Nouvelle novembre 2017.
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Les Callanishs de l’île Levis, Écosse, 09-2017
Photo, France Valiquette




Les Écossais, quel peuple généreux et serviables. Ils m’ont profondément touchée tout au long de mon voyage qui fut truffé d’aventure.

L’Écosse est un pays où l’on trouve une énergie forte et mystérieuse. Les paysages sont magnifiques et souvent très troublants. Ces grands espaces qui nous font passer des montagnes, au loch et puis ces immenses pâturages où l’on peut voir les moutons brouter paisiblement. Il y a aussi, ces territoires remplis de bruyère et ces grands prés de tourbe miroitante de milliers de reflets roux sous le soleil d’automne. On ne peut pas oublier ces plages sauvages fouettées par la mer du nord qui nous rappelle le courage des habitants qui vivent sur ces terres depuis des siècles.

Que penser également de ces pierres, les Callanishs, qui dateraient d’y il a 3800 a 5000 ans ce qui veut dire à peu près à la même période que les pyramides d’Égypte. L’un des plus complets de ces cercles de pierre se trouve près de Stornoway.

Tous ceux et celles qui ont lu les livres de « Outlander » ou bien regardé la série télévisée connaissent l’existence de ces pierres et de leur histoire légendaire dans la culture. On les retrouve surtout en Écosse, mais aussi dans d’autres parties du continent.

Ce site de pierres préhistoriques est l’un de plus fascinants au monde. La taille et l’énergie de ces mégalithes venant de la nuit des temps nous enveloppent de sa mystérieuse beauté. Ce cercle de pierres est dressé sur un promontoire sauvage surplombant le loch Roag.

Il y a 13 mégalithes en guess striées absolument magnifiques. Elles sont disposées en cercle, ayant au centre un mégalithe central mesurant 4,3 mètres de haut comme une adoration.

Partant de ce cercle, nous retrouvons 40 plus petites pierres qui dessinent une croix sur le sol ainsi que les vestiges d’une chambre funéraire qui sont toujours visibles.

Je me suis rendue trois fois dans ce lieu durant mon séjour dans l'île de Lévis et à chacune de mes visites l’énergie était différente. Je comprends très bien que ces lieux et leurs légendes ont amené l’auteure Diana Gabaldon à écrire sa fabuleuse histoire « The Outlander ou le Chardon et le Tartan » voguant entre deux siècles.

Maintenant, j’aimerais vous raconter l’aventure suivante qui restera gravée dans ma mémoire jusqu’à mon dernier souffle : « Je me trouvais dans l’île Levis à deux heures et demie de bateau d’Ullapool dans les Highlands et je demeurais dans un petit port de mer appelé Stornoway.

Je sillonnais les routes de deux îles déjà depuis quelques jours et j’arrivais à mieux retrouver mon chemin. Inutile de vous dire que le GPS ou Google Map ne m’étaient pas souvent d’un grand secours dans cette région du globe. Les cartes demeuraient ce qu’il y avait de mieux, mais là encore, il y avait souvent de petites routes non indiquées.

C’était un beau dimanche d’automne sous un ciel radieux, le soleil était au rendez-vous et la température était plutôt clémente et je roulais vers les plus belles plages d’Écosse. Je me dirigeais vers le nord en traversant le Bhaltos Estates et les paysages qui défilaient sous mes yeux étaient déconcertants et troublants. Je sentais tout mon être vibrer de joie de découvrir cette nouvelle région inédite.

J’ai alors aperçu un petit panneau de bois sur le bord de la route indiquant que je devais tourner vers la gauche, ce que je fis, même si j’avais un doute sur cette direction. Après avoir fait quelques kilomètres, le chemin rétrécissait de plus en plus.

Je roulais à flanc de montagne et j’ai fini par réaliser qu’il serait plus prudent de rebrousser chemin. Au loin, j’ai aperçu une maison qui était juchée sur une pente et j’ai décidé de me rendre jusqu’à elle, afin de pouvoir utiliser son entrée de cour pour faire demi-tour.

Le plateau où était construite la maison était étroit, mais comme j’avais une Fiat 500, une mini voiture, alors je croyais que je pourrais sans doute tourner assez facilement. J’avais déjà dû exécuter ce genre de prouesses à quelques reprises durant mon voyage.

Tout en douceur, j’ai commencé à amorcer mon virage, car la pente était très abrupte. Tout se passait bien jusqu’au moment où en faisant marche arrière, ma roue avant sur ma gauche se mit à glisser et que la voiture refusa de reculer. J’ai essayé différentes tactiques, mais je n’obtenais aucun résultat et à chaque fois je sentais le vide devant moi devenir de plus en plus près.

J’ai fermé les yeux durant quelques secondes afin de pouvoir mieux réfléchir à la situation dans laquelle je me retrouvais. J’étais arrivé à la conclusion que j’allais devoir laisser la voiture et reprendre la route à pied. Il était environ 13 heures, alors je réussirais sans doute à trouver de l’aide en retournant à la croisée du chemin même si la route était longue.

Tout à coup, j’ai entendu à l’extérieur un bruissement qui me fit sursauter. En tournant la tête, j’ai alors aperçu une vieille dame près de ma portière avec de grands morceaux de cartons qui me faisait des signes.

Elle les glissa devant les roues avant et s’installa devant ma voiture sur ma gauche pour pousser. J’étais complètement abasourdi à la pensée qu’elle pouvait prendre un tel risque pour une personne qu’elle n’avait jamais vue. J’ai descendu ma vitre et je lui ai exprimé que je ne voulais pas, mais elle ne bougea pas, bien déterminée à rester là.

Des sueurs froides coulaient sur mon front, j’étais consciente que si je faisais la moindre erreur, je pouvais la blesser, mais j’ai fini par accepter son aide, car je savais que j’aurais pu faire la même chose pour aider quelqu’un en difficulté.

Après une longue inspiration, j’ai commencé mes manœuvres sur la boîte de vitesses, lentement avec précision. Nous avions gagné quelques centimètres, mais pas suffisamment pour dégager la Fiat. Sans rien dire, je l’ai vue repartir d’un pas décidé, l’air d’une personne qui avait une autre idée.

Quelques minutes plus tard, je la vois revenir en portant un seau rempli de sable. J’ai rapidement descendu de la voiture et je l’ai regardée étendre du sable en avant de la roue gauche et ensuite, elle se dirigea vers l’autre côté du véhicule. Je me suis allongée sur le sol et j’ai durci le sable avec mes mains pendant qu’elle en mettait en avant de l’autre roue.

Quand il fut bien tapé derrière les roues, je suis remontée dans la voiture et elle s’installa de nouveau pour pousser l’auto. À la première, manœuvre, mais avec une grande hésitation la voiture avait fini par faire un bond et avait enfin roulé vers l’arrière. J’ai poussé un long soupir de soulagement et je suis descendue de la voiture pour la remercier.

J’étais très émue et je ne trouvais pas de mots pour lui exprimer toute ma gratitude, alors timidement, je lui ai tendu les bras. Nous nous sommes serrées fort l’une contre l’autre. Je pouvais sentir toute la détermination et la force de deux femmes, nous, si différentes en apparence, mais si semblables. Nous avions appris à composer avec les difficultés de la vie et à ne pas baisser les bras facilement devant les obstacles…

La générosité de cette Femme, la détermination et surtout la douceur qui se dégageaient d’elle, me firent me souvenir de ce que me disait un de mes amis qui m’était très cher * France, n’oublie jamais que la douceur est le pilier de notre force*. »



France Valiquette