à mon troisième voyage mais je ne me suis pas méfiée ; alors, j’ai mangé des écrevisses tellement épicées que je me suis retrouvée complètement étouffée et incapable de respirer. Je ne pensais pas que cela était possible ; inutile de vous dire que j’ai eu ma leçon. Si vous vous rendez en Louisiane, vous prenez une toute petite bouchée, vous attentez quelques secondes et vous pourrez alors décider si vous pouvez continuer à manger le mets servi. Il est inutile de vous rendre malade, les Cadiens comprennent que cela n’est pas dans nos coutumes.

Tout est fleuri et le parfum des fleurs est d’une telle sensualité, c’est un des plus beaux moments de l'année pour voir ma chère Louisiane.

Joyeuse Pâques! Que plaisir et musique soient au rendez-vous!

France Valiquette

Nouvelle du vendredi 21 février 2008.

J’ai eu envie ce mois-ci de vous parler du Mardi Gras qui avait lieu cette année le cinq février, alors nous aurons Pâques quarante jours plus tard. Vous avez sans doute entendu parler de celui de la Nouvelle-Orléans mais en Louisiane chaque ville et village fêtent le Mardi Gras. Certains travaillent à la conception de leur costume durant des mois pendant que d’autre vont les louer. La fête commence souvent trois semaines avant et cette année les Louisianais n’ont pas eu grand repos après les festivités du jour de L’An.
Je suis allé en 2004, mais malheureusement, j’ai eu des problèmes de caméra alors vous ne pourrez pas voir mon magnifique costume… les gens s’arrêtaient dans les rues pour me prendre en photo. Je voulais faire honneur à la créativité québécoise Pour le Grand Jour; j’avais choisi celui d’Eunice, le Mardi Gras traditionnel d’autrefois. Les Mardi Gras arrivaient de la campagne environnante à cheval, certain tenant une poule dans une de leur main ainsi s’organisait la parade dans les rues de cette petite ville. Des chars allégoriques défilaient avec la chanson du Mardi-Gras interprétée de différentes façons. Le plaisir des gens était d’attrapé des colliers multicolores lancés à partir des chars. Je vous mentirais si je ne vous disais pas que la bière ne coulait pas à flot mais des policiers souriant, veillaient à maintenir l’ordre et la sécurité. Quand la parade fut terminée alors les meilleurs musiciens cajuns de la Louisiane sont là; pour vous faire danser dans les rues. Hé oui ! les Cadien peuvent danser… encore et encore, pendant des heures.

France Valiquette

Voici le texte intégral de La chanson des Mardi Gras.

Interpréter ici par Zachary Richard en 1977 www.zacharyrichard.com

Les Mardi Gras s’rassemblent une fois par an
Pour d’mander la charité
Ils s’rassemblent un fois par an
Tout à l’entour du grand moyeau

Capitaine, capitaine voyage ton flag
Allons aller chez nos voisins
Capitaine, capitaine voyage ton flag
Allons aller sur le chemin

Les Mardi Gras d’mandent la rentrée
À chaque maître et à chaque maîtresse
Ils d’mandent la rentrée
Avec tous les politesses

Donnez nous aut’s un ‘tite poule gras
Ou bien un ‘tit peu d’ riz
On vous invite de v’nir ce soir
Manger du bon Gumbo

Voulez-bous bien recevoir ces Mardi Gras.
Cette grande bande de grand soulards
Les Mardi Gras vous remerci bien
De vot’ bonne volonté

Les Mardi Gras viennent de tous partout par tout
Pour d’mander la charité
Ils s’rassemblent de tout par tout
Mais principalement du grand bayou

Allons aller sur le chemin


Nouvelle du vendredi, le 18 janvier 2008.


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Mon livre « Mercedes Leroyer ; Partie 1, Louisiane » a été bien reçu à Lafayette. Les gens étaient touchés… mais malheureusement, peu d'entre eux pourront le lire car cela représente un gros défi  pour les Cadiens et les Créoles de lire en français.

J'ai eu du bon temps avec Norbert, le seul personnage non fictif de mon livre.  Nous sommes allés dans les bayous durant des heures.  La température était plus froide certain jours mais quand elle s'est réchauffée, nous avons pu y voir de nombreux oiseaux; par contre, les alligators sont en dormance l'hiver. J'ai même cuisiné du poisson frais, surnommé « saccalet », que Norbert avait pêché ; c'est plus délicieux que du poisson-chat. Il était allé à la chasse et avait manqué deux chevreuils ; je lui ai dit :
-C'est sûrement  la « mire » de ton fusil qui est le problème.
Il a souri.
- C'est sûr que t'as raison!

Ce fier Cadien a plus de 74 ans et conserve une bonne énergie.  Sa passion, c'est la nature et il a toujours gagné sa vie avec elle. Ses yeux brillent quand il raconte ses plus belles chasses aux alligators. Il est photographié dans National Geographic avec une superbe prise mais je ne me souviens plus en quelle année.  Malheureusement, ses enfants n'ont pas la même passion mais un de ses petits-fils âgé de 16 ans a commencé à développer le même intérêt que lui.  Ils passent beaucoup de temps ensemble et cela le rend des plus heureux.

Je suis moi aussi en train de me trouver un deuxième père comme Mercedes… et cela me remplit de joie.

France Valiquette

Nouvelle-Orléans, le 20 décembre 2002.


C’est une ville du Sud qui a une âme bien particulière et je peux déjà sentir une partie de son histoire. Je marche dans le French Quarter et j’entends la musique m’interpeller à chaque coin de rue, le jazz, le blues… J’aime. Durant mon séjour dans cette ville, à chaque fois que je sortais ma carte pour chercher ma route, des gens blancs ou noirs, hommes ou femmes s’arrêtaient pour me renseigner. Je n’avais jamais connu ça dans aucun autre de mes voyages.

L’automne précédent mon voyage, j’avais décidé de prendre des cours de danse car je n’avais pas beaucoup dansé durant les dernières années. J’arrive au pays des Cadiens et je me rends au Whiskey River, un bar situé sur le chemin de la Levée à Henderson, suggestion de Zachary Richard pour la danse du dimanche après-midi de 16 heures à 20 heures avec musique « live ». À la deuxième chanson, on m’invite à danser et je comprends très rapidement que c’est mieux d’oublier mes cours et de me laisser porter par tous ces excellents danseurs. Quel plaisir… impossible de vous décrire. Après, j’ai connu le zydeco où là, les meilleurs danseurs sont les Noirs, évidemment. Quand vous avez un band de musiciens blancs, vous avez la majorité de Blancs; si vous avez un band de musiciens noirs, vous aurez plus de Noirs. Excepté pour Gino Delafose, tout le monde est là!!!

Geno
http://www.ritmoartists.com/Geno/delafose.htm

Je vous souhaite un Noël rempli de musique. Quant à moi, je retourne au pays des écrevisses… pour présenter mon livre et prendre un bain de musique.

France Valiquette