Nature
Nouvelle du vendredi 19 juin 2009.

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J’ai passé ma jeune enfance près d’une rivière dans la région de la Gatineau. Ce qui m’impressionnait le plus, c’étaient les couchers de soleil. Au début, je pensais que l’astre du jour mourait chaque soir et j’avais terriblement peur de ne jamais le revoir. Ensuite, je me suis dit qu’il devait aller dormir et puis, j’ai finalement compris qu’il allait vers une autre partie du monde car j’avais eu la chance de recevoir en cadeau un globe terrestre.

J’avais une balançoire que mon père m’avait installée en face de la rivière et je m’y installais pour admirer ce que j’appelais et appelle toujours un miracle de la nature. C’était pour moi un petit moment de bonheur que je gardais caché au fond de mon cœur d’enfant.

La première photo a été prise en Louisiane en décembre 2006 dans le bayou du Lac Martin avec mon ami Norbert Leblanc. Il a été d’une extrême patience et gentillesse pour la photographe amateur que je suis. Quand nous sommes arrivés au bord de la rive, à la noirceur tombante, et que nous étions transis par le froid, je savais que je venais de réussir la photo de la pochette de mon premier livre et j’étais très émue.

La deuxième photo a été prise à Monument Valey en Arizona. Ce soir-là, il ventait énormément et j’avais beaucoup de difficulté à ne pas bouger. À un moment donné, je n’ai plus senti  les rafales. J’étais complètement hypnotisée par ce que je voyais et j’avais l’impression que l’astre solaire était tellement près de moi qu’il allait me brûler la peau.

La troisième vient de la région de Santa Monica en Californie. J’avais décidé de ne pas faire de photo de ce coucher de soleil à cause des manèges de la fête foraine, mais la magie du moment, à nouveau, m’a enveloppée et je n’ai pu m’empêcher de prendre quelques clichés.

Lors d’un coucher de soleil, je me sens toujours mourir dans l’infini pour mieux renaître ensuite…

France Valiquette



Nouvelle du 20 février 2009.

Haflinger

Voici un article qui paraîtra dans la revue du mois de mars du Club des Haflinger du Québec.

Un amour inconditionnel pour les Haflinger.

J’ai toujours beaucoup aimé les chevaux, c’est mon père qui me les a fait connaître. Après une première tentative à dix-sept ans de monter à cheval, sans selle, qui s’est soldé naturellement par un chute très humiliante et douloureuse. J’ai pensé que ce n’était pas pour moi. Un après-midi pluvieux du mois de mars de l’année 1998, j’avais décidé d’aller au cinéma. Après la projection du film «  L’homme qui murmurait aux chevaux » qui a été réalisé par Robert Redford, j’étais complètement bouleversé. Une semaine plus tard, je suis retourné voir le film. Le lendemain matin, j’ai décidé de me trouver un instructeur et j’ai débuté des cours d’équitation.

En juin de cette même année, je projetais de faire un voyage en Autriche. Avant de partir, j’avais pris connaissance qu’il y avait dans les Alpes Autrichiennes des petits chevaux à la longue crinière blonde, courageux et nobles. J’avais parcouru la Basse-Autriche où j’y avais vu des haras avec de magnifiques chevaux ensuite les légendaires Lipizzan de Piber la plus veille race chevaline de la civilisation européenne mais toujours pas de Haflinger. À la fin d’une belle journée de printemps dans les Alpes, je suis arrivé dans un charmant petit village du nom de Ebbs où je cherchais une auberge que l’on m’avait référé. En descendant de la voiture pour pénétrer dans l’hôtel, j’ai aperçu au loin, des chevaux dans un pâturage. Je suis remonté dans mon véhicule pour m’approcher d’eux. Ils y avaient deux juments Haflinger avec quatre poulains qui galopaient et jouaient sous le soleil d’une fin de journée de printemps. Leur beauté et grâce m’ont complètement séduites. Ce fut un véritable choc amoureux. J’avais le cœur qui battait dans ma poitrine, le souffle court et j’ai complètement perdu la notion du temps. Je suis resté là à les admirer jusqu’à ce que le soleil finisse de décliner à l’horizon. Je me suis alors souvenu que je devais me trouver un coin pour passer la nuit.

Revenu au Québec, j’ai cherché pendant plusieurs mois avant de trouver cette race de chevaux. Les Écuries Waldeck dans les Laurentides, tenue par Joseph Kuchard était la première ferme d’élevage de Haflinger que j’ai visitée. Ils ont eu la gentillesse de me donner la référence de Théo Hug qui élevait également ces chevaux des montagnes. Pour pouvoir monter un Haflinger, je partais de Montréal pour suivre mes cours d’équitation à la Ferme Grison à Valcourt dans les Cantons de L’est.

Dans le village de Ebbs à tous les cinq ans, il y a un festival de Haflinger. On peut y retrouver plus de cinq cent chevaux de cette prodigieuse race venant de différentes parties du monde. Il y a quelques années, je me suis rendue à cette grande fête des Haflinger, et cela, demeurera toujours pour moi un des plus beaux moments de ma vie.

Ma passion et mon respect pour tous les chevaux grandissent chaque jour davantage mais les Haflinger garderont toujours une place privilégiée dans mon cœur.

France Valiquette